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La Résistance à Sommières

Dès août 1941, la résistance s’organise à Sommières. Des tracts sont distribués, 4 personnes sont arrêtées, dirigées vers la Centrale de Nîmes puis déportés. Georges Paul ne reviendra pas.
Vers cette même époque, Raoul Gaussen, le maire va regrouper autour de lui les premiers éléments de la Résistance ; A ce premier embryon, vont s’ajouter les communistes dont le parti a été dissout le 27 septembre 1939 ainsi que d’autres personnes de l’usine Sud électrique, chacun ignorant que son voisin a été contacté par le maire. : Marcel Benoit, dit « Fauvette » radio électricien chez qui on écoute Radio Londres, Alexandre Dumontoy dit « Sandrou » , Louis Furestier dit « la Forêt » et d’autres…
Le groupe de résistant passe très vite à l’action. Certains aident les juifs à fuir en Espagne ou leur fournissent une aide matérielle pour subsister. Sandrou, avec l’aide de sa sœur qui travaille au service des cartes d’alimentation de Montpellier récupère des cartes et les distribue suivant les besoins. Chez lui, il imprime des tracts qu’il distribue dans la camionnette de Sud électrique chargée de ruches au nez et à la barbe des Allemands et de la Milice locale. Il bénéficie pour cela de la complicité active de la directrice de l’école maternelle et de l’aumônier du Pensionnat Maintenon. A partir de la création du Service du Travail Obligatoire (STO) en 1943 la Résistance aide les jeunes réfractaires. Mais, l’étau se resserre, il y a des dénonciations : nous disposons de 2 listes dénonçant, l’une 44 personnes, l’autre 26. Certains sommiérois qui doivent quitter la ville gagnent les maquis des Cévennes et de l’Aigoual ;
Sur place, l’équipe des résistants, renforcée par des gens des villages voisins, passe à l’action directe en effectuant des sabotages tout autour de la ville ; c’est l’époque des « Corps Francs », petites équipes mobiles chargées d’effectuer des coups de main : 40 poteaux de la ligne de chemin de fer de Quissac sont sciés et il y aura des tentatives de dynamitage de voies ferrées. Certaines réussiront à Boisseron et à Junas où le pont de la route sautera. Toutefois, faute de formation et de matériel adéquat, ces actions n’auront pas l’ampleur espérée.
La période de l’été 1944 est marquée par les liaisons avec les maquis : transport d’armes, de munitions, d’essence, d’alcool, d’explosifs…La Résistance et les maquis harcellent les Allemands en s’attaquant à tout ce qui est essentiel pour eux (câbles électriques, téléphoniques…) et les sabotages se multiplient. Avec le débarquement allié en Provence le 15 août 1944, commence la retraite allemande ; les résistants participent aux combats autour de Sommières qui est libérée le 25 août.

80ème anniversaire de la Libération de Sommières 25 août 1944 – 6ème partie

L’école pendant la guerre
A partir de 1943, Sommières occupée par les troupes allemandes est contrainte de réquisitionner des bâtiments pour loger les nouvelles troupes qui arrivent en nombre, il est nécessaire de trouver de plus en plus de logements au fur et à mesure des renouvellements de troupes et des arrivées.
Le 10 septembre 1943 le chef de groupe SS et le médecin divisionnaire adressent au maire le message suivant : « Vous êtes prié de faire évacuer le pensionnat de Sommières en vue de l’installation d’un hôpital. Une partie du Pensionnat est inoccupée, l’autre est utilisée par des religieuses. Il serait très possible de loger ce petit nombre de religieuses dans une aile de l’étage supérieur. Nous vous prions de faire évacuer l’école des filles (rue Rouché) pour éviter la possibilité d’un encombrement plus grand de l’hôpital ».
L’Inspecteur d’Académie de Nîmes est, lui aussi, avisé que les bâtiments des écoles des garçons et des filles, de la cantine scolaire et du pensionnat Maintenon sont tous occupés. C’est à l’école des garçons que sont installés les SS.
Les élèves des écoles publiques sont regroupés au premier étage du café de la Poste, au Cercle du Prolétariat, Place du Marché, aux bains douches rue Taillade. Faute de place, les classes ont lieu en alternance, le matin pour les garçons et l’après-midi pour les filles. Les élèves du pensionnat Maintenon se retrouvent au collège privé rue Taillade
La classe de CP pour l’année scolaire 1942/1943. Le maître était Monsieur Vidal. Nous connaissons le nom de la plupart des enfants, mais nous laissons aux Sommiérois le soin de retrouver leurs pères ou grands- pères…
Les élèves de la classe de troisième du cours complémentaire pendant la guerre. Ces garçons sont encadrés par leurs professeurs messieurs Barral et Mouret
Le cours supérieur à l’école de filles. L’enseignante (qui ne figure pas sur la photo) était Madame Giraud.

80ème anniversaire de la Libération de Sommières 25 août 1944 – 5ème partie

Une histoire de restrictions et de vie quotidienne
Comme c'était pendant la guerre, l'occupation ...et les restrictions, lorsque nous ramenions quelques poissons (ombres, poissons-chats, perches soleil ) ma mère s'empressait de nous préparer une « bouillabaisse » avec des topinambours ou des rutabagas (et c'est sans doute pour cela que pendant de longues années j'ai détesté...cet excellent plat !)
Chaque partie de pêche était pour nous une sorte de concours. A l'époque, nous n'avions pas de lancer' ni de nasse … une simple canne en roseau et nous enfilions nos poissons par les ouïes autour d'un jonc … chacun le sien. Alors lorsque nous revenions fiers de nos trois ou quatre petites prises et que nous passions devant les sentinelles et les soldats allemands qui occupaient l'école certains d'entre eux (qui avaient certainement des enfants de notre âge) souriaient et peut être aussi nous plaignaient !
Un matin alors que nous étions en train de taquiner le goujon sur le fuyant du moulin de Garanel, une explosion retentit un peu plus haut vers « les conques » (actuellement au niveau du nouveau pont) mais pensant qu'il s'agissait d'un exercice des militaires cela ne nous a pas empêché de continuer notre pêche. En fin de matinée alors que, comme d'habitude, nous rentrions à la maison avec deux ou trois gardons au bout de nos joncs, un soldat vint vers nous et nous donna un plein seau de poissons. Il y avait de tout, des gros des petits, des carpes, des cabots, des anguilles...Trop contents nous sommes vite montés à la maison où ma mère émerveillée n'en croyait pas à ses yeux : la nourriture de plusieurs jours était assurée !
Bien entendu mon père se renseigna sur la provenance de ces poissons, et un soldat lui expliqua qu'il avait jeté une grenade (d'où la détonation) dans la rivière, et que l'onde de choc avait tué tous les poissons…
Témoignage d’Yves Mouret

80ème anniversaire de la Libération de Sommières 25 août 1944 – 4ème partie

Restrictions et vie quotidienne : Attribution de savon, 1941. (AC Sommières)
Comme les autres denrées, le savon était rationné. Les professionnels pouvaient sur demande expresse obtenir une ration supplémentaire s’ils prouvaient que leurs activités étaient salissantes. La demande ci-dessous émane de l’usine Sud Électrique. Le signataire est Marcel Benoît dont nous reparlerons ultérieurement en raison de son engagement dans la Résistance sous le nom de « Fauvette ».
Voici un témoignage plus léger concernant les restrictions et la vie quotidienne à Sommières vues au travers des yeux d’un enfant :
« C'était pendant l'occupation, comme pour la nourriture il était difficile de se procurer du savon. Mon père, qui connaissait le responsable du Moulin à huile de Villevieille s'était renseigné sur les heures et les jours où l'on effectuait le nettoyage et la vidange des pressoirs car c'était au cours de cette opération que toutes les boues, détritus et graisse des olives étaient évacués dans le ruisseau qui descend de la route Nîmes et qui rejoint Pisseseaume. Toute cette mixture formait une épaisse pellicule au-dessus de l’eau.
Alors, toute la famille allait récolter cette vase qui flottait sur l'eau du ruisseau. Le travail de mon père consistait à mettre quelques roseaux en travers du ruisseau afin de retenir cette crasse puis à l'aide d'une passoire mon grand frère la récupérait et ma mère la mettait dans une lessiveuse.
Moi je devais rester sur le chemin, en observation loin du ruisseau, afin de surveiller l'arrivée ...de ces trésors !
A la maison, ma mère faisait ensuite cuire cette boue après l'avoir mélangée avec de la soude, de la terre de Salinelles et d'autres ingrédients. L’étape suivant consistait à faire sécher sur le haut de la cheminée pendant de longues journées cette bouillasse pâteuse, à laquelle ma mère avait au préalable donné une forme plus ou moins cubique évoquant très vaguement les savons de Marseille. L’ensemble dégageait une odeur pestilentielle ! Je me souviens également très bien d’un début de panique à la maison un jour où à la suite d'une mauvaise manipulation la préparation s'était enflammée.
Mais, mon souvenir le plus cuisant de cet hiver 42/43 était un jour où il faisait très froid ; J’avais désobéi en abandonnant mon poste d’observation sur le chemin, j'avais glissé et m’étais alors retrouvé dans l'eau glacée et dans la vase au bon milieu du ruisseau ! Je revois ma mère angoissée, qui levait les bras au ciel en me voyant dans cet état ... tandis que mon père, lui, écumait de rage et de fureur à cause de cette récolte perdue.
Mais, au retour à la maison, avec "la rouste" que je me suis pris, je ne risquais pas de prendre froid ! »
Témoignage d’Yves Mouret

80ème anniversaire de la Libération de Sommières 25 août 1944 – 3ème partie

Restrictions et vie quotidienne pendant la Guerre
Pour nombres de sommiérois, la guerre c’est aussi le rationnement et la disette. Le pays coupé de ses colonies ne reçoit plus de riz, café, cacao, sucre, arachide, tabac… et l’occupant prélève des denrées alimentaires en grande quantité.
Dès septembre 1940, les tickets de rationnement qui apparaissent sont nécessaires pour se procurer pour à peu près tout : matières grasses, pain, viande charbon, textiles, chaussures etc… Les ersatz font leur apparition pour remplacer les produits qui manquent : on fait du café avec de l’orge ou des glands grillés, les rutabagas et les topinambours sont au menu des sommiérois. C’est l’époque de la débrouille et du système D pour les familles ouvrières qui ont du mal à se ravitailler et à s’habiller…
Le sommiérois moyen va se transformer en jardinier. Depuis 1925, il existe 104 « Jardins ouvriers Familiaux » à la Royalette, qui sont loin d’être suffisants. L’Alliance Départementale des Familles Nombreuses du Gard » va donc décider de créer plusieurs jardins en ville :
• aux Aires, 22 jardins permettent de nourrir environ 90 personnes ;
• ​dans le prolongement du collège, à l’Esplanade 90 parcelles sont mises en culture ;
• à Corbières 27 jardins sont créés ;
• la SOCOMI crée une centaine de jardins proches de l’usine.

Si l’on ajoute une trentaine de jardins particuliers, ce sont environ 6ha 55 d’espace urbain qui sont transformés en jardins alimentant quelques 2200 personnes.
Mais des problèmes vont vite se poser. D’abord il faut se procurer de la semence (rationnée elle aussi) et pour cela, demander une « carte de jardinage » à la préfecture par l’intermédiaire de la mairie. Il faut également très vite remédier au problème des vols, inévitables en cette période de quasi-disette ; pour cela on va instituer le corps des « Gardes-Messiers » assermentés et armés qui assurent la surveillance et peuvent dresser des procès- verbaux et arrêter les suspects. Ils deviendront rapidement des sortes d’agents de surveillance. Parmi eux figurent bon nombre de miliciens. Ce corps sera dissous en 1944.
Les jardins des Aires dureront jusqu’au 1er janvier 1947.

80ème anniversaire de la Libération de Sommières 25 août 1944 – 2ème partie

Pendant toute la durée de l’Occupation, conformément aux conventions d’armistice, la ville devait loger les soldats à ses frais et leur verser une indemnité journalière. L’armée allemande vivait « sur le terrain ».
Onze immeubles sont réquisitionnés à Sommières en mai 1943, parmi lesquels, l’hôtel de l’Orange, l’école des garçons, l’immeuble Gaussorgues rue Emilien Dumas et l’immeuble Gaussen (2ème et 3ème étage) rue Antonin Paris auxquels il faut ajouter 16 chambres réquisitionnées en ville.
Les soldats ne cesseront d’arriver et d’occuper d’autres locaux qu’il faudra encore réquisitionner. Le 1er septembre 1943 le chef de groupe des SS et le médecin divisionnaire adressent au maire le message suivant : « Vous êtes priés de faire évacuer le pensionnat Maintenon de Sommières en vue de l’installation d’un hôpital. Une partie du pensionnat est inoccupée, l’autre est occupée par des religieuses. Il serait très possible de loger ce petit nombre de religieuses dans une salle de l’étage supérieur. Nous devons vous prier également de faire évacuer l’école des filles (rue Rouché) pour éviter la possibilité d’un encombrement plus grand de l’hôpital ».
Les troupes se comporteront comme des occupants, faisant effectuer divers travaux d’aménagement (ouvertures de portes, construction de cloisons, lavabos…). Des artisans et des femmes de ménages travailleront pour l’occupant qui enverra au maire toutes les factures. De nombreux dégâts seront causés aux immeubles occupés
Les Archives communales conservent des bordereaux récapitulatifs. Sur certaines de ces fiches une main anonyme a marqué son opposition en utilisant systématiquement un terme très péjoratif pour désigner les allemands : « …. a logé X fridolins » petit acte de résistance qui aurait pu avoir des conséquences si l’auteur avait été découvert…

80ème anniversaire de la Libération de Sommières 25 août 1944 – 1ère partie

A partir d’avril 1943 Sommières est occupée par les troupes allemandes : 30 officiers et 300 soldats sont stationnés dans la ville, tandis que d’autres cantonnent dans les villages du canton. Jusqu’à la Libération en août 1944 les troupes ne cesseront d’aller et de venir dans notre localité.
Voici une affiche (conservée aux archives communales) qui précise les règles très strictes fixées par l'occupant. Elle est signée par le lieutenant Kaufmann.
Le papier n’est pas de bonne qualité en raison des restrictions et de la pénurie. Voici la transcription :
-1) La population est prévenue qu’en cas d’acte de sabotage, soit communiste ou chauviniste, des représailles très sévères seront prises à l’encontre des délinquants et de la population
-2) Les communes de Sommières, Villevieille, Aujargues devront assurer la sécurité de la ligne de chemin de fer de Nîmes-Sommières ainsi que les cantonnements. Les mesures de sécurité nécessaires seront prises par la gendarmerie et la police locale
-3) L’entrée dans les logements des troupes allemandes sans autorisation (laisser-passer), de la Kommandantur de Sommières est interdite
-4) Le stationnement de groupes, le stationnement de plusieurs personnes près des logements allemands, les offres ou le vente de marchandises devant ou dans les cantonnements des troupes allemandes sont interdites
-5) Les agents de la sécurité publique sont responsables de la bonne exécution de ces ordres ;
-7) Les habitants pourront être tenus de mettre des logements à la disposition des troupes allemandes
-8) Les troupes allemandes, de par leur discipline, auront une tenue exemplaire envers la population
​​​Signé : Lieutenant Kaufmann

Le Tour dans les années 1950-60

Ce tour de France de 1950 où le coureur Abdelkader Zaaf (échappé avec plus de 10 minutes d'avance) qui s'était désaltéré copieusement sans doute pas avec de l'eau claire, s'arrêta entre Boisseron et Sommières pour repartir d'où il venait ... complètement ivre. Il parait qu'un spectateur lui avait donné à boire ... de la carthagène, ce qui n'était pas franchement très malin
Plus amusant : Quelques années plus tard, (je pense que c'était pour le passage du Tour du Sud-Est patronné par le Provençal) que quelques « piliers de comptoirs » du Café de la Poste avaient décidé de donner une prime au coureur qui passerait...le dernier devant le bar, et si mes souvenirs sont exacts c'était bien R. Poulidor qui avait empoché les 5000 francs.
Souvenirs d’Yves Mourret

Le Tour passe à Sommières

Le célèbre Tour de France passera encore une fois à Sommières cette année.
Il est agréable de constater que notre cité est particulièrement appréciée par les organisateurs car plusieurs Tours de France, du Languedoc, du Gard ou autres Méditerranéen et Paris-Nice sont passés par Sommières où l'on a toujours aimé "la petite reine". Une occasion encore de se remémorer d'anciens souvenirs !
Le café de la Poste était le siège de l'A.S.B.S. : l'Association Sportive Boisseron Sommières dont les activités étaient le vélo. Et nous aussi nous avions nos champions locaux. Il y a bien longtemps que cette association n'existe plus mais qui ne se rappelle pas des Vedel, Bonfanti, Ubeda ou des frères Savall ?
Souvenirs d’Yves Mourret

Depuis quand la mairie est-elle installée à côté de la tour ?

