La rue des Baumes
et non des Beaumes comme il est écrit sur la plaque apposée contre le mur de l’ancienne
maison Espanet en haut de l’escalier du Planet.
Cette rue qui permettait d’accéder au château en partant de la rue du Temple (place Saussine,
sans S) est l’une des plus anciennes de la ville. En effet, dans le compoix de 1617, elle est
nommée « las Baumas ». Dans celui de 1708, on trouve un Antoine Allier, teulier (tuilier ou
briquetier) qui y possède une « estable ».
Baume est un nom occitan dérivant du latin « balma » grotte, cavité. Exemple : la Sainte
baume en Provence, grotte légendaire de Marie Madeleine.
La ville basse de Sommières est bâtie sur la nappe phréatique de Vidourle. Dans presque
toutes les maisons, les habitants avaient creusé des puits. Mais en été, en période de basses
eaux, les puits s’asséchaient. En automne et au printemps, lors de la saison des pluies, les
égouts voisins débordaient rendant l’eau impropre à la consommation.
Par contre, les habitants des maisons construites contre la colline, avaient aménagé dans le
rocher des cavités et des réceptacles où l’eau de la Coustourelle suintait à travers les couches
de calcaire. Cette eau abondante toute l’année était d’une excellente qualité.
Malheureusement lors de la création de la voie de chemin de fer et du percement du tunnel
de la Coustourelle, de nombreuses baumes n’ont plus été alimentées.
Parmi les plus connues présentant des concrétions colorées (oxyde de fer) il faut citer celles
(2) de la maison Espanet (Hôtel de l’Orange), celle de la maison Rey (rue de la Monnaie), et
« le puits obscur » (puits communal) au bas de la Taillade. Le puits du château n’est pas un
puits à proprement parler, mais une citerne ou une grande baume, actuellement comblée par
la terre extraite lors du creusement des deux réservoirs d’eau.
La plupart des rues de la ville était pavée de cailloux de Vidourle (les Sommiérois sont aussi
surnommés les caladaïres) ; celle des baumes, en pente, était couverte de gros pavés
cubiques, le milieu étant en grès, afin d’éviter les glissades. Ce pavage a été enlevé en 1969.
Aimé Jeanjean