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Le Pont romain : la tour de la Gleyzette

Pont romain
Publié le 14 avril 2021    16

Avant d’en finir avec le Pont Romain, il me paraît intéressant de dire un mot sur un édifice qui faisait autrefois face à la tour du Beffroi et était « au bout du pont », rive droite. Ce bâtiment est visible sur le plan de la ville de Sommières, assiégée par le Maréchal de Damville en 1573 (l'image de la gravure a été « zoommée » pour mieux faire apparaître cet édifice). On le voit mieux sur le dessin d’Anne de Rulman daté de 1626, qui l’a eu sous les yeux. Ce n’était pas une tour de défense, mais un lieu de passage obligé pour traverser le pont, où les seigneurs possesseurs du territoire en profitaient pour encaisser un droit de passage, ou octroi. Au Moyen Age, le pouvoir centralisé s’effrite, mais les péages persistent, passant du pouvoir royal aux seigneuries féodales.

Ce fut François Ier qui restreint ce droit, obligeant les percepteurs de l’octroi d’utiliser le produit des péages à la réparation des ponts, chaussées, passages…
Il est vraisemblable que l’utilisation de cet édifice, à cet usage, cessa à cette époque.
Au pied du pont, rive droite se trouvait le quartier de St Amand, dont l’église construite primitivement dans le quartier de la Malvirade avait été détruite à deux reprises lors des guerres de religion, la dernière fois en 1562 (voir l’article de Bernard Pagès du 4 octobre 2020 sur cette page).

C'est alors, que l’on décida de transférer les offices religieux dans cette ancienne tour du pont, que l’on appela « La Gleyzette » " la petite église " ». C’est cet édifice que visita, Mgr Séguier lors de sa tournée pastorale en 1665. Il le trouva peu approprié pour le service religieux, et décida de transférer l’église, dans des locaux plus décents.
Quelques années plus tard, (nous ne possédons aucune date précise), la tour et l’arche qui la supportait minées par les crues de 1656, de 1684 et de 1704 menacent de s’écrouler dans Vidourle. C’est probablement à cette époque que cette tour de la Gleyzette, construite sur une clef de voûte d’une arche du pont, ce qui la rendait plus vulnérable, fut démolie.
L’ingénieur Pitot, dans un procès-verbal du14 décembre 1747 indique que « les fondements de toutes les piles du pont sont encore en bon état et qu’ainsi, le pont ne périclite pas par sa fondation ».
La dernière arche, côté rive droite fut reconstruite par l’entrepreneur Saussine ... (à suivre)

Gérard GUIRAUDET



Le siège de la ville de Sommières en 1573

Contrôle des animaux pour la foire de Saint Léonard.