Si le principe des municipalités est une création de la Révolution française, nos lecteurs savent qu'il s'est directement inspiré de l'administration consulaire. Les consuls et leur conseil politique géraient déjà les affaires de la ville depuis le XIIIe siècle en se réunissant dans un bâtiment appelé la maison commune, maison de ville ou maison consulaire, ancêtre de la mairie. Dans certaines localités, une maison particulière, un moulin ou le four commun pouvaient être utilisés à cet effet, les conseils se tenaient même parfois sur la place publique.
Un document assez exceptionnel nous apprend que la maison commune de Sommières était déjà située à l'emplacement de la mairie actuelle depuis au moins 1511 ! Il s'agit de la copie d'un recueil de « reconnaissances faites au roi » cette année-là. Écrit en latin, il contient une liste de propriétés soumises à une redevance annuelle perpétuelle, la censive (ou le cens). Chaque article du document décrit le type de bien, bâti ou non bâti, le propriétaire, parfois les propriétaires précédents, les confronts (parcelles voisines) et la somme due en livres, sols et deniers.
La communauté d'habitants de Sommières était notamment redevable de cette censive pour une partie de maison jouxtant la tour du pont qu'elle avait acquise d'un certain Jean VERGIER, boucher, « pour en faire la maison de leur consulat ». Il est probable que cette acquisition ait été récente en marquant un changement important car le premier registre des délibérations consulaires conservé aux archives de Sommières date de l'année suivante, 1512. Nous ignorons à ce jour s'il s'agit de la première maison commune officielle ou d'un déménagement.
Cet hôtel de ville a subi de nombreux remaniements avant de devenir ce qu'il est aujourd'hui. C'est donc depuis plus de 500 ans que, dans cette bâtisse, se sont succédés les consuls puis les maires à la tête des institutions dont les décisions ont rythmé et continuent de rythmer la vie des sommiérois.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
Document original en ligne sur BROZER Téléarchives (https://t.ly/Jc41P)

Traduction
Reconnaissance des consuls de Sommières Item deux parties de maison autrefois reconnue par Jean VERGIER, boucher, divisée avec Mathieu FOLCRALD par ses prédécesseurs, acquise par les consuls pour en faire la maison de leur consulat, située sur le pont de ladite ville de Sommières, confrontant à l'orient (est) avec la maison dudit Mathieu FOLCRALD, au marin (sud) avec ledit pont et avec la tour de ce pont, à l'occident (ouest) avec la muraille de la ville dans laquelle ils ont la vue (ouverture?) et l'appui, au mistral (nord) avec la maison de Jean AGIER sous la censive annuelle de deux sols et deux deniers tournois.
Version originale latine
Recognitio consulum Sumidrii Item duas partes domus alias recognitae per Joannen VERGIER macellarium divisae cum Matheo FOLCRALDI per eorum praedecessores consules acquisitae ad faciendam domum eorum consulatus sitae supra pontem dictae villae Sumidrii confrontatum ab oriente cum domo dicti Mathei FOLCRALDI a marine cum dicto ponte et cum turre ejusdem pontis ab occidente cum murallia villae in qua habent visum et appodiamentum a circio cum domo Joannis AGERII sub censu annuo duorum solidarum et duorum denariorum turonensis
(Copie non datée, XVIIe ou XVIIIe s.)
Ce texte avait déjà été copié en 1532 dans le registre des délibérations consulaires de Sommières (BB2) à partir d'une autre copie du garde des archives de la trésorerie de Nîmes.

Insultes au Consul en 1643

On trouve beaucoup de renseignements concernant la vie de la cité dans les registres des délibérations consulaires conservés aux Archives communales, mais on rencontre aussi parfois des anecdotes savoureuses.
Ainsi, le 4 septembre 1643, cette délibération prise à l’encontre de Jean PEYRE. Ce Sommiérois vraisemblablement mécontent avait eu le bien mauvais goût d’apostropher le deuxième consul en ces termes « : Monsieur le Consul, vous m’avès douna le bonsoir et yeu en prégue Dieu que lou Diable vous donné le bonjour ». L’altercation se passait sous mes arcs de la place au vu et au su de tout le monde ! L’injure ayant été publique, le Conseil a décidé de traduire Jean Peyre en justice pour obtenir réparation.

L'horloger était un filou !

En explorant les archives du regretté Aimé Jeanjean, nous avons trouvé cette lettre datée du 25 juin 1853 et adressée au maire de Sommières de l’époque, Émile Boisson. Elle est signée d’un certain Grasset, gardien à la prison cellulaire de Montpellier. Voici le texte tel qu’il a été écrit :
Monsieur le Maire,
Pardon de la liberté que je prends, voici de quoi il s’agit. Le nommé Touzellier, horloger de votre ville a sa sortie de la prison cellulaire de Montpellier ma emporté ma montrez pour la réparer moyennant la somme de 1fr50 centimes. Le la lui ai faite demander plusieurs fois et je ne vois rien venir. Je m’en suis déjà fait déjà 75 centimes pour affranchir les lettres, et je ne suis pas plus avancé et cependant voilà depuis le 16 février que nous l’avons mis en liberté. Quatre mois et demi.
Ainsi, Monsieur le Maire, je vous prie en grâce de le faire venir devant vous et de lui dire que si dans deux ou trois jours, je n’ai pas ma montrez, je m’en vais porter plainte à Monsieur le Procureur impérial de Montpellier. Je vous remercie d’avance
J’ai l’honneur d’être votre humble serviteur
Grasset
La montre sait une petite montre en argenté
On ignore quelle fut la réaction d’Émile Boisson et la suite donnée à ce courrier… On ignore aussi les raisons pour lesquelles Touzellier avait fait de la prison…En tous les cas, cet horloger était un filou plie d’humour qui avait trouvé le moyen de conserver un souvenir original et gratuit de son passage à la maison cellulaire !

Les cloches reviennent de Rome à Pâques, selon la tradition catholique

Le rôle des cloches est très important sous l’Ancien Régime. Il ne se limite pas à annoncer les cérémonies religieuses. On les sonne pour annoncer un événement, une catastrophe ou pour réunir la population. Il est donc capital que la cloche soit entendue par tous… ce n’est pas le cas de la cloche de l’église de Sommières en 1577. Elle est trop petite, donc inaudible. Les consuls de la ville décident que désormais ce sera la cloche de l’horloge qui sonnera a sa place.
Transcription :
Par les sieurs Moissac Consul tant en son nom que de ses collegues a esté proposé que la cloche de l’église paroissiale Saint Pons est sy petite qu’il est impossible quand il fait vent d’entendre quand elle sonne de tous les endroits de la ville, mesme les personnes qui sont à la campagne, ne peuvent point entendre lorsqu’on sonne la Salutation Angelique Ayant le premier Consul représenté à l’assemblée que la cloche de l’horloge est d’une grandeur suffisante pour estre entendue de tout les endroits de la ville Ont d’une commune voix conclue et déliberée qu’à l’advenir et à perpetuité, le valet de ville qui logera dans l’hostel de ville sera tenu de sonner avec la cloche de l’horloge l’Angélus trois fois chaque jour, scavoir depuis la feste de Pâques jusqua celle de la Toussaint la matin à cinq heures et le soir à six et despuis la feste de la toussaint jusqua celle de Pasques le matin à six heures et le soir à cinq heures et chaque jour à midy.
Et lorsque on apportera le Saint Sacrement aux malades le clerc de monsieur le Vicaire en l’absence du valet de ville sera tenu de sonner avec la cloche de l’horloge de trois en trois coups pour fére assembler le peuple affin de rendre à Dieu les honneurs qui luy sont deuts et parce que l’on a coustume de sonner la retraite tous les soirs il esté déliberé quelle sera sonner à l’heure acoustumé de deux en deux coups affin de fére différance dans ce qui sera sonner pour accompagner le Saint Sacrement.
Ayant les dits Juges austorisé ladit deliberation et se sont signés avec ceux qui ont sus escrire.
Bernard PAGÈS
Archives de Sommières BB23 en ligne sur BROZER Téléarchives

Sommières et ses trésors d'archives : le recyclage des antiphonaires

Les plus anciens actes notariés étaient consignés dans des cahiers formés de feuilles de papier pliées en deux. Ces cahiers étaient ensuite assemblés entre eux pour constituer un registre. En guise de couverture, on recouvrait la plupart de ces registres en réutilisant des documents obsolètes écrits sur du parchemin. Il s'agit de peau d'animal spécialement préparée pour l'écriture, les plus fines provenant de veaux mort-nés (le vélin). Le parchemin a l'avantage d'être très résistant mais dans le temps il peut devenir très rigide voire cassant. Il a été utilisé, de plus en plus rarement, jusqu'au XVIIe siècle. On trouve ainsi, dans les couvertures des registres de notaire, des actes plus anciens souvent pliés, découpés pour être au bon format, frustrant les chercheurs qui auraient pu y dénicher des informations importantes.
Le registre du notaire sommiérois Me Vital PORTAL, conservé aux Archives Départementales du Gard et qui débute en 1502, comporte-lui une couverture réalisée à partir d'une magnifique et très rare feuille d'un "antiphonaire", livre de chants sacrés grégoriens sur lequel sont dessinées les partitions musicales au-dessus des paroles. Celui-ci peut être estimé de la fin du XIVe ou courant du XVe siècle. Les portées ne comportaient que 4 lignes, les notes, appelées neumes, étaient carrées ou losanges, le tout tracé à la plume ou au calame. La feuille est pliée en quatre pour former la couverture, elle est grande correspondant, une fois dépliée, à environ 4 feuilles A4 ou 2 feuilles A3. Cela a permis une excellente conservation des pages intérieures qui suggèrent un grand et beau manuscrit. Le texte que l'on découvre partiellement est connu par d'autres sources, en voici un extrait :
Tua est potentia, tuum regnum, Domine,
tu es super omnes gentes.
Da pacem Domine in diebus nostris.
A vous est la puissance, à vous la royauté, Seigneur,
c’est vous qui êtes au-dessus de toutes les nations.
Donnez la paix, Seigneur, en nos jours.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
Registre (cote AD30 / 2E53-83) complet en ligne sur BROZER Téléarchives
Version chantée : https://www.youtube.com/watch?v=l1Y-rf2hQqk

Moto club sommiérois - épisode 3 : Une renommée internationale

Nous avons quitté le Moto Club au début des années 2000 alors qu’il venait d’organiser les championnats de France. Mais le club et ses passionnés ont d’autres ambitions et voient plus loin que les frontières de l’hexagone.
Les aménagements du circuit de la Tourille se sont poursuivis tant au niveau de la piste qui atteint 1650 m que de la zone de trial, de la tour de contrôle, des différents hangars, zones pour l’accueil du public et parkings
Tout au long de l’année, manifestations, épreuves et sorties club se succèdent et les épreuves de Trial sont relayées par les meilleures revues spécialisées. Des randonnées, comme la randonnée des 500 bornes inscrite au championnat de France de tourisme attirent les mordus de la discipline. Le célébrissime rassemblement de motos anciennes regroupe les nostalgiques mais aussi les jeunes qui peuvent mesurer les fulgurantes évolutions des mécaniques.
Enfin une école de pilotage forme les jeunes à cette discipline sportive spectaculaire, qui combine à la fois qualités physiques, mentales et des connaissances techniques permettant de tirer le meilleur des machines.
Un plateau exceptionnel formé de l’élite des pilotes français et internationaux a été accueilli pour le 57e moto cross sur le circuit de la Tourille « L’international de Sommières » est un évènement phare dans le monde du moto- cross et attire des milliers de spectateurs et de passionnés.
Que de chemin parcouru depuis la fondation du club !

Moto club sommiérois - épisode 2 : Vers une renommée nationale

Après l’arrêt de la concentration, l’association envisage dès 1967, d’organiser à Sommières son premier moto cross. Elle loue un terrain dans le quartier de « la Bourre ». Les bénévoles assurent le débroussaillage et la mise en place de barrières, tandis que l’entreprise Cot de Boisseron trace la piste. La première manifestation, en septembre, commence sous de mauvais auspices : elle est largement arrosée par un violent orage et la foudre tombe sur la sono alors qu’Yvan Gaussen, le président de l’Office de tourisme prononçait le discours d’usage !
Finalement le Moto Club choisit une date fixe au début mars pour la manifestation. Le public, de plus en plus nombreux est au rendez-vous. On compte jusqu’à 5000 spectateurs et 14 courses se déroulent jusqu’en 1981, date de la fin du bail, sur le terrain de « la Bourre »
La même année le Moto Club organise sur un terrain vague de l’autre côté du pont une course inédite sur gazon : le « grass track » qui connait un franc succès.
Le bon état des finances permet au club d’acheter les terrains de « la Tourille » près de Pondres où sont toujours organisées les épreuves. Cependant si le moto cross est la course plus importante de la saison, il ne faut pas oublier les autres manifestations : le championnat de monde de trial avec toutes vedettes de l'époque et la participation du champion du monde 78, les courses pour les jeunes et le rallye des vieilles motos.
La renommée du club grandit. Il organise entre 2000 et 2004 les championnats de France catégories Espoirs, Cadets et Juniors, puis, cerise sur le gâteau, en 2005 et 2006, le championnat de France en 125cm2. Le public est de plus en plus nombreux à chaque course. La renommée du Moto Club dépasse désormais le cadre de Sommières dont le nom est bien connu de tous les amateurs de motos de l’hexagone.

Moto club sommiérois - épisode 1 : Les débuts

Le 18 février dernier a lieu le 57e motocross international organisé sur le circuit de la Tourille par le Moto Club sommiérois, l’une des plus anciennes associations de la ville, qui vient de fêter ses 58 ans.
Il est né de l’amitié de 2 copains ; Fortuné Forner et Guy Vidal qui, dès 1960, sur leur 175cm3 Motobécane s’entrainent sur les chemins. Après la parenthèse du service militaire ils sont rejoints par Roger Sabatier et sa « bleue », célèbre mobylette de cette époque, puis par Favassou alias Michel Favas.
Ils réussissent à trouver un terrain cédé par le propriétaire de Pondres. Au fil des mois, de plus en plus d’adeptes les rejoignent pour « tourner » sur le terrain qui a été au préalable défriché et aménagé. En 1965, germe l’idée de créer un Moto Club qui est enregistré au Journal Officiel le 10 janvier 1966. Le siège s’installe au café du Nord choisi en raison de sa proximité avec le mécanicien Albin Corbier qui répare et entretien le matériel.
A partir de la première concentration baptisée « les toureaux » qui a accueilli une cinquantaine de motards, les manifestations vont s’enchainer. A la fin des années 60, avec l’arrivée des motos japonaises le nombre de participants explose littéralement. On passe de 120 motos en 1967 à 800 en 1970. En 1971 on attend des centaines de motards et un public toujours plus nombreux qu’il faut loger et nourrir… Quel Sommièrois n'a pas en mémoire de ces fameuses « concentrations motocyclistes » du mois d'aout. Deux mille motards dans la ville ! L'esplanade, le mas Franc transformés en camping ; Quelle ambiance et que du bruit (trop même aux dires de certains… la logistique a du mal à suivre… la concentration est victime de son succès. Après concertation avec la mairie, il est décidé de tout arrêter ; mais ce sera pour mieux reprendre quelques années plus tard … (à suivre)

Les indésirables à Sommières – partie 2 - Les cagots

Après les gavots, une autre catégorie d'étrangers était rapidement suspectée à Sommières dès les premiers signes de peste, les « coquoux » ou cagots dont les mystérieuses origines remontant au moins au XIIIe siècle font encore débat. Aujourd'hui totalement ignorée chez nous, plus connue où ils vécurent, en Gascogne, jusqu'aux au-delà des Pyrénées et même dans certaines zones de la Bretagne, l'histoire de ces gens intrigue.
Mis au ban de la société pendant des siècles, dépouillés des droits les plus fondamentaux, contraints d'habiter à l'écart du reste de la population, de porter des marques distinctives rappelant les heures sombres de notre histoire, ne pouvant pratiquer que certains métiers, ne devant se marier qu'entre eux, ils étaient des parias que l'on disait porteurs d'une lèpre blanche héréditaire, sans symptômes apparents et dotés de certaines capacités surnaturelles. On ignore ce qui les a plongé dans cette misérable condition, leur origine, leur religion, leur apparence physique ? Certains reportages montrent encore des représentations erronées, difformes, atteints de nanisme, goitreux. Or on sait maintenant que ces caractéristiques sont plus certainement liées à une longue endogamie imposée par leur rejet et que les malformations thyroïdiennes (goitres) sont la conséquence du manque d'iode dans les populations montagnardes conduisant notamment au crétinisme que l'on retrouve aussi dans les Alpes (d'où les crétins des Alpes). Les cagots finissent par se mêler à la population à partir du début du XIXe siècle.
Les Sommiérois du XVIe siècle les connaissaient bien. En 1557, « à l'hôpital, il y a des coquoux gascons qui furent chasser de Toulouse que l'on suspecte d'avoir la peste. Qu'ils soient délogés s'ils n'ont pas de certificats et qu'aux passants on donne du pain ». En 1562, on leur interdit d'entrer dans la ville tout en leur donnant l'aumône. Etait-ce les mêmes ? Se sont-ils installés à Sommières ? Ont-ils eu des descendants ?...
C'est à ce jour les seules traces de ces pauvres gens trouvées dans les archives de Sommières. Cela est d'autant plus intéressant qu'il semble même s'agir de la seule référence dans toute la moitié Est de l'Occitanie à cette époque ajoutant le mot « coquoux » aux nombreuses autres appellations de cet étrange « peuple ».
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
D'après les Archives Municipales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives et de nombreux reportages sur le sujet. Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cagot

