Le chemin des 4 pilons
Dans le quartier des Mauvalats sur le chemin de Gaillardet (nom d’une métairie dans le bois du Roi et ancien chemin
bas de Junas) on trouve à droite en montant un autre chemin, dénommé des quatre pilons qui se dirige vers la falaise
au-dessus de la gare. D’après des documents des archives municipales c’est à cet endroit que se dressaient les fourches
patibulaires (du latin gibet) ou « Justices » de la ville de Sommières. Disparues depuis, mais sûrement simple structure
de quatre piliers de pierres de quelques mètres de haut réunis par des poutres de bois, ce qui serait à l’origine du nom
de cette voie. On y accédait aussi par un chemin disparu appelé de la Violete venant de la route d’Aubais.
Ces gibets étaient des lieux d’exécution dédiés à la pendaison et à l’exposition des corps jusqu’à leur complète
décomposition. Situés hors des villes en bordure de routes ils étaient le symbole de pouvoir, d’autorité et de justice
(haute justice seigneuriale ou royale) mais aussi réalité visuelle forte, très présente à cette époque, qui marquait les
limites de juridiction de la ville.
Contrairement à des idées reçues et d’études récentes, ces condamnations étaient peu nombreuses (sauf en période
de conflits) bénéficiant de grâces ou commutations de peines, par contre d’autres peines : mise au pilori au centre de
la ville mais aussi marques infâmantes au fer rouge et ablation de parties du corps (oreille, nez, poings, …) étaient plus
fréquentes. Le plus célèbre est le gibet royal et monumental de Montfaucon aux portes de Paris.