Les indésirables à Sommières – partie 1 - Les gavots

De nombreux épisodes de peste sont évoqués dans les archives de Sommières, notamment tout au long du XVIe siècle où les périodes de longs répits furent rares. Les premiers réflexes étaient toujours de s'assurer que l'on ait un bon chirurgien ou barbier (pseudo-chirurgien), d'approvisionner l'apothicaire, de faire garder les portes des remparts, de faire sortir de la ville toutes les personnes suspectes, les étrangers (ceux qui n'habitent pas à Sommières), les « allant et venant » et les gavots.
Ce terme, quelque peu péjoratif et condescendant, désigne aujourd'hui un rustre paysan de la montagne. Il est probable qu'à l'époque, il s'agissait de la main d'œuvre saisonnière et plutôt pauvre des contrées d'altitude voisines dont certains devaient mendier. Ils étaient clairement différenciés des autres étrangers mais bénéficiaient toutefois d'un meilleur traitement s'ils exerçaient une fonction plus « utile », muletier ou maçon par exemple.
Quelques mentions dans les délibérations consulaires :
- Faire entrer ou sortir qui bon lui semblera et faire sortir les gavots de la ville
- Qu'on fasse sortir les infectés de la peste, et aussi les étrangers, gavots et autres
- Jeter les gavots hors la ville, en leur pays y a peste
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
D'après les Archives Municipales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives

Inventaire de la malle d'un capitaine de vaisseau, malade à Sommières

Acte reçu le 1 janvier 1698.
Inventaire de la malle d’un capitaine de vaisseau, chargé de transférer des matelots (engagés ou déserteurs ?) à Saint-Malo, malade à Sommières, deux autres officiers vont continuer sa mission et se charger de ses bagages et donc d’en faire l’inventaire. Venait-il d’un port voisin ? Ils empruntent l’itinéraire par le centre de la France (le plus court). Il est porteur d’une somme importante pour couvrir les frais de route. Cette malle contient la panoplie complète d’un capitaine de vaisseau de cette époque. Avec les noms et les dates, on peut retrouver leur carrière aux Archives de la marine.
L’an 1698 et le premier jour de janvier, avant midy, par devant moy notaire et tesmoings bas nommés, on esté en leur personne les sieurs Simon Coulomb et le sieur Robert de Redon, officiers de vaisseaux, lesquels on dits estre obligés de passer par la présente ville de Sommières suivant la route qui luy a esté donné par la cour pour conduire les matelots à Saint-Malot et se trouvant que le sieur Antoine Selinque capitaine des vaisseaux se trouve malade dans et dons le logis ou pends pour enseigne le Luxambourg sis au faubourg du Bourguet dudit Sommières et ne pouvant se mestre en chemin à cause de sa maladie, il aurait prié les dits sieurs Coulomb et de Redon de lui vouloir prendre ses hardes et de les faires apportés audit Saint-Malot, pour estre remis au commissaire de la marine et pour estre rendue audit sieur Selinque l’orsqu’il le requéra. Consistant les lesdits hardes en deux malles est trouvé dans icelle, ce qui sera suy après, est en premier lieu seront trouvés :
Une veste brodée d’argent. –Un justaucorps avec ses boutonnières d’argent. – douze cuillères d’argent. – Une robe de chambre verte, brodée d’or. -Douze fourchettes d’argent. –Une escuelle d’argent avec son couvert. – deux salières d’argent. – deux boetes de savonnettes d’argent. – une paire de bas blanc. – une paire de bas rouge. – une paire de gants à franges d’or. – trois mouchoirs de dentelles. – quatre rasoirs. – une paire de boucle. – une pierre à rasoir. – une pièce d’argent. – trois vieilles perruques. – un bonnet de velours rouge. – une trousse bleue à fleurs d’or. – une toilette garnie d’un galon d’or. – une culotte de velours rouge. –un justaucorps bleu avec bouton d’or et ses boutonnières. – une veste. – six paires de chaussettes. – quatorze cravates. – quatorze chemises unies. – trois camisoles. – deux toilettes avec mauvaises dentelles. – dix-sept paires de manchettes à dentelle. – quinze serviettes. – sept cravates à dentelle. – un peinoir. – une veste brodée d’or à fon rouge. -
De quel chargement, des choses ci-dessus énnoncés, lesdits sieurs Coulomb et de Rodon ont requis la présente saisie, et en outre le sieur Coulomb déclare en personne et moy notaire et tesmoings avoir entre nos mains la somme de 625 livres qui sont avec 175 livres qui font ensemble la somme de 800 livres que ledit Selinque avait reçu du trésorier de la marine pour le port des hardes des matelots pendant la route. Et requis acte a moy notaire, fait et passé dans ledit logis du Luxambourg, en la présence de Jean Gautier consul de la présente ville et Jacques Barbier dudit Sommières, des sieurs Coulomb et de Rodon et moy pierre Valette notaire royal requis et signé.
Signature des participants
Archives du Gard-24.1.9- côte 2 E 66219- fol 372- Extrait du registre (700p) de Pierre Valette, notaire à Sommières de 1693 à 1703.

Disparition d'une résistante

Originaire de Sommières où elle est née en 1926, Jacqueline Lapierre, résistante et co-fondatice de l'association des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD) est décédée à l'âge de 97 ans un peu avant Noël. C’est à Anduze où son père Paul Lapierre devient maire communiste en 1935 et 1936 qu’elle passe son enfance.
Dès le début de la guerre, jacqueline entre en résistance : elle décroche les portraits de Pétain, refuse de se rendre à la cérémonie du salut aux couleurs et de chanter « Maréchal nous voilà », trace à la craie des « V » de la Victoire, colle des affichettes où est écrit « A bas Pétain », « Pétain au poteau », participe à des distributions de tracts et de journaux. Les derniers, distribués en juillet 1944, sont en langue allemande pour appeler les soldats à déserter.
Son futur mari, le Nîmois Edmond Vigne, arrêté et jugé avec des camarades pour faits de résistance, est condamné par un tribunal militaire à 20 ans de travaux forcés. Libéré par un maquis, il rejoint un camp de Francs-tireurs et partisans français (FTPF) où il est désigné officier de liaison avec le grade de capitaine. Recherché, il est finalement arrêté par des gendarmes français qui le remettent aux Groupes mobiles de réserve (GMR) de Vichy qui vont le torturer au point d’en garder des séquelles jusqu’à la fin de sa vie. Il est ensuite interné dans la prison de Riom.
À l'issue de la guerre Jacqueline et Edmond se retrouvent, se marient et partent vivre à Paris puis à Grenoble. Jacqueline Vigne collabore à différents journaux, devient documentaliste puis est mutée à Nîmes en 1983, après le décès de son mari. À la retraite, elle a consacré beaucoup de temps et d’énergie à transmettre les valeurs de la Résistance.

Des latrines (toilettes) pour la maison consulaire de Sommières

Dimanche 11 novembre 1618, registre des délibérations consulaires :
« Le sieur Monteil (premier consul) a proposé qu'il est extrêmement nécessaire de faire faire des latrines dans la présente maison consulaire vu les assemblées qu'on y tient si souvent.
Délibéré unanimement qu'il y sera fait des privés et latrines où il sera le mieux ».
Les « lieux d'aisance » des siècles passés sont un sujet sérieux d'étude dont les aspects pratiques sont, comme l'on peut s'en douter, peu documentés et les vestiges quasiment inexistants. Par chance, à Sommières, les archives nous dévoilent les détails de l'une de ces réalisations au niveau de la façade de l'actuelle mairie. Le texte n'a pas été facile à saisir et a été ici simplifié, un dessin aurait mieux valu…
Le dimanche suivant, le conseil politique de la ville se réunit à nouveau et déclare que « Jean BERTRAND, maçon, fera les privés qu'il édifiera au coin de la maison consulaire du côté du marin (au sud), au dehors de celle-ci, du côté du rempart joignant le mur de la tour de l'horloge. Pour cela, il commencera par faire un trou en forme de lune dans la voûte qui descend à la rivière (le quai), ensuite il montera un conduit de pierres de 50 x 50 cm enchâssées d'un côté dans le rempart et de l'autre dans la tour de l'horloge sur une hauteur de 1,75 m (7 pans) au-dessus du plancher de la maison consulaire. Puis il sera tenu de faire une guérite au-dessus du conduit qui débordera du mur autant que la tour ou plus si nécessaire. Elle mesurera 1,25 m à l'intérieur pour 1,5 m de long. Sa hauteur au plus bas sera de 1,75 m. Le maçon devra réaliser les escaliers pour y accéder ainsi que les « paravantes » (portes ? rampes ?). Il découvrira le toit qui est à présent là où se fera la guérite et couvrira celle-ci, le tout dans un délai d'un mois pour 42 livres ».
Avec ces éléments, nous avons pu établir le croquis en illustration qui nous montre à quel point on sacrifiait l'esthétique à l'utilité ne craignant pas d'exposer « les commodités » à l'entrée de la ville. Le matériau de la guérite n'étant pas spécifié, il est envisageable qu'elle fut bâti en pierres, s'intégrant un peu mieux dans son environnement. On suppose que l'accès se faisait par l'intérieur, mais nous n'en avons pas la certitude. Il ressort de l'exposé des travaux que le rempart de l'époque était plus en retrait de la tour que les façades des bâtiments actuels qui la bordent.
Les premières toilettes de ce bâtiment public, inspirées de celles du Moyen Âge qui flanquaient les châteaux forts, sont un signe de l'évolution de l'hygiène et de la décence en ce début de XVIIe siècle. Un long chemin restait à parcourir jusqu'à notre confort moderne finalement assez récent dont les rudiments ont été éprouvés par les plus anciens qui peuvent encore en témoigner.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
D'après les Archives Communales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives (BB17 - vue 77 et 79)
Article du site de Bernard PAGÈS sur le contrat passé chez le notaire à ce sujet :
https://memoire-sommieres.com/2018/09/29/construction-de-prives-sommieres/

Un peu de géographie urbaine

En 1904 la commission des objets divers du Conseil Municipal de Sommières publie la liste définitive des rues avec leurs noms et leurs situations (à la demande de l’administration des postes). Elle décide aussi d’honorer plusieurs personnalités natives de Sommières en leur donnant le nom d’une voie communale, « faire un choix dans les rues de Sommières qui ne représentaient pas de faits saillants ou historiques et qui pourraient à l’avenir porter les noms d’enfants de Sommières qui les auraient honoré, en écartant et gardant volontairement les noms de rues à caractère défini comme le chemin du Château-fort, la rue Narbonne ou la Taillade »
Bernard PAGÈS

Lettre d'un poilu de Souvignargues

Tout au long de la Première Guerre mondiale, les combattants et l’arrière ont entretenu une très abondante correspondance. Les lettres et les cartes postales, conservées par les familles, sont souvent parvenues jusqu’à nous. Si nous en avons découvert beaucoup lors du centenaire nous continuons toujours d’en découvrir de nouvelles.
Voici une lettre, datée du 5 avril 1915, d’Albin Vernazobres, poilu de Souvignargues, à sa mère. Cette lettre est particulièrement intéressante en raison du « document » qu’elle contient :
Ma chère mère
Je reçois une lettre de ma tante Mélanie me disant que Joseph est versé dans une section d’aviation et doit partir le 5 avril pour venir, à ce qu’il croit, dans notre contrée ici. Mais son régiment le 56e n’est pas avec nous et, à moins qu’il ne fasse comme tant d’autres venir compléter à d’autres unités, je n’ai guère espoir de le rencontrer ; quand je saurai son affectation exacte, je verrais à plus car lorsqu’on part, personne ne sait guère où il va rejoindre. Je mets dans la lettre un morceau de toile d’un avion boche du type Albatros, abattu le 2 avril à coup de carabine, près de nous et que les aviateurs ont essayé de brûler avant de se rendre prisonniers car dans leur chute ils n’étaient pas blessés. Cette toile enveloppe le fuselage pour le garantir contre les intempéries.
Rien d’autre à te dire, toujours en bonne santé et vous demande de languir le moins possible de mon absence et vous dit avec mes bonnes amitiés à tous ceux qui s’intéressent à nous un gros baiser de votre tout affectionné. A. Vernazobres
Albin Ulysse Vernazobres, né en 1883 appartient à la classe 1903. Lors du Conseil de révision il est d’abord ajourné puis dispensé au titre de l’article 21 « fils unique de veuve ». Finalement incorporé en 1905, il sert comme canonnier au 38e Régiment d’artillerie jusqu’en 1906. Mobilisé le 3 août 1914, il est affecté au 232e Régiment d’artillerie. Il est promu au grade de Maréchal des logis le 3 janvier 1916. Après sa démobilisation, le 24 janvier 1919, il revient vivre à Souvignargues. Il est cité à l’ordre du régiment le 25 juin 1915 « Le cantonnement étant violemment bombardé, a aidé le lieutenant-chef du détachement à retirer des décombres sous le feu, 2 sous-officiers, l’un tué, l’autre blessé et n’est allé s’abriter que cette tâche terminée ». Il est décoré de la Croix de guerre.

Hommage à Gabriel Boissy

Samedi et dimanche dernier, nos voisins de Souvignargues ont rendu hommage à Gabriel Boissy, « l’inventeur » de la flamme du souvenir qui brûle, sans interruption depuis 1923, sur la tombe du soldat inconnu sous l’arc de triomphe de Paris. Ancien combattant, blessé de guerre, il a été tour à tour journaliste, rédacteur, écrivain. Passionné de théâtre et de culture classique, il est également à l’initiative de la création des chorégies d’Orange. Après la Première Guerre mondiale, c’est lui qui a l’idée de cette flamme afin de pérenniser le souvenir du sacrifice et des souffrances des poilus.
Mais l’homme a aussi sa part d’ombre. Si on ne lui connait pas de faits de collaboration pendant le Deuxième Guerre mondiale, il était proche de « l’Action française », la ligue droitière de Charles Maurras. Cela lui a valu d’être placé sur la liste noire des auteurs indésirables élaborée par le Comité national des écrivains, un organe issu de la Résistance.
Corrézien d’origine, Boissy a été inhumé, en 1949, à Souvignargues village d’origine de son épouse. La tombe abandonnée a été restaurée en 2011.Depuis dimanche une réplique en pierre de la bouche à feu, réalisée par un tailleur de pierre d’Aujargues, y a été installée. C’est donc la Flamme du souvenir qui a été commémorée par le village : exposition et conférence consacrées aux poilus de Souvignargues, cérémonie militaire au cimetière en présence d’une assistance nombreuse et diverse, enfin, pour clôturer la journée, conférence chantée en l’honneur des femmes pendant le Grande Guerre.

Des jeux d'armes au jeu de ballon qui brise les vitres du centre-ville

Les fossés les plus accessibles au pied des remparts étaient aménagés en longues places planes dont une des fonctions premières était d'accueillir les jeux d'armes qui, sur fond de distractions, servaient d'exercices militaires. Au début du XVIe siècle - et certainement depuis longtemps - il existait à Sommières la corporation des archers et celle des arbalétriers, chacune dirigée par un responsable au titre de roi. Encouragées par les ambitions guerrières des souverains du royaume, ces sortes de confréries étaient tenues de faire dire des messes et d'organiser des jeux dont nous savons peu de choses avec, en 1514, une mention énigmatique d'écuelles dont on ignore le rôle (cibles, récompenses, autre jeu, ?).
En 1561, la personne qui gère « le pré des fossés » au quartier du Bourguet proteste car les « joueurs de l'arbalète ont fait une butte pour jouer et tirer ». Ils ont été contraints de retirer tout « le rèble (remplage) et le chaffre (pierre sablonneuse) » sous peine de poursuites.
100 ans plus tard, en 1661, ce terrain est occupé par le « jeu de ballon », nom qui est parvenu jusqu'à nous pour désigner encore de nos jours cet espace. Le sport, d'origine italienne, ne se pratiquait pas au pied mais à la main. Les joueurs portaient un imposant brassard en bois pour propulser un ballon d'une trentaine de centimètres de diamètre réputé excessivement lourd sur de longues distances. C'était « un jeu d'hommes robustes ».
Si l'on en parle cette année-là, c'est qu'un évènement avait obligé les joueurs de ballon à quitter leur terrain pour aller jouer dans la cité, sur la place publique et qu'ils y cassaient les vitres et créaient du désordre. 3 ans plus tôt, en 1658, le rempart qui bordait latéralement le jeu et qui semble avoir eu une utilité à sa pratique s'écroula, emportant une des maisons qui s'y adossait intra-muros et un des murs d'un grenier à sel voisin. La communauté employa une vingtaine d'hommes pendant 33 jours ouvrés pour le réédifier mais ils laissèrent sur place une grande quantité de gravats qui empêchait l'utilisation du terrain de jeu. Pour le réhabiliter et pour la tranquillité du centre-ville, les ruines furent enfin évacuées.
La même année, la tour de la porte de la Taillade s'était effondrée ainsi que le rempart au plan de l'huile, « jusqu'au pied ». Les archives contiennent d'innombrables mentions de réparations réalisées tout au long des siècles laissant des « rafistolages » souvent peu soignés encore visibles de nos jours.
Outre de nombreuses auberges, le quartier du Bourguet accueillait déjà un tripot (maison de jeux) au milieu du XVIe siècle dans lequel on jouait certainement au jeu de paume comme l'avaient souhaité des habitants en 1540. L'établissement devait être suffisamment grand pour que l'on envisage d'y installer un temple protestant en 1564, ce qui ne sera pas accompli.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
D'après les documents des Archives Communales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives. A lire : « Au temps où le jeu de ballon n’était pas encore un jeu d’enfant » - Etudes héraultaises - 2009 / n° 39 (source image n°4) https://www.etudesheraultaises.fr/publi/au-temps-ou-le-jeu-de-ballon-netait-pas-encore-un-jeu-denfant/

Les « Petits gris » de Sommières : un bon fricot de « cagaraoulas »

Après la pluie, c’est bien connu, les escargots sont de sortie. Nos grands-parents, armés d’un grand seau, avaient alors l’habitude d’aller les ramasser dans les bois et le long des chemins.
Voici une recette d’escargots à la sommiéroise mise au point, d’après une légende locale, par l’abbé Ginoulhac, Sommiérois de naissance et curé d’Aubais. A la saison des escargots, son prône terminé, il quittait vite l’église pour aller déguster « 200 cagaroullas » préparés par sa gouvernante après quoi, il faisait une grosse sieste !
Il convient d’abord faire jeûner les escargots pendant une quinzaine de jours, puis les faire dégorger avec du vinaigre, du gros sel et de la farine. Reste ensuite à les laver à grande eau avant de les cuisiner.
Ingrédients :
- un cent de petits gris- 1 bouquet garni, 4 à 5 cuillerées à soupe d’huile d’olive, 200 gr de lard maigre,2 filets d’anchois, 4 gousses d’ail- 1 verre de vin blanc sec-150 gr de beurre ramoilli-1/2 cuillère à soupe de farine- épinards en branches- sel et poivre.
Recette :
- Préparer court-bouillon- dé coquiller les escargots- hachez l’ail et piller les anchois. Faire revenir le tout à feu moyen dans une cocotte en fonte ou en terre avec de l’huile d’olive- Ajouter les escargots et assaisonner- Mouiller avec le vin blanc et autant de jus de cuisson du court-bouillon. Incorporer la farine dans le beurre ramolli et utiliser le pour lier la sauce
- Servir chaud avec les épinards en branches
Pour accommoder les escargots il y a de nombreuses variantes dans ces préparations. Pour ma part, ma grand-mère laissait les escargots dans leur coquille et faisait une sauce bien épaisse avec des noix, du petit salé, des anchois et de la chapelure. D’autres cuisinières remplaçaient les noix par des amandes, et certaines y ajoutaient côtes de poirée et même de la sauce tomate.
Il fallait un bon estomac pour digérer tout ça, mais …quel délice !
Mireille GRAIS-BRUGUIÈRE

Un vieux registre peut en cacher un autre…

Parmi la riche collection de registres conservés aux archives de Sommières, il en est un qui interpelle le paléographe, spécialisé dans les écritures anciennes. Référencé sous la cote BB6, l’inventaire de 1859 indique que l’on y a consigné les décisions des conseils politiques de la ville des années 1555 à 1604 mais il ne fait aucun doute que l’écriture des premières pages est plus ancienne. La lecture le confirme :
« C'est le papier des délivrances faites en la monnaie du Pont Saint Esprit pour le Roi notre Sire commencé le jeudi premier jour d'avril CCCC et XX II avant Pâques (1er avril 1423) des deniers blancs appelés grands blancs qui ont cours pour 10 deniers tournois la pièce à 5 deniers d'aloi argent le Roi et de 7 sols 6 deniers de poids au marc de Paris »
De quoi s'agit-il ?
Même traduites en langage actuel, le sens des 11 pages ainsi calligraphiées semble difficile à saisir. Leur décryptage révèle un petit trésor d'archive ! Il s'agit d'un livre de compte de l'atelier de fabrication des monnaies de Pont Saint Esprit, aux tous premiers temps du règne de Charles VII. On apprend qu'en 1423, il a demandé à cet atelier de frapper 333.000 pièces appelées « grands blancs » et 549.600 pièces appelées « doubles noirs ». Le document précise notamment la teneur en argent (aloi) de ces pièces ainsi que leur poids dans des termes « alchimiques » qui obligent à des calculs savants. On n'imagine pas à quel point, même à cette époque, la monnaie est un univers d'éminents spécialistes tant pour sa fabrication que sur le plan politique.
Que fait-il à Sommières ?
Ce registre a été complété à partir de 1555 à Sommières soit 132 ans plus tard ! Avant cela, le dernier paragraphe stipule qu'il a été clos à Montpellier le 8 juin 1423. L'atelier de Pont Saint Esprit n'a fonctionné officiellement qu'une année. Le registre, qui devait avoir été préparé pour accueillir les comptes de nombreuses autres années, était presque vierge. On peut donc envisager un réemploi économique de ce papier inutilisé. Comment et pourquoi est-il venu de Montpellier à Sommières ? On ne le saura certainement jamais ...
Des experts de ce sujet ont été contactés afin que la découverte de ce trésor totalement passé inaperçu depuis des siècles rende service à tous les numismates. Il devrait faire l'objet d'articles dans des revues spécialisées.
Nicolas LAWRIW – mvic.fr

Porte fossile romane sur l'enceinte de Sommières

(face au pont du chemin de fer)
Le boulevard Ernest François est l’emplacement de l’ancien fossé de l’enceinte urbaine de Sommières, de la porte de la taillade au pied de la tour disparue de Montlaur (entrée de la médiathèque). Cette découverte est le résultat de recherches de Nicolas Feuchères, Vivien Vassal et Jean Mesqui historiens et spécialistes d’archéologie castrale. Le document complet est disponible au bureau du patrimoine.
Primitivement couverte d’un arc plein cintre et d’une largeur de 2.10, elle desservait les chemins de Villevieille et de Nîmes. Datée du XIII S°, elle pourrait antérieurement avoir constitué la basse-cour du château (cour contenant les dépendances) avant d’être absorbée dans l’enceinte urbaine. C’est un élément de la morphogenèse médiévale de Sommières qui reste encore à découvrir.
Bernard PAGÈS

Sommières à l'honneur à Paris

Du 16 juin au 17 septembre 2023 le musée du Jeu de Paume a consacré une grande exposition au photographe et cinéaste néerlandais Johan van der Keuken. Dans une salle consacrée aux ouvrages de photos publiés à partir des œuvres de van der Keuken figurent dans une vitrine quelques-unes des photos prises par l’artiste à Sommières en 1961.

Plusieurs de ces photos de Sommières sont aussi reproduites dans l’imposant catalogue en vente à la librairie du musée.
Ce nom de Van der Keuken rappellera sans doute à certains sommiérois que l’espace Lawrence Durrell de Sommières a précédé d’une dizaine d’années le Jeu de Paume avec l’exposition Johan van der Keuken, Sommières 1961 (été 2011).
A cette occasion, Frédéric Gaussen avait préfacé un ouvrage « Johan van der Keuken, Sommières 1961 », (Image éditions) reprenant les photos de l’exposition.
Il y décrivait ainsi la découverte de Sommières par cet artiste néerlandais:
« En juillet 1961, Johan a eu envie de connaître le Sud. Je l’invitai donc à venir à Sommières, dans la maison familiale de la Grand-Rue, avec sa jeune femme Yvonne qui était peintre. Mon père, Ivan Gaussen, qui présidait le syndicat d’initiatives, était heureux de lui faire découvrir cette ville dont il n’a cessé toute sa vie de raconter l’histoire et de vanter ses merveilles. Ils sont partis ensemble à l’assaut de la Tour et des remparts. Tout l’enchantait, le surprenait, l’amusait. Les ries basses, le marché, les cafés sur les quais, l’esplanade, les arènes … Johan a photographié Sommières, mais ce qui l’intéressait surtout, c’était les Sommiérois – ou plutôt les deux ensemble ; les Sommiérois gravés dans le décor, partie intégrante du paysage. »

L'éphémère culture de la betterave à Sommières en 1811

Dans un registre des délibérations municipales du 18 mars 1811 on trouve un arrêté préfectoral qui « réparti entre les propriétaires trois hectares de terrain pour être ensemencé en betterave », suit en 1812 la « répartition des terrains qui doivent être ensemencés est fixé pour la Commune de Sommières à trois hectares » partagé entre 44 habitants propriétaires pour des surfaces de 5 à 10 ares.
C’est la situation politique de cette époque, le Premier Empire, qui motive ces décisions. Le sucre était un produit de luxe qui commençait à se démocratiser peu à peu, importé des Antilles sous forme brute il était raffiné en France. Napoléon en guerre avec les Anglais qui, maitres des mers, vont instaurer un blocus commercial, auquel l’Empereur répondra par un autre blocus continental sur les marchandises anglaises dont le sucre.
On se rappelle alors la betterave et de ses propriétés sucrières connues depuis longtemps, après quelques essais industriels on arrive à produire un sucre de bonne qualité. En 1811 par décret impérial c’est 33000 hectares qui doivent être mis en culture répartis dans les campagnes françaises, plus la création d’usines de transformation. Mais la méconnaissance de la plante, le manque de graines (le préfet du Gard le signale) et malgré les primes et exonérations fiscales, cette plante ne s’adaptera pas, l’abdication de Napoléon en 1814 fera disparaitre complètement cette culture de notre région, sauf dans le Nord où peu à peu elle va devenir une des plus importantes productions agricoles française.
Bernard PAGÈS

Les vendanges ont commencé

Les vendanges ont commencé. Avant que la machine à vendanger ne devienne la star du vignoble sommiérois, il régnait dans les vignes une très intense activité comme nous le rappelle ce tableau du peintre Max Leenhardt (1853-1941),
Né à Montpellier dans une famille aisée, il suit les cours des Beaux-arts de sa ville puis de Paris où il entre dans l’atelier de Paul Cabanel. Il a exposé dans de très nombreux salons et a participé à des commandes officielles, dont notamment le fameux décor du « Train Bleu » à la Gare de Lyon de Paris.
Cette immense toile de 3,3m sur 1,75m montre l’intense activité dans les vignes de la propriété familiale à Clapiers : les femmes sont vêtues de tabliers et de coiffes, les hommes partent les seaux, chargent les cornues et déversent le raisin dans les pastières à l’arrière- plan. On sent l’effort et les gestes immuables effectués par chacun. Ce tableau naturaliste est un hommage aux vendages languedociennes.

Travaux sur le Vidourle

Depuis sa construction sous l’occupation romaine le pont de Sommières est resté en activité, participant au développement de la ville. Au fil du temps et des vidourlades les éléments antiques de la partie visible ont laissé la place à des remises en état et réparations très importantes comme en 1617 et 1740 attestés par de nombreux documents « d’estime » ou expertise et « prix faicts » ou devis et factures précis et détaillés, plus quelques litiges…
On peut suivre ces réfections en examinant les arches du pont. En 1756, par Ordonnance royale on va élargir « la rivière du Vidourle ». En effet la végétation, divers remblais et les cultures ont diminué le lit mineur de la rivière, cet élargissement concerne la rive droite du moulin de Braguenesse au moulin d’Alary (limite Boisseron), cet espace sera récupéré sur les terres spoliées par les riverains (après arpentage). Curieusement « les terres déblayées seront jetées à l’endroit le plus profond de la rivière ». On ajoute aussi le déblaiement de la dernière arche complètement bouchée, ce qui entraine le renforcement par contre mur de l’église Saint Amans, plus un canal rejoignant le moulin Roupt (disparus tous les deux). C’est le sieur Pitot, ingénieur de l’intendance du Languedoc qui a rédigé le devis, les travaux, en plusieurs parties, seront attribués par enchères à la bougie à l’hôtel de ville de Sommières. « L’Arrest du Conseil d’État du Roi » accordera une réduction du don gratuit (impôt versé au Roi par les États), une somme de 4000 livres pour financer une partie des travaux. On retrouve dans les diverses archives toutes les pièces, documents et plans de cette opération.
Bernard PAGÈS

Un cimetière disparu

Avis au public
“De par messieurs les consuls de Sommières, on fais savoir à tous ceux qui voudront pretendre aux ouvrages et reparations a faire pour la construction d’un cimetière dans la parroisse Saint Amans et aux reparations à faire egallement pour l’elevation des meurs de celuy de la parroisse Saint Pons audit Sommières et autres contenus au devis dressé par sieur Jean Saussines m° masson le 2 may 1777 autorisé par ordre de Monseigneur l’intendant que l’adjudicatoion définitive en sera faite le dimanche 31 aout courant dans la salle de l’hotel de ville à l’extinction des trois feux en faveur de celuy qui fera la condition meilleure et ce en attendant toutes offres e moins dittes seront reçues dans le greffe consulaire. A Sommières le 19 aout 1777”
C’est un document en vue de la création d’un cimetière pour l’église Saint Amans qui après une histoire mouvementée se trouve en 1777 en haut du pont (restaurant) sur la rive droite du Vidourle, c’est la paroisse Saint Amans bout du pont faisant partie de la baronnie de Montredon mais rattachée administrativement à la Communauté de Sommières. Après une première demande en 1769 faite à l’intendant pour le choix d’un terrain ce n’est qu’en 1777 que ce cimetière sera construit “en haut des Ayres communales”. On possède le document détaillé du devis de l’entrepreneur. Aujourd’hui disparue, mais on peut deviner les vestiges d’un enclos dans le coin droit du parking des Aires. Le cimetière de l’église Saint Pons se trouvait au château jusqu’en 1670, avant son transfert derrière l’église des Cordeliers (temple actuel), puis à la révolution partagée avec les protestants, en 1813 l’église des Cordeliers devenant temple et celle de Saint Pons retrouvant ses catholiques, enfin en 1857 route de Saussines le repos éternel, papistes et huguenots côte à côte…
Bernard PAGÈS

Les brasseries de Sommières

Depuis quelques années des fabricants de bière ou brasseurs relancent la production de ce produit sous différentes formes. Production locale et artisanale, elle existait à Sommières dès la fin du 19 siècle et se poursuivra jusqu’aux années 1980 (environ). Ces artisans produisaient en plus de la bière en bouteille, de la limonade, puis plus tard des pains de glace pour alimenter les glacières domestiques. A Sommières les établissements Galibert route de Montpellier, Darie sur la route d’Aubais et Lambert route d’Alès étaient les plus connus.
Bernard PAGÈS

Jean Joseph Bonaventure Laurens

Au mois de juillet, nous vous avions présenté une aquarelle représentant Sommières dont l’auteur était Jean Joseph Bonaventure Laurens (1801 – 1890) dont voici un autoportrait
Dans son ouvrage consacré aux « Monuments du Bas Languedoc », nous avons extrait cette belle gravure représentant le Pont d’Ambrussum datée de 1841.

Avant la source Perrier

A Vergèze au lieu-dit les Bouillens, une source bouillonnante était connue depuis très longtemps. En 1841 est créé par A.Granier un petit établissement thermal autorisé en 1863. Depuis cette époque les médecins mettent en évidence les vertus thérapeutiques des eaux naturelles, c’est le début du thermalisme français. Exploitée par plusieurs propriétaires, c’est le docteur Perrier de Nîmes qui modernisera l’établissement thermal, la production et la commercialisation de l’eau de la source, face à des difficultés d’exploitation, il cédera ses parts à un anglais J.Harmswort.
Voici un extrait d’une publication scientifique de l’époque.
« Les eaux de Vergèze sont employées en bains de boues dans les affections rhumatismales et les névralgies ; elles agissent sur ces maladies avec une célérité qui tient du prodige aussi avec un égal succès pour le dartre, le scorbut, la scrofule… » On trouve des bains en cabine de 1°,2° et 3° classe. « Les eaux de Vergèze sont employées pures ou mélangées au vin qu’elles ne décomposent pas (plus tard avec le Whisky…) et forment avec les sirops une boisson délicieuse. Expédition en caisse de 10 bouteilles de la gare d’Uchaud. »
Bernard PAGÈS

Une découverte : "Vue de Sommières" en 1873

Lors de l’exposition consacrée à l’abbé Fabre en juin dernier, nous avons découvert ce tableau représentant Sommières vers 1873. La toile est l’œuvre de Jean-Joseph Bonaventure Laurens (Carpentras 1801- Montpellier 1890).
Laurens a exercé ses talents en tant que peintre, aquarelliste, lithographe, mais s’est aussi illustré comme musicien, archéologue et géologue. Il a côtoyé de très nombreux peintres et sculpteurs (Ingres, Corot, Pradier, Cabanel) et a participé au mouvement du Félibrige au côté de Frédéric Mistral. Musicien passionné, il a eu de nombreux contacts avec les grands compositeurs de son temps ; Mendelssohn, Brahms, Schumann…et a participé à la redécouverte de Bach.
Peintre autodidacte il a collaboré à diverses publications en tant que lithographe. En 1835 il illustre les Voyages pittoresques et romantiques de l’ancienne France de Charles Nodier et du baron Taylor, puis les Monuments du Bas-Languedoc et l’album du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée.
La bibliothèque Inguebertine et les musées de Carpentras conservent des dessins et aquarelles sur le sud de la France qui constituent une source précieuse permettant de connaître les paysages méditerranéens de ces régions au XIXe siècle.

Patrimoine industriel

Le patrimoine industriel, ensemble des témoins de la culture industrielle passée, se présente souvent par des vestiges isolés ou abandonnés : Mines, moulins, éoliennes, ponts….Il doit avoir sa place au même titre que le patrimoine historique et monumental.
Dans les gares souvent oubliées ou transformées, mais pas pour ceux qui attendaient, en écoutant les coups de cloche, sur les quais de celle de Sommières les Michelines pour se rendre à Nîmes, Montpellier ou Le Vigan par Quissac. C’était une cloche Léopolder (nom de son concepteur) on peut encore voir cet appareil contre le mur des gares ou sur pied. Cette cloche servait à annoncer l’arrivée ou le départ des trains dans les gares suivantes ou précédentes ou des incidents sur les voies, placées dans les gares, passages à niveau ou près des ponts, elles étaient reliées entre elles par un câble électrique. C’est par un transmetteur mécanique (maison Bréguet), dont le cadran affichait les diverses situations ou positions des trains et le nombre de coups de cloche pour les identifier, qui servait à déclencher la cloche dans la gare suivante.
Bernard PAGÈS

Les anciens jours de l'an

Nous fêtons la nouvelle année le 1er jour de janvier mais ce ne fut pas toujours le cas. Jusqu’au milieu du XVIe siècle, selon où l’on se trouvait en France, l’année commençait à Noël, à Pâques, le 1er avril ou, comme à Sommières, le 25 mars, jour de l’Annonciation (par l’ange à Marie enceinte de Jésus). On comprend aisément la difficulté à s’y retrouver dans le royaume au siècle où les échanges commerciaux s’intensifiaient et s’organisaient administrativement. C’est le jeune roi Charles IX qui mit un terme à cette situation en imposant, dans l’Édit de Paris de 1563 confirmé par l’Édit de Roussillon de 1564, le changement d’année au 1er janvier.
Il fallut du temps pour que la règle s’applique sur tout le territoire mais l’année suivante, en 1565, les Sommiérois adoptèrent déjà le calendrier dit « nouveau style » (n.s.) en remplacement du calendrier « vieux style » (v.s.) ou « ancien style » (a.s.). Cette évolution est attestée par les délibérations consulaires successives conservées aux archives municipales de Sommières. L’année 1564 courut donc seulement du 25 mars au 31 décembre.
Les calendriers basés sur le jour de Pâques - qui est une fête mobile - ajoutaient encore une difficulté puisqu’il pouvait exister deux dates identiques pour la même année, par exemple le 1er avril 1559 (L’année calendaire s’étirant du 26 mars au 14 avril de l’année suivante). Il fallait alors préciser s’il s’agissait du 1er avril après Pâques (début) ou avant Pâques (fin). Un vrai casse-tête !
Nicolas LAWRIW - mvic.fr

L'abbé Fabre (1727- 1783)

Une exposition consacrée à cet illustre enfant de Sommières est visible jusqu’au 24 juin à l’espace Lawrence Durrell.
Jean Baptiste Fabre est né le 27 mai 1727 à Sommières où ses parents, Claude et Elizabeth Causse, étaient maîtres d’école. Il a été élevé par sa grand-mère maternelle, Jeanne Fournier, veuve d’un maçon d’Aubais où résident des cousins et d’autres membres de sa famille. Après avoir suivi l’enseignement du collège de Sommières, à l’âge de 15 ans, il part à Montpellier où il poursuit de brillantes études de philosophie et de théologie. Ordonné prêtre en 1756, il est d’abord vicaire à Aubais, puis curé dans des paroisses du diocèse de Montpellier. Ses protecteurs furent la marquise d’Aubais et l’intendant Saint Priest auxquels il dédie ses ouvrages. L’abbé Fabre est un homme d’une grande culture. Dans sa bibliothèque figurent les auteurs classiques, les écrivains du Grand siècle ainsi que de très nombreux auteurs étrangers comme Cervantès et Shakespeare. Il fut un écrivain prolixe qui a écrit en latin et en français. Son œuvre en langue d’oc, ce « patois » que tout le monde parlait autour de lui, met en scène les gens du peuple. A une époque où la liberté de la presse n’existait pas, derrière la truculence, l’ironie et le burlesque, il y a des prises de position contre l’intolérance, les abus de l’église et le pouvoir en place.
Parmi ses nombreuses œuvres citons 2 comédies, l’Opéra d’Aubais conçu dans le village même et lou trésor de substancioun, le roman Jean l’an prés, des adaptations d’auteurs latins, un poème burlesque original, lou Siègé di Caderôussa, une Odyssée patoisante et une adaptation burlesque de Virgile.

Les premières marques postales

Les premières marques postales sur les lettres sont manuscrites, les bureaux de poste aux lettres existent depuis le 17s° dans les grandes villes, celui de Sommières depuis 1650. Ces marques sont destinées à indiquer le lieu du départ et le prix basé sur la distance à parcourir par la poste aux chevaux et de nombreux piétons qui assurent l’acheminement des dépêches (nom du courrier). C’est le destinataire qui règle la somme indiquée et doit s’assurer de son arrivée car on ne distribue pas le courrier (sauf dans quelques grandes villes).
Devant le nombre de lettres mises au rebus, en 1830 les bureaux de postes se multiplient et distribuent le courrier dans les 35000 communes, munies de boites aux lettres, c’est la création de la (passionnante) histoire de la poste rurale et de ses facteurs ruraux qui distribuent et relèvent le courrier par tous les temps et jusqu’à nos jours.
La première lettre c’est la marque au tampon encreur : 29 SOMMIERES (il n’y a que 88 départements), pour Toulouse et le prix manuscrit 9 sols, en 1797.
La deuxième lettre c’est la marque manuscrite Sommieres et la somme de 6 sols pour Beaucaire, en 1730.
L’étude de des marques postales se nomme la marcophilie. Le timbre apparait en 1849.
Bernard PAGÈS

L'opéra d'Aubais de l'abbé Fabre

Alors qu’il était vicaire à Aubais, entre1753 et 1755, Jean Baptiste Fabre écrit une première version de l’Opéra D’Aubais. A une époque où tous les auteurs s’exprimaient en français, cette pièce, où les personnages parlent occitan, constitue une première dans l’histoire littéraire française.
La scéna es à Aoiubais, dins la cour d’un castél…
L’intrigue est classique : Jacquéta et Pierroto sont jeunes et amoureux. Leurs parents, Mistre Reynaou, père du jeune homme et Dona Couderta, mère de la jeune fille, ne veulent pas entendre parler de ce mariage. Les deux vieillards, veufs l’un et l’autre, se sont aimés dans leur jeunesse mais se détestent cordialement à présent. Mais le pire dans cette intrigue est que Reynaou a jeté son dévolu sur la jeune et appétissante Jacquetà tandis que Coudertà convoite Pierroto ! Les jeunes gens feignent d’accepter ces unions à la condition expresse que leurs parents leur fassent une donation devant notaire. Les deux vieux tombent dans le panneau ; mais au moment du mariage les jeunes se rebellent et déclarent qu’ils conserveront la fortune si leurs parents ne renoncent pas au projet de mariage. Les deux avaricieux sont bien obligés d’accepter…Jacquéta épouse Pierroto, son amoureux, tandis que les deux veufs décideront de convoler ensemble dans une union mieux assortie !
L’opéra est entrecoupé d’intermèdes musicaux où les deux jeunes chantent et dansent en compagnie d’amis de leur âge.
Le samedi 24 juin, dans le jardin du presbytère à Aubais le public a pu assister à une lecture théâtralisée et chantée de l’opéra par le théâtre de la Rampe

Congé militaire

Ce document « Congé Militaire » dont on peut remarquer la description physique très précise est au nom d’un sommiérois, Ponce Franc âgé de 18 ans qui s’engage en 1765 dans le régiment Royal Infanterie, puis intègre en 1766 le Royal Dragon (cavalerie), après huit de service il reçoit le trois juillet 1773 son « congé absolu » à Niort, qu’accompagne la somme de 250 livres. Ce choix pour certains c’était la garantie de ne plus être à la charge de sa famille et aussi de découvrir d’autres aventures, même si à la fin du règne de Louis XV la situation militaire est assez calme en Europe. La famille Franc installée au Bourguet tenait l’auberge du Soleil et diverses écuries (actuelle poste) sur le passage de la route de Montpellier vers Alès et les Cévennes. D’autres Hostes ou logis occupaient cet espace très fréquenté : Hôtel de Conty, du Dauphin, le Lion d’Or et divers relais d’affenage pour les bêtes de somme.
​​​​​Bernard PAGÈS

Réparations sur le pont de Sommières en 1724

S’il ne reste plus d’éléments architecturaux d’époque antique sur la partie visible du pont de Sommières au-dessus du Vidourle on trouve dans les archives depuis le 16è siècle des documents sur l’entretien et les réparations réalisées sur le monument, intéressants car on peut les suivre sur la construction : Pavage du pont, changement de voussoirs « chancrés », réfection de voûtes et ici la réfection d’avant-bec (encoule pour les Sommiérois).
Ce sont les ingénieurs de l’Intendance du Languedoc qui rédigent une « estime » détaillée (expertise) puis un dernier document de « prix faicts » servant de devis et de factures. C’est le sieur Manse qui se charge des travaux, « masson, traceur de pierres », traceur qui extrait les pierres à l’aide d’une escoude à lame étroite dans les pierrières proches, les termes carrières et carriers viendront plus tard. Pour les hommes travaillant dans l’eau, la seule protection c’est « depense en vin et eau de vie ». Document certifié par Triaire (subdélégué de l’Intendant).
Bernard PAGÈS

Quand Sommières fait son cinéma... : « Deux » (2020)

Depuis l’installation des studios de cinéma à Vendargues, de nombreux films et des séries sont tournés dans la région. C’est le cas du très beau film « Deux » tourné en 2018 par le réalisateur Filippo Meneghetti dont plusieurs scènes ont Sommières comme décor.
Nina (Barbara Sukova) et Madeleine (Martine Chevalier, de la Comédie française), toutes deux retraitées et âgées, vivent chacune dans un appartement de part et d’autre du même palier au dernier étage d’un immeuble. Simples voisines pour tous, elles partagent leurs vies étant animées d’un amour profond et délicat. Elles rêvent d’aller s’installer à Rome. Mais, si Nina n’a pas de famille, Madeleine, en revanche, à deux grands enfants auxquels elle ne parvient pas à avouer son amour pour Nina.
Puis un jour l’accident survient : Madeleine est victime d’un AVC. Anne sa fille (Léa Drucker) accourt t au chevet de sa mère et découvre peu à peu une vérité qu’elle refuse d’accepter. Anne et son frère font tout pour éloigner Nina qui refuse de s’éloigner de celle qu’elle aime et qui est maintenant grandement diminuée.
Ce film qui traite avec délicatesse d’un sujet peu abordé et délicat a été couvert de récompenses et de prix de toutes sortes. Il a remporté 2 César dont celui du meilleur premier film et celui de la meilleure actrice ; il a représenté la France aux Golden Globe et aux Oscar.

Quand Sommières fait son cinéma… : « L'hiver d'un gentilhomme » (1973)

Il s’agit d’une série tournée au château de Villevieille pour la télévision. L’action se passe à la fin du XVIIIe siècle, quelques années avant la Révolution Française.
Le baron Jérôme de Sagne, incarné par Henri Virlojeux, vit dans son château quelque part en Provence. C’est un défenseur acharné de la société d’Ancien Régime qui s’insurge contre le vent de nouveautés qui commence à souffler.
Il reçoit au château son fils Olivier chassé d’Aix-en-Provence sur ordre du chancelier Maupéou. Au grand déplaisir de son père, Olivier a épousé Christine, une bourgeoise qui très vite va s’ennuyer et regretter sa vie d’avant avec ses amis et son amant le chevalier d’Urtis. Anne la fille du couple campée par la comédienne Catherine Hubeau, s’avère être une jeune fille mûre qui va progressivement s’éloigner de sa mère, volage pour se décider à épouser Maynier, un bourgeois très aisé, apothicaire et futur député du Tiers-État aux États-Généraux.
La présence d’une bande de brigands menée par Estève le Rouquin dans les alentours, la mort d’Olivier de Sagne, les amours de Christine, le déclassement d’Anne font de cette série un drame historique des plus romanesques.
La série en 8 épisodes de 40 minutes, réalisée par Yannick Andréï, a été diffusée à partir du 18 septembre 1973. Elle est tirée du roman éponyme de Pierre Moustier édité par Gallimard et paru dans la collection de poche « Folio »en 1974.
De nombreux sommiérois ont été engagés comme figurants aux cotés des acteurs : Henri Virlojeux incarne le vieux baron de Sagne, Denis Manuel est Olivier son fils. On retrouve Odile Versois qui campe une Christine tiraillée entre son époux qu’elle aime malgré tout et son amant qu’elle finira par abandonner. Catherine Hubeau - de la Comédie Française - joue le rôle de la jeune Anne.
Le rythme du film est assez lent, excepté les scènes où Estève le Rouquin (Michel Creton) et sa bande font irruption au château et sèment la terreur. Le brigand se bat en duel avec Olivier de Sagne. Il parait que les deux acteurs n’ont pas été doublés pour le combat…

Quand Sommières fait son cinéma... : « Mon royaume pour un lapin » (1965)

Le réalisateur Jacques Villa tourne à Sommières ce téléfilm en 1965.
L'action se déroule à Aiguevieille, petit village du Sud de la France au bord d’une rivière. Tout le monde est en émoi car une équipe de télévision doit venir tourner une émission.
C’est Francette, la fille du cafetier qui est arrivée en finale. Les questions auxquelles elle doit répondre ont toutes un rapport avec la chasse. Les habitants auront le droit de la rattraper en cas d’erreur. Le village entier se mobilise, à commencer par le maire, épaulé par son Conseil municipal, qui pousse tous les habitants à étudier la chasse pour faire gagner la jeune fille. Puis tout le monde s’en mêle… le maire et ses adjoints mais aussi le colonel, le curé, les cafetiers, le facteur, les joueurs de boules ; la maîtresse d’école, les commères du village et toutes les épouses des notables … Finalement, l’instituteur propose de choisir le braconnier, bien sûr imbattable en matière de chasse comme professeur et conseiller. Ce dernier devient le héros du pays au grand dam du garde-chasse, son ennemi juré, rendu furieux par le succès de celui qu’il poursuit sans parvenir à l’arrêter…
La distribution est prestigieuse pour cette joyeuse comédie familiale à la sauce des années 60 : Paul Prébois joue le rôle de Fulcran, le braconnier ; René-Louis Laforgue celui de Ronflart le garde-chasse ; Martine Pascal est Francette la candidate ; Christian Martin est l’instituteur. Le présentateur du jeu est incarné par Pierre Dac, tandis que Jacqueline Huet, la speakerine de l’époque, joue son propre rôle. Là aussi, de nombreux sommiérois furent embauchés comme figurants.

Quand Sommières fait son cinéma... : « Bouclage » (1967)

Il s’agit d’un téléfilm d’Alain Boudet et de Christian Daniel Watton qui a été diffusé sur la deuxième chaine de l’ORTF. C’est une œuvre très personnelle qui montre un homme et une femme, Henri Sénéchal (incarné par Pierre Michaêl) et son épouse Cécile (incarnée par Claire Maurier). Le couple ne s’aime plus et a décidé de rompre. Au cours de ce qui devrait être leurs dernières vacances ensemble tout bascule. Partis de Paris, les deux protagonistes arrivent dans le Gard. A un carrefour, leur voiture emprunte une déviation qui les mène à Sommières. La ville devient vite un dédale, dans lequel ils vont errer et se perdre, avant, tel un piège, de se refermer sur eux.
A partir de là le réel, l’imaginaire et le fantastique s’interpénètrent. Dans cette ville lugubre d’où ils ne peuvent pas sortir, des évènements inattendus et inquiétants se produisent : le contact avec les habitants est impossible, des femmes disparaissent, des amours meurent….
Ce film singulier a fait entraîner beaucoup de réactions de la part des Sommiérois ; beaucoup se sont élevés contre ce « navet » qui donnait de Sommières une image cauchemardesque. Le dimanche qui a suivi la diffusion a vu défiler à Sommières de nombreux touristes désireux de se rendre compte par eux-mêmes à qui ressemblait cette ville infernale dont on ne sortait pas !
Si le film n’a pas fait l’unanimité à Sommières, il a été apprécié des cinéphiles qui depuis des années pour certains, le cherchent sans succès dans les divers catalogues. On peut actuellement le regarder sur une plate-forme de Streaming.
Photo : une rue de Sommières dans "Bouclage"

Quand Sommières fait son cinéma… : « Les Dernières vacances » (1947)

Tout le monde sait à Sommières que les célèbres films Jean de Florette et Manon des Sources ont eu notre ville pour cadre. Mais on ignore souvent que d’autres cinéastes sont venus planter leur décor et leur caméra à Sommières.
Le premier film « sommiérois » a été tourné il y a 75 ans, en 1947. Il s’agit du film « Les dernières vacances » tourné pendant l’été 1947, à Villevieille, exactement au pigeonnier du château de Pondres, par Roger Leenhardt qui réalisait son premier long métrage. Roger Leenhardt est né à Montpellier en 1903 au sein d’une des principales familles de la grande bourgeoisie protestante de la ville. Parmi ses cousins figurent notamment les peintres Max Leenhardt, Frédéric Bazille et Eugène Castelnau. Il vécut les dernières années de sa vie à Calvisson où il est inhumé.
Dans « Les dernières vacances » les acteurs principaux étaient Odile Versois (qui avait 16 ans et dont c’était le premier rôle), Pierre Dux et Michel François.
Le film, sorti en 1948, raconte l’histoire de Jacques Simonet, 16 ans (incarné par Michel François) qui se remémore avec nostalgie les vacances passées avec ses parents et ses cousins.
Cet été-là, la famille est réunie pour la dernière fois dans la propriété. En effet, le père de famille (Pierre Dux), qui ne peut plus entretenir le domaine a décidé de le mettre en vente. C’est sans compter sur les enfants qui se liguent contre l’acheteur venu de Paris. Pour Jacques, amoureux de sa cousine Juliette (Odile Versois), ce parisien est aussi un potentiel rival…
Film singulier dans le paysage de l’immédiate après-guerre, très prisé des cinéphiles, il annonce par sa fraîcheur et sa modernité la nouvelle vague.

Le moulin de Pattes

C’est un important moulin seigneurial construit vraisemblablement par Guillaume de Nogaret dans la 2e moitié du XIIIe siècle. Il était fortifié : sur le mur de façade on voit encore 2 bretèches chargées de défendre la porte (la 2e a été occultée par une construction ultérieure).
L’eau passait directement du Vidourle sous le moulin dont elle actionnait la roue horizontale et la roue verticale, puis rejoignait le Vidourle après le pont,
Après avoir connu plusieurs propriétaires, il est acheté en 1763 par David Meynier, négociant nîmois qui avait acquis le titre de seigneur de Salinelles et qui était aussi propriétaire de Fontibus.
Après la guerre de 1914-1918, les roues motrices ont été remplacées par des turbines modernes. On traitait le grain et la terre de Salinelles.
A partir de 1942, le meunier Joseph Blondin traitait la terre de Salinelles au moulin de Runel en amont, tandis que son fils Fernand traitait les grains au moulin de Pattes. Au rez-de-chaussée il y avait le moulin, un entrepôt et un débarras. Au 1er étage, la bluterie, un trieur pour calibrer le grain de semence, le monte-charge et la bascule. Le logement était indépendant mais situé dans le même bâtiment.
Le moulin s’arrête en 1945. Les derniers acquéreurs l’ont transformé en gite touristique et lieu d’accueil pour le public.

Quatre rues changent de noms pour honorer des Sommiérois illustres

Lors de sa séance du 18 novembre 1904, le Conseil municipal de Sommières approuve la suggestion faite conjointement par Louis Gaussen, adjoint au maire, Louis Jeanjean et Hippolyte Gaussen, anciens maires, d’honorer quatre Sommiérois célèbres en leur attribuant des noms de rues.
Le docteur Chrestien (1758-1840), le Colonel Vialla (1764-1850), et Frédéric Gaussorgues (1841-1903) sont des choix indiscutables.
Plus surprenant Louis Gaussen propose aussi d’attribuer une rue à Paulin Capmal, homme de lettres encore vivant !
Comment est justifiée cette surprenante proposition ? Laissons parler Louis Gaussen :
« L’homme de lettre dont j’ai à vous entretenir est encore vivant. Il n’aurait pas encore droit à notre entière reconnaissance si l’ardent amour qu’il porte dans le cœur pour sa ville natale ne lui eût inspiré le désir de léguer un jour la nombreuse collection de livres dont il entoure sa verte intelligence et laborieuse vieillesse. Cette bibliothèque viendrait donc heureusement compléter le fond de la petite provision de littérature que nous pouvons offrir en pâture à nos concitoyens désireux de s’instruire. Le don qu’il se propose d’en faire à sa ville natale semble assurer au généreux sommiérois note reconnaissance anticipée... »
La rue Savaterie devint donc un peu plus tard « rue Paulin Capmal ». Celui-ci mourut en juillet 1913.
Dans son ouvrage sur les rues de Sommières, Aimé Jeanjean, écrit que Paulin Capmal « fait don de nombreuses collections de livres à la ville (qui ont disparu) ». Mais on ne trouve aucune trace dans les délibérations de la commune de l’acceptation de cette bibliothèque. On peut donc douter que le don ait effectivement eu lieu.
Rappelons que la veuve d’Antonin Paris, obtint en mai 1926 que la Grand rue prît le nom de son défunt époux moyennant un leg de 10 000 francs en faveur de l’hospice de Sommières.
Jean-Louis BARBUT
Illustration : un magasin de la rue Paulin Capmal au début du XXème siècle.

Les bains-douches à Sommières : un premier projet avorté

Après la Première Guerre mondiale, Sommières envisage de se doter d’un établissement de bains-douches. Le 4 octobre 1923 le maire, Louis Théron annonce que le Conseil municipal «... a étudié un projet de bains-douches qui manque dans la ville privée de moyens efficaces pour assurer la salubrité publique ».
Les archives communales de Sommières possèdent le plan du futur bâtiment qu’il est prévu d’implanter dans « le jardin de l’hospice de vieillards » facile d’accès et permettant d’évacuer les eaux usées sans difficultés
L’établissement doit comprendre 12 cabines aérées par une petite fenêtre et équipées de tout le matériel nécessaire. Une porte vitrée en bois à deux ventaux permet l’accès à une vaste salle d’attente centrale. Deux couloirs desservent les cabines : 6 à droite pour les hommes et 6 à gauche pour les femmes. Le sol est dallé de carreaux de céramique et des murs recouverts de carreaux de faïence.
Le bâtiment est conçu dans le plus pur style « art déco » très en vogue dans les années qui suivent la première Guerre mondiale. L’ensemble composé d’un pavillon central flanqué de deux ailes confère de l’élégance à la façade. Les verticales sont mises en valeur par tout un assemblage de chaines d’angles en matériaux nobles ainsi que les linteaux des fenêtres et de la porte au-dessus de laquelle s’ouvre un œil de boeuf circulaire. Cette esthétique géométrique est renforcée par l’emploi de briques de parement rectangulaires qui animent la façade dans sa couleur et sa matière. Au-dessus de la porte d’entrée, le bandeau portant la mention « bains-douches » s’inscrit également dans le style « art déco ».
Les alentours de bâtiment doivent être végétalisés. Le devis prévoit également une somme pour l’achat de meubles et de linge nécessaires au fonctionnement de l’établissement : 12 chaises rondes en bois, une table et deux armoires à linge ainsi que des porte-manteaux et des tablettes. Les clients pourront emprunter des peignoirs et des serviettes ; en somme tout est prévu pour le confort des sommiérois. Ainsi ces « nouveaux thermes » combinant la fonctionnalité à l’esthétique « art déco » en vogue dans les années 1920 sont pensés comme devenir un véritable palais de l’hygiène au service de la population.
Le projet n’aboutit pas, sans doute à cause de problèmes financiers et de sérieux doutes quant à la rentabilité de l’établissement. La même année 1923, le 11 septembre le principe d’une adduction d’eau est voté. Priorité est donnée à ce chantier difficile et coûteux. Le projet de bains-douches est repoussé à plus tard….
Mireille GRAIS-BRUGUIÈRE

A Sommières en 1911, l'adjudication du monopole de l'Esplanade.

C’est Fernand Simon qui emporte les enchères à la bougie, pour 200 francs. Le monopole de l’Esplanade comprend : exploitation de débits de boissons, restaurant, spectacles de plein air, jeux de boules
Bernard PAGÈS

Les débuts de l'Office de tourisme

Créé en 1937 par Raoul Gaussen, le premier « syndicat d’initiative » était installé à la place de la République où se trouve le Petit Bourguet.
L’un des premiers bénévoles était l’ancien coiffeur Raoul Therre. Son travail consistait à encaisser les cotisations des commerçants et, à la belle saison, de recevoir et renseigner les touristes sur les richesses de la ville qu’il acceptait de faire visiter
Par un après-midi d’été très chaud, lorsqu’un groupe de « parisiens » demanda de visiter la tour et le château, on leur a répondu : « Vous êtes malades ! Il fait tellement chaud là-haut que les serpents y meurent. ! Venez plutôt dans les rues basses, c’est plus beau et il y fait meilleur » !
(Merci à Y. Mourret pour les photos et l’anecdote)

Quelques questions au sujet des distilleries de Sommières au XIXème siècle

Dans son ouvrage « Sommières – promenades à travers son passé », Ivan Gaussen évoque les distilleries (d’essences de plantes, pas d’eau-de-vie) de Sommières au XIXème siècle. Il en mentionne trois : Runel, Ducros et Paulet & Pascal, puis fait un historique de Paulet & Pascal qui semble avoir été la plus importante.
Paulet & Pascal a été probablement fondée par César Constantin Pascal (né à Sommières le 11 mars 1834 et décédé à Sommières le 14 mars 1898) et Louis François Paulet, né au Vigan le 13 juin 1826.
Par ailleurs, des recherches sur internet m’ont permis de trouver une publicité de 1883 pour une distillerie Pascal et Cattin. Ce Cattin pourrait être Pierre Victor Cattin né à Commelle dans l’Isère le 16 juillet 1836 et marié à Héloïse Manse à Sommières le 27 avril 1866. Ce personnage est évoqué dans l’historique de la Villa Héloïse que SSH a déjà publié.
Quelques questions pour lesquelles j’apprécierais que nos nombreux et savants lecteurs puissent apporter des réponses :
Cette distillerie Pascal & Cattin est-elle la même entreprise que Paulet & Pascal ?
Quelqu’un parmi nos lecteurs possède-t-il des informations sur ces distilleries (dont Runel et Ducros), notamment sous forme de publicité ou de factures ?
A quelles dates ces différentes distilleries ont-elles disparu ?
Où étaient-elles situées dans Sommières et en reste-t-il des traces ? (d’après Ivan Gaussen, la distillation était parfois effectuée par des alambics ambulants, directement dans la garrigue).
Merci d’avance pour toute information sur ce sujet qui pourrait être évoqué dans un bulletin à venir.
Jean-Louis BARBUT

Une habitante de Villevieille morte à 107 ans…

Article paru dans la Gazette à Paris en 1763 où l’on trouve dans la rubrique des faits divers, divers articles : Traitement de la soie, une nouvelle carte du Portugal, la culture du genêt d’Espagne utile pour les abeilles, des lampes du sieur Robinau, la vente d’une ardoisière à Rocroy, des cours de change, une traduction de Héroïde d’Ovide et ….
Une habitante de Villevieille morte à 107 ans….
Gazette de Paris à laquelle le seigneur de Villevieille était abonné.
… Elizabeth Delon, veuve en premières noces d’Antoine Nicol, négociant de Villevieille près Sommières en Languedoc et en secondes noces de Jean Gaussen aussi négociant, est morte audit lieu de Villevieille le 18 aout dernier, agée de 107 ans accomplis, étant née le 18 aout 1655. Elle avait plusieurs enfans de son premier mariage et deux du second dont une fille qu’elle mis au monde à 55 ans et qui est mariée au sieur Bruguiere Chirurgien-Major du château de Sommières. Cette femme n’avait jamais ressenti la moindre infirmité de vieillesse, elle a conservé la mémoire et sa raison jusqu’au dernier moment. Elle était naturellement fort gaie, n’avait jamais bu ni vin ni liqueurs, elle allait une fois le mois à Sommières pour voir sa fille, quoique de Villevieille à Sommières il avait une descente assez rapide. Son âge qui lui attirait l’attention de tous les honnêtes gens, faisait qu’on s’empressait de la voir. A toutes les questions qu’on lui faisait, elle répondait avec une précision admirable, tant sur le passé que sur le présent….

Une religieuse autorisée à se rendre aux bains de Balaruc

Cette religieuse est une moniale du couvent des Ursulines (voir divers articles de SSH) installées depuis 1660 en haut de la Taillade (médiathèque actuelle). Chargées de l’éducation des jeunes filles pauvres (et d’anciennes protestantes), elles vivent en communauté cloitrée après avoir prononcé des vœux, issues de la petite noblesse locale, elles apportent une dot (somme d’argent) en entrant comme novices. Les tâches domestiques et séculières sont effectuées par des converses (pas de vœux) issues elles, du monde rural.
Le document est une autorisation de l’évêque de Nîmes à la sœur saint Bruno pour se rendre aux bains de Balaruc pour le « rétablissement de sa santé ». Balaruc connu depuis l’époque romaine, mais surtout depuis la Renaissance est toujours en activité de nos jours. Eaux chaudes salées et minéralisées, elles étaient utilisées en bains ou en boissons.
Permission à une religieuse de sortir de la clôture de son monastère,
Nous Charles Prudent de Becdelièvre, evêque de Nismes et vu le certificat du medecin, avons permis et permettons par les présentes à nôtre très chere fille de notre seigneur la sœur de st Bruno religieuse au second monastère de ste Ursule de cette ville de sortir de la clôture de son monastère pour aller à Balaruc pour prendre les bains dont elle a besoin pour la rétablissement de sa santé : consentons qu’elle s’adresse pour la confession aux curés, et leur defaut aux prêtres approuvés de l’ordinaire des lieux où elle se trouvera. Donné à Nismes le 13 may 1778.
Bernard PAGÈS

Liqueurs et spiritueux

Voici le document d’un fabricant de liqueurs et spiritueux qui possède une propriété viticole à Sommières et un entrepôt pour la vente et la préparation des commandes qui sont expédiées en France et à l’étranger, par l’intermédiaire de la gare de Sommières du réseau PLM (Paris- Lyon à la Méditerranée), utilisé aussi des voyageurs de commerce qui sillonnent les régions.
A Sommières en 1880, c’est tout un monde de négociants, courtiers, distillateurs- fabricants d’eaux de vie qui profite des nouvelles techniques qui facilitent le commerce : le télégraphe électrique et le réseau très dense des chemins de fer.
Bernard PAGÈS

De très vieux footballeurs

Voici sans doute l’une des plus ancienne photographie de l’Union Sportive Sommiéroise. Elle date de 1910. Les noms des footballeurs ont été inscrits au dos par Aimé Barbut :
Debout, de gauche à droite : Léon François PLANE, Jean ROQUE, Paulin Martin CAYROUX, Louis Pierre Maximin CAUSSE, André Aimé ROUVIERE, André Aimé PERRIER, Charles Auguste LAMBERT.
Assis de gauche à droite : Emile Clément Romain RAYAN, Charles Victor Raoul MASSE, Aimé Paul BARBUT, René MAUREL, Charles Jean Joseph CATALOURDA
A la déclaration de guerre, le 2 août 1914, ces jeunes hommes seront mobilisés ; 4 ne reviendront pas : Jean ROQUE († 1914 à l’âge de 22 ans), Paulin CAYROUX († 1915 à l’âge de 21 ans), Louis CAUSSE († 1916 à l’âge de 43 ans), et Charles LAMBERT († 1914 à l’âge de 22 ans).
Mireille GRAIS BRUGUIÈRE

Football en 1940

Voici une affiche conservée aux Archives communales de Sommières destinée à annoncer un match de football opposant l’Union sportive sommiéroise au Gallia club de Lunel le 6 octobre 1940 à Galargues (Petit Galargues comme on disait alors).
Il est amusant de constater l’appellation de « match de propagande » employée quelques semaines après la signature de l’Armistice, signé le 20 juin 1940 entre la France et le IIIe Reich…
Les rencontres entre le Gallia club de Lunel et l’USS ont été très fréquentes (coupe du Vidourle, coupe Charles Gaussen…) Celle-là était l’une des premières, sinon la première.
Sous les noms des joueurs sommiérois figure l’information suivante : « Les joueurs devront se retrouver devant le siège à 15h30 où il leur sera distribué un maillot et une paire de bas qu’ils devront rendre après le match. »
Il est aussi précisé que les joueurs doivent se rendre à Galargues à bicyclette… ce qui désavantage franchement les Sommiérois.

Le foot à Sommières

Non, il ne s'agit pas d'un match de la coupe du monde de football au Qatar, mais plus simplement d’un match de division d’honneur de la saison 1951-1952 que opposait l’USS de Sommières à l’équipe de Nîmes. Sous cette photo publiée dans Midi Libre on pouvait lire : Le gardien de but de Sommières, Mouret, dégage au poing sur la tête de l’avant centre de Nîmes, Boule. On reconnait également Justet et Maurel, défenseurs de l’USS.
Sommières avait perdu le match. L’arbitre qui s’appelait Monsieur PY, n’avait pas été très bon. A la fin du match, dans les vestiaires, Mouret lui a dit « oh collègue ! le professeur de math m’a appris que Py égalait 3,1416, il s’est trompé car vous c’est zéro !» Cette remarque a valu à l’USS un blâme de la fédération, mais le jeune Mouret a tout de même conservé son poste de gardien de but faute d’autres candidats…
Merci à Yves MOURET, site Papipacon

Gabriel Boissy "le père de la flamme"

Chaque 11 novembre depuis 1920, la République honore les citoyens « Morts pour la France » lors de cérémonies aux monuments aux morts. A Paris le Président de la République ranime la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe. On ignore toutefois, que Gabriel Boissy qui est à l’origine de cette flamme repose au cimetière de Souvignargues.
Gabriel Boissy est en 1879 à Lonzac en Corrèze. Passionné de théâtre, il participe à la refondation des Chorégies d’Orange tout en organisant diverses autres manifestations théâtrales. Il entame une carrière de journaliste, d’homme de lettres et de critique théâtral.
En 1914, il est mobilisé au 81e RI et combat à Verdun où il est grièvement blessé. A la fin de la guerre il devient directeur d e l’information au journal L’Intransigeant. C’est lui qui a alors l’idée d’une flamme qui brûlerait en permanence sur la tombe du soldat inconnu à l’Arc de triomphe. Cette idée soulève l’enthousiasme. Le 11 novembre 1923, le ministre de la guerre, André Maginot allume la flamme pour la première fois devant 300 000 personnes. Depuis 99 ans, elle est ranimée chaque soir et ne s’est jamais éteinte.
Gabriel Boissy est mort le 23 septembre 1949 à Biot. Il est enterré à Souvignargues, village d’origine de sa femme Marie-Rosine Boissier, épousée en 1915. Lorsque le couple venait à Souvignargues, il résidait dans la maison familiale située sur le Plan.
Le tombeau ignoré et abandonné a été restauré en 2012. Une cérémonie en hommage à « l’inventeur de la flamme » organisée par la mairie à lieu chaque année en présence des habitants du village, des anciens combattants, du Souvenir Français et des Gueules cassées. L’ancienne rue de du cimetière a été rebaptisée rue Gabriel Boissy.
Mireille Grais-Brugière

Tour de Babel, phare d'Alexandrie ou minaret ?

Nous connaissons depuis longtemps cette gravure de Sommières datée de 1573 réalisée, selon la légende, par Jean Lefèvre, « graveur d’histoire » lyonnais. Si cette représentation « aérienne » de Sommières confirme la fantaisie dont faisaient preuve les artistes de l’époque quant au respect des dimensions et des perspectives, il n’en reste pas moins qu’un élément particulier attire l’attention. Personne pourtant ne semble avoir relevé l’architecture étrange de cette sorte de tour étagée que l’on peut voir comme le phare d’Alexandrie, la tour de Babel dont les représentations s’en seraient inspirées ou un minaret en miniature.
L'emplacement : la tour est approximativement située au « Plan de l’Oly », c’est à dire, comme nous l’avons vu dans un précédent article, là où se trouvait l’église primitive St Pons, quelque part entre la rue de la Taillade et le château.
La base : petite terrasse surélevée enceinte d’un rempart, nommée braie, fausse braie ou chemise, en forme d’amande, elle est clairement inspirée de celle de certaines forteresses caractéristiques du XIIe siècle, comme à Chatillon-sur-Indre (Illustration, 36), La Roche-Guyon (78), Château-Gaillard (27) ou Gisors (27), bien loin de Sommières !
La tour : elle est étagée et très ajourée, sans signe distinctif si ce n’est, peut-être, une archère-canonnière confirmant son caractère défensif. Il peut s’agir d’une vue d’artiste, comme d’ailleurs beaucoup d’autres éléments de ce plan.
En observant le dessin en couleur de la même année, on peut se demander si l’un n’aurait pas inspiré l’autre. Celui-ci représente la ville depuis « l’arrière ». On distingue de part et d’autre de l’église en ruine des rangées de tonneaux, les mêmes ou presque que celles de la gravure.

Même si on concluait que cette tour était en réalité l’église avec un clocher à son sommet, on se demande bien ce qui a poussé Jean Lefèvre à nous laisser une si mystérieuse représentation...
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
Toute information sur une tour ressemblant à celle-ci sera la bienvenue

Les sapeurs pompiers de Sommières

Il faut attendre le 31 août 1790 pour trouver la mention d'un incendie.
Monsieur Berchambet, procureur de la commune de Sommières, décrit de gros incendies les 10 et 17 août provoquant d'importants dégâts : « La maison du Sieur Viger, « Conseiller » brûla, les secours auraient suffi à arrêter le feu, si les urnes spécifiques au transport de l'eau ne leur avaient manqué. Deux familles se trouvent dans la misère, leurs biens étant partis en fumée. Dans toutes les villes bien pourvues, on trouve à l'Hôtel Communal des seaux en cuir, des pompes en nombre suffisant, suivant le nombre d'habitants de la commune et des environs. Une demande a été faite au Conseil Municipal pour l'autoriser à faire une dépense de 1000 livres pour l'achat de 100 seaux en cuirs. »
Compte tenu des nombreux sinistres causés par le feu dans notre ville, la création d'un corps destiné à combattre ce fléau s'avéra nécessaire, mais il fallut attendre soixante ans.
Emile Boisson Maire
« Monsieur le Maire a exposé que dans le but de pourvoir à une nécessité unanimement reconnue, celle de l'organisation en ville d'une compagnie de sapeurs-pompiers, il avait dès le mois de novembre dernier et presque immédiatement après son entrée dans l'administration, fait appel à ceux de ses concitoyens dont les métiers et professions seraient en rapport avec la construction des maisons et bâtiments ; que plusieurs y répondirent, mais que ce projet ne put alors recevoir une exécution immédiate.
Cependant le même besoin existait, lorsqu'un dévouement honorable de la part d'un certain nombre de citoyens jaloux de s'associer à une mesure d'une utilité aussi évidente, est venu en aide à l'administration municipale.
Ces citoyens sont venus spontanément s'offrir pour former le noyau de la Compagnie en prenant l'engagement écrit de s'habiller et de s'équiper à leurs frais.
L'administration a dû accueillir avec reconnaissance et empressement cet élan généreux et sur le champ, après avoir fait un nouvel appel aux autres citoyens, elle s'est mise à l'œuvre ; et par un arrêté du 25 avril dernier, elle a dressé le règlement constitutif d'un Corps Municipal de Sapeurs Pompiers.
….Mais comme cette organisation serait sans résultat utile, s'il n'est fourni à la compagnie une pompe à incendie avec les accessoires convenables, Monsieur le Maire propose au Conseil Municipal l'achat de cette pompe et lui demande de voter la dépense nécessaire pour cet objet.
C’est le 15 mai 1849,que l’on trouve une délibération autorisant la dépense d’une somme de 800 F pour l’établissement d’une pompe à incendie..
Sur quoi le Conseil Municipal arrête à la majorité de douze voix contre trois
Monsieur le Maire est autorisé à faire l'achat d'une pompe à incendie d'une valeur de 800 F. ».
Le règlement concernant l'organisation du Corps des sapeurs- pompiers de notre ville a été approuvé le 25 avril 1849 par le Ministre des Travaux Publics, Monsieur Lacrosse
- Tous les membres du Corps des Sapeurs Pompiers restent étrangers au service ordinaire de la Garde Nationale.
- Les officiers sont nommés par le Préfet sur proposition du Maire
En ce qui concerne les uniformes deux tenues sont prévues :
Les sapeurs-pompiers sont équipés et habillés à leurs frais. Une somme de 100 F est votée le 2 septembre 1849 pour dédommager les frais d'équipement et d'habillement, sauf pour le fusil qui est fourni par l'État ; les deux tambours sont habillés et équipés par la ville.
Le service des sapeurs-pompiers est gratuit, toutefois ils peuvent recevoir des gratifications ou des récompenses qui sont accordées au Corps par les compagnies d'assurance ou les particuliers incendiés et dont l'acceptation a été autorisée par le Maire.

Une inscription tombale énigmatique

Au cimetière de Sommières se trouve la tombe de plusieurs membres de la famille de Claude Émile Boisson (1794-1865), notaire, maire de Sommières de 1848 à 1856, auteur d’un célèbre ouvrage historique sur Sommières. Il s’agit d’un monument commun avec la famille Chrestien, dynastie de notaires alliée aux Boissons. Le monument est en mauvais état et plusieurs des plaques portant les noms des défunts sont éparpillées sur le sol, mais restent néanmoins parfaitement lisibles.
Parmi celle-ci, la plaque de l’épouse de Claude Émile Boisson sur laquelle on lit :
Émilie Boisson née Castel, décédée à 74 ans le 8 mai 1875
(Claude Boisson a effectivement épousé le 22 avril 1820 Marie Émilie Castel, née le 10 novembre 1798 à Sommières.)
Le registre des actes de décès de Sommières peut être facilement consulté (aux Archives Municipales, mais aussi sur le site internet des Archives Départementales), et là, oh surprise, à la date de 8 mai 1875 se trouve l’acte de décès de Pierre Castel, valet d’écurie, époux de Jeanne Boisson, décédé à 62 ans !
L’acte de décès de Marie Émilie Castel, veuve de Claude Boisson est dans le même registre à la date du 14 avril 1874.
La date figurant sur la plaque tombale d’Émilie Castel épouse Boisson est donc celle de Pierre Castel époux Boisson.
Comment expliquer une pareille erreur concernant la veuve d’un ancien maire ?
L’inscription erronée n’a pu être gravée qu’après la date qu’elle comporte, donc plus d’un an après le décès d’Émilie Castel. Or il est peu probable que sa famille ait attendu un pareil délai pour faire rédiger l’inscription
L’hypothèse la plus vraisemblable serait que par malveillance ou accident, la plaque tombale initiale se soit détachée et cassée, peut-être de nombreuses années après le décès. Les descendants auraient alors demandé qu’elle soit refaite, et ne connaissant plus la date de décès de leur ancêtre, c’est un employé municipal qui aurait recherché dans les registres. Celui-ci se serait contenté du premier Castel/Boisson sans vérifier ni les prénoms ni le sexe.
Mais peut-être un de nos fidèles lecteurs aura-t-il une autre explication ?

Le moulin de Saint-Amand dit moulin rout

La communauté de Sommières possédait 4 moulins sur Vidourle dont l’origine remonte certainement au moins au XIIe ou XIIIe siècle. Utilisant la force motrice du fleuve, ils étaient soit « bladiers » (à blé et autres céréales), soit « drapiers » ou « paraïre de draps » (foulon, pour assouplir les textiles). Les moulins à olives, moins gourmands en énergie, se trouvaient sur des petits cours d’eau ou pouvaient être actionnés par des bêtes de somme. Gravevesse anciennement appelé Bragavesses était un moulin drapier, les moulins de la porte de la Grave et de Garanel étaient bladiers, ce dernier étant en fait constitué de deux moulins, un grand, côté fleuve et l’autre, petit, à l’opposé.
Le moulin de Saint Amand ou du Bout du Pont était d’abord bladier. En 1556, Pierre Boyer, un marchand de draps d’Uzès désirant s’installer à Sommières, propose de le transformer en moulin drapier en demandant une exonération d’impôt sur plusieurs années et un emprunt financier. L’essor de cette industrie pousse les sommiérois à accepter son offre. Les travaux sont confiés à Etienne Pastre de Chaliers dans le Cantal qui équipera le moulin de quatre « masses ». Le marchand d’Uzès s’installe avec son teinturier, son meunier et son tondeur (de draps).
Rout, Roupt ou Roux ?
Ce n’est que vers 1650 que l’on trouve la dénomination de moulin rout ou roupt, ce qui signifie rompu, cassé. Vidourle, l’abandon et/ou les guerres auront finalement eu raison de lui et en 1725 il sera démoli ne laissant qu’un grand mur.

Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D'après les Archives Municipales de Sommières en ligne sur le site BROZER Téléarchives
Autre source : Vidourle et Vidourlades
https://issuu.com/furax37/docs/vidourleetvidourlades (Les moulins p.51)
Source illustration foulon : Fédération des Moulins de France (fdmf.fr)

Le mas des Courges

Le Mas des Courges faisait partie du Domaine de Bousquery cultivé en vigne, céréales et arbres fruitiers. Il s'étendait sur l'emplacement de l'actuel "Frigoulier" et comportait trois parties distinctes : au bout du Chemin, la maison du propriétaire du domaine entourée de grands arbres ( c'était la résidence d'été de l' évêque de Nîmes ) Appartenait-il à l'évêché?
En descendant le chemin menant à la route de Salinelles, sur la droite,était située la ferme avec les chevaux et les instruments agricoles, où logeait le fermier et sa famille. Il existait entre le domaine et la ferme une noria avec des godets fixés sur un chaîne pour remonter du puits, l'eau destinée également aux animaux. Elle était mue par la force animale. Elle fonctionnait encore il y a quelques dizaines d'année....
Tout au bas du chemin se trouvait le jardin potager qui s'étendait jusqu'au bord du Vidourle avec la maison du jardinier : Le Mas des Courges.
Il y avait une autre noria, qui a été récemment restaurée.

Mais où sont passées les vendanges d'antan ?

Nous avons appris par la Presse que « les Vignerons des Terrasses du Vidourle » à Villevieille, vendangent cette année depuis le 12 août. La précocité des vendanges étant due à la période de grosses chaleurs depuis la fin mai. Cet article précise que sur le territoire des « Terrasses du Vidourle », les vendanges se font toutes maintenant avec des machines à vendanger. Elles permettent le travail de nuit, à la lueur des phares, à partir de quatre heures du matin afin de récolter des raisins plus froids qu’en plein jour.
On ne peut que regretter, avec nostalgie, l’époque pas si lointaine, où la cueillette des grappes se faisait à la main. On pouvait croiser des charrettes avec leur pastière, à l’arrière desquelles étaient assises les vendangeuses se rendant à la vigne.
Les vignes s’étalaient de chaque côté du Vidourle dans la traversée de Sommières. Sur la rive droite, celles du Mas de Bousquery de Mme Girard et d’autres propriétaires s’étendaient jusqu’au bas de la colline de Montredon. Elles ont maintenant disparu, remplacées par des lotissements, des HLM, des parkings et par le collège Gaston Doumergue.
Sur la rive gauche elles ont cédé leur place au camping, aux terrains de tennis et au parking. Même celles qui bordaient la route de Saussines ont été arrachées pour de nouvelles affectations.
Les cartes postales que nous avons retrouvées témoignent de ce passé viticole. Le bâtiment de la cave coopérative, profondément remanié, existe encore mais on n’y vinifie plus la vendange. Toutefois on y trouve d’excellents cépages, que nous vous incitons à venir déguster....avec modération .
Gérard GUIRAUDET

Une femme en noir abandonne son enfant et s'enfuit avec un chevalier

Samedi 1er janvier 1661, vers 7 heures du soir, « certaines personnes auraient apporté un enfant au bourg du Pont qui a été exposé sur un tablier (étal) proche de la maison du Sieur DE PRADES ». Deux consuls se rendent sur les lieux pour en savoir plus et placer l’enfant en nourrice afin qu’il ne « périclite pas ». Les voisins racontent qu’une femme habillée de noir portait un enfant dans ses bras et demandait la maison de M. DE PRADES, ce qui lui fut indiqué. L’obscurité a empêché les témoins de voir ce qu’il était advenu de l’enfant. Des muletiers venant de Montpellier disent avoir croisé près du pont de Boisseron « une femme habillée de noir montée sur un cheval blanc accompagnée d’un jeune homme vêtu de draps gris portant un juste au corps tout neuf » !
Quatre hommes sont envoyés pour traquer les fugitifs afin de «les mettre en justice et poursuivre contre eux telle punition qu’un tel crime peut mériter ». Ils sont rattrapés à Restinclières et ramenés dans la maison de M. DE PRADES où la femme avoue son forfait. Les officiers royaux de Sommières mènent l’enquête et mettent les deux individus en prison.
La communauté porte un grand intérêt à cette affaire « voyant journellement exposer des enfants de cette manière que l’hôpital est contraint d’entretenir à grands frais ».
Il n’y a malheureusement pas de suite à cette narration en forme d’énigme. On ne connaîtra sans doute jamais la sévérité avec laquelle ont été traités les protagonistes dont on ignore l’identité, ni les raisons qui les ont poussés à commettre un tel acte ...
Texte original : Délibération municipale du 1er janvier 1661, Archives Municipales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives (BB21 vue 195)
Illustration : Photomontage
Nicolas LAWRIW
mvic.fr

Rue Mazelle

C’est le livre d’Aimé Jeanjean sur les « Vieilles rues de Sommières » qui nous fournit le sujet de cette rubrique.
De l'occitan - Masèl - boucherie, abattoir.
Au XVIe siècle : lieu d'abattage du gros et menu bétail.
Documents : 14 germinal an IV (3 avril 1796) - Propreté des Rues et salubrité de l'Air.
« Art. 4 - Il est également défendu à tout boucher ou autre qui tuent de la viande, d'égorger devant leurs boutiques et de jeter (sic) et de laver dans la rue, aucune immondice provenant de la bête égorgée.
- 6 sept. 1806 - « Art. 6 - Boucheries et charcuteries. Il est défendu aux bouchers et charcutiers de tuer aucun bœuf, mouton, brebis, agneaux, ou cochons qui soient atteints de maladie ou qu'ils soient de mauvaise qualité.
           Il est défendu aux bouchers de vendre de la chair de bestiaux qui sont morts à la campagne ou vulgairement dits « bêtes tombées ».
           Il leur est défendu de vendre de la viande qui soit gâtée ou mal saine.
           Il leur est défendu d'égorger des bestiaux dans les rues et places publiques ni de les y exposer pendant que le sang en découle encore de manière à salir les dites rues et murailles.
          Il est défendu aux bouchers de vendre la brebis au même prix du mouton non plus que de le faire passer pour des agneaux et à cet effet il leur est enjoint d'avoir tout le temps qu'ils tuent des brebis un banc séparé pour le débit d'icelles.
          Les bouchers doivent en tout temps tenir une quantité de viande suffisante aux besoins journaliers des habitants et surtout des malades.
Il est enjoint à tous les bouchers de soigner leurs peaux et leur graisse de manière qu'elles ne puissent causer aucune infection dans leur voisinage.
Photos : M Sagon

De quand date "Les remparts de Sommières" de Jacqueline Gaussen Salmon ?

Frédéric Gaussen, attentif lecteur du bulletin SSH, nous a gentiment signalé qu’une regrettable coquille nous a fait dater de 1898 le tableau qui orne la couverture du bulletin n° 29, récemment paru.
Cette date est d’autant moins possible que l’artiste est née en 1906 !
Frédéric nous précise que :
«la date exacte est 1936. (C’est le n° 69 du Catalogue raisonné et ma mère avait 30 ans). Le tableau porte au dos la mention : « Pour la ville de Sommières. 1936 ... »
Profitons de cet erratum pour rappeler que l’exposition temporaire consacrée aux œuvres de Jacqueline Gaussen-Salmon est ouverte jusqu’au 1er octobre 2022 (chapelle des Ursulines) , et que le bulletin SSH n° 29 (2022) est toujours en vente (18 €) à Sommières à l’Office de Tourisme et à Librairie de l’Avenir (place Jean Jaurès).
(la date fautive de 1898 était celle du tableau de Max Leenhardt illustrant la couverture du bulletin n° 28)
Photo du tableau : Max Sagon

Villa Héloïse

Connue par les sommiérois sous le nom de « Villa Lantairès ». Elle figure sur le plan de 1890. Sa construction est donc antérieure.
Sur le plan son propriétaire est CATIN Victor (maison n° 1135). (Graphie du cadastre).
Mlle Juliette, Louise, Angèle LANTAIRES née le 1 octobre 1902 était la fille de Louis Frédéric LANTAIRES et de Marie, Isabelle CATTIN (Graphie de l’Etat Civil). C’est donc par héritage de sa mère Mlle CATTIN (CATIN ) que Juliette est devenue propriétaire de la villa.
Quant au prénom Héloïse, je pense avoir l’explication : Mlle Cattin Marie Isabelle était la fille de Pierre Cattin et de MANSE Françoise Héloïse née le 4 juin 1842 et mariée le 28 avril 1899). Victor était sans doute le père de Pierre.
Les Manse faisaient partie des riches familles catholiques de l’époque ; ils ont dû donner le prénom de la mère lorsqu’ils ont fait construire la villa pour leur fille à l’occasion de son mariage.
Un mur et un jardin occupaient alors le passage donnant accès maintenant à la route de Montpellier. Lors de chaque inondation ce mur construit perpendiculairement au Vidourle était démoli par le courant.
Aimé JEANJEAN, Gérard GUIRAUDET
Illustration : La villa Héloïse après inondations 1907

Combattre les incendies avec des... seringues !

Après la glace, le feu ! L’agglomération des maisons en cités denses a fait naître le danger du grand incendie qui se propage rapidement d’habitation en habitation. Pour éviter que les flammes ne détruisent toute la ville, nos lointains ancêtres n’avaient guère que leurs bras et des seaux.
Le XVIe siècle a vu apparaître les premières machines à eau, avant même les pompes qui donneront leur nom aux pompiers. C’est ainsi que le 8 novembre 1565, le premier consul de Sommières propose « qu’il serait bon d’acheter quatre seringues pour promptement arroser les feux qui se mettraient aux maisons de la ville ». Malgré le contexte des guerres de religion, le conseil ne lui en accorde que deux, certainement à cause d’un prix élevé.
Il s’agit soit de seringues manuelles en étain ou en cuivre également appelées seringues d’Allemagne, soit de grandes seringues à manivelles, montées sur un charriot, plus efficaces contre les incendies de maison. Il faudra encore attendre plusieurs siècles d’évolution pour que nos courageux pompiers soient bien équipés contre ce fléau qui nous menace tant en ces temps de canicule !
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D'après les archives municipales de Sommières en ligne sur le site BROZER Téléarchives (BB5, vue 380)
Note de Bernard PAGÈS :
En 1790 à la suite de l'incendie de la maison Viger et devant le manque de matériel , la communauté emprunte pour acheter 100 sceaux de cuirs pour combatre le sinistre et remplir la cuve d'une pompe à bras. BROZER telearchives (BB37 vue 279)

Fabrication des pains de glace

Par ces temps de canicule, on aspire à se rafraichir et à se désaltérer avec de l’eau fraîche de préférence. Il suffit de se servir à la bouteille d’eau que l’on a préalablement mise dans le réfrigérateur. Ce n’est que dans les années 1950, que cet élément de cuisine, essentiel de nos jours, fut introduit en France. Comment pouvait-on boire frais, alors ? Certaines maisons possédaient un puits permettant d’accéder à la nappe phréatique, située au pied de la Coustourelle, dont l’eau était plus fraîche que celle du réseau urbain. Mais, ce qui était le mieux, en la matière, c’était de détenir un meuble étanche, aux parois isolées, avec une porte dotée d’un joint, pour une fermeture hermétique qu’on appelait « une glacière » On plaçait dans cette glacière un bloc de glace, puis on pouvait y mettre des bouteilles de boissons et des aliments à conserver, jusqu’au lendemain !
Mais, ces blocs de glace, où pouvait-on se les procurer ? C’est à ce moment que se sont mis en place des fabricants de pains de glace. Il y en avait trois à Sommières : Lambert, rue Emilien Dumas, Galibert, route de Saussines et Darit, route d’Aubais. Le principe de la fabrication des pains de glace ressemblait à celui de nos congélateurs. De l’eau de source, ou de la nappe phréatique, était versée dans des moules en zinc, de forme parallélépipédique, de dimensions: 100x16x12. Alignés dans un réceptacle appelé « piscine » où, après adjonction d’un gaz (R 22 ou Fréon 22) et propulsion d’eau par l’énergie électrique, la piscine se transforme en congélateur et la température descend jusqu’à : -11 degrés. Au bout de 20 heures, les pains de glace sont formés et peuvent être démoulés.au fur et à mesure de la demande. Les cafetiers, bouchers et charcutiers bénéficiaient d’une livraison spéciale. Les particuliers venaient chercher leur quart ou demi pain qui leur était débité, au pic à glace. Et après les avoir soigneusement enveloppés dans un tissu épais, pour retarder leur fonte, ils les plaçaient dans leur glacière.
Gérard GUIRAUDET

Jacqueline Gaussen Salmon (1906-1948)

A l’occasion de l’exposition temporaire consacrée à l’œuvre du peintre Jacqueline Gaussen-Salmon à la chapelle des Ursulines, SSH vous présente la femme, l’artiste et le peintre.
Jacqueline Salmon, née le 1 mai 1906 dans une famille bourgeoise s’intéresse très jeune à la peinture. Après avoir fréquenté diverses académies, elle entre aux Beaux-arts en 1926 dans l’atelier de Pierre Laurens où elle reste 3 ans.
En 1928 elle épouse Ivan Gaussen, chef de cabinet du directeur de l’Assistance publique de Paris originaire de Sommières et félibre. Avec lui, elle découvre la campagne languedocienne qu’elle va peindre à maintes reprises : les remparts de Sommières, la Vignasse et la Coustourelle, les rives du
Vidourle, les toits de la vieille ville, les capitelles et les masets, les ruines de Montredon, le château de Villevieille ... mais aussi des scènes plus typées comme la Foire aux ânes à Sommières en 1930.
Dotée d’une sensibilité toujours en alerte, elle réalise aussi des portraits de ses enfants, des natures mortes ainsi que des aquarelles, des dessins et des gravures sur bois.
Très angoissée par la déclaration de guerre, à partir de 1939 elle tient un journal dans lequel elle
consigne ses inquiétudes et ses angoisses. Elle en poursuit la rédaction jusqu’à sa mort en 1948. Le texte publié en 1992 sous le titre d’Une prière dans la nuit, journal d’une femme peintre sous l’Occupation est aussi une réflexion sur son travail de peintre, sur la passion qui l’anime et sur les difficultés qu’elle rencontre pour obtenir une reconnaissance. Pendant la guerre, elle peint surtout Paris où elle réside près de la place des Vosges. Sa peinture jusqu’alors fraîche et spontanée devient
plus dramatique et plus dense avec des touches épaisses travaillées au couteau.
Après la guerre, elle retrouve la lumière des paysages méridionaux qu’elle peint avec la volonté de rendre sensible la somptuosité de la nature. La peinture n’est pas un passe temps, c’est ma religion, c’est ma vie écrivait cette artiste exigeante et solitaire animée par un feu intérieur qui la pousse à peindre sans relâche jusqu’à sa mort brutale en 1948 à l’âge de 42 ans sur la plage de Maguelonne près de Montpellier.
Elle a laissé une œuvre abondante composée de deux cent cinquante toiles. Sommières en possède une quinzaine, exposées en permanence à l’espace Laurence Durrell. L’exposition temporaire en
cours complète le fonds permanent et permet d’avoir une meilleure approche de l’artiste au travers de portraits et de magnifiques nature-morte de fleurs.
Mireille GRAIS-BRUGUIÈRE

Sommières – Ambrussum : deux ponts aux destins opposés

En cette période de grande chaleur descendons le cours du Vidourle de Sommières à Ambrussum.

Nos lecteurs familiers avec l’historiographie sommiéroise ont dû remarquer que le pont romain de Sommières est un des rares édifices antiques dont le nombre d’arches croît avec le temps qui passe. Longtemps doté de 17 arches (par exemple par Grangent et Durand en 1821), les mesures effectuées en 2011 (DVD Le Pont de Sommières) lui en attribuent 20 (ou 21 ?), tandis que l’ouvrage publié en 2013 (Sommières – histoire urbaine ...) n’hésite pas à lui en donner 23 !
Quel contraste avec son voisin d’Ambrussum !
Réputé avoir eu 11 arches à l’époque antique, la tradition rapporte qu’il aurait cessé d’être utilisé à la fin du XIIIème siècle. Laissé dès lors sans entretien, les vidourlades successives le réduisent progressivement.
Une gravure de Anne de Rulman (1582-1632) au début du XVIIème siècle nous montre encore 4 arches.
La vidourlade du 18 novembre 1745 emporta deux arches. Pierre Prion, secrétaire du marquis d’Aubais décrit cette crue dans sa « chronologiette », et note :
« Le lendemain 19, on s’aperçut à la pointe du jour qu’une des grandes arcades du pont Saint-Ambroix, vulgairement appelé le pont rout La rapidité de l’eau jeta les pierres de cet arceau sur le rivage et la plus petite desquelles pèse plus de cent quintaux. »
Il raconte ensuite que « les académiciens de l’Observatoire de Montpellier ont député le sieur Campagne, personnage très docte pour le génie » afin d’étudier les pierres détachées de l’édifice.
Le pont était alors dans l’état où Courbet le peint en 1857 (2 arches et trois piles).
Enfin la vidourlade du 27 septembre 1933 emporta une arche pour le laisser dans l’état où il est actuellement : la dernière des arches ayant résisté aux vidourlades de 2002.

Sources : bulletin SSH n°12 2004 « Vidourle et vidourlades »
Le Pont de Sommières – redécouverte d’un pont antique habité, Sophie Aspord-Mercier et Laurent Boissier, éditions errance, 2011 (livre et DVD)
Sommières – histoire urbaine et monumentale d’une place forte et Languedoc oriental, sous la direction de Sophie Aspord-Mercier, éditions errance, 2013
La chronologiette de Pierre Prion (1744-1759), Fayard 2007.
Le tableau de Courbet est conservé au musée Fabre à Montpellier.

Délibération condamnant les "nouveaux catholiques"

« L’an 1712 et le lundy 29 jour d’aout après midy à la ville de Sommières dans la salle de l’Hostel de ville, le bureau de police assemblé ou se sont trouvés M° François de Bérard, Jean Baumet, Pierre Espinasse, Garisson consuls et lieutenants géneraux de police. Pujols docteur, Terrier chirurgien, Daroussin composant le bureau de police.
Par le premier consul a esté fait raport au bureau que Mr le curé de cette ville ayant esté averty que les nommés Sabatiet, Croye, Cabane, Couleron dit le mitron, Paladan boulanger, Capion et Dupuy tous nouveaux catoliques (donc anciens protestants) avaient joué au balon publiquement le 15 aout feste de l’Assomption Notre Dame dans le jeu de balon qui est dans le fossé de la ville joignant le cimetière depuis les sept huit heures du meme matin et que Mr le vicaire leur avait fait la correction ce qui ne les avaient pas empecher de continuer leur partie et mesme de recommencer le mesme jour et auraient continuer pendant le temps qu’on chanté vespres et procession pour le vœu du Roy, ce qui oblige Mr le curé de dénoncer au maire Mr de Moissac pour faire condamner ces délinquants en l’amende telle qui la mérite du bureau de police.
Autre rapport au premier consul par ledit curé luy dénoncer comme le 25 aout feste de la Saint-Louis Roy de France, le nommé Moulherac masson architecte, au mépris de la feste travailla publiquement, avec onze autres tants carriers, manœuvres que massons, ce quy causa un grans escandale et qui mérite chatiment, que depuis ces dénonces Mr le curé a réiteré par un libéllé le 26 de ce mois au sieur Garimond consul de faire assembler le bureau pour faire punir lesdits violateurs de festes et comme ces sortes de délits ne doivent rester dans l’impunité, il a convoqué et fait assemblé le bureau de police pour estre proceder contre ces violateurs de festes et de raison… »
Epilogue
Les joueurs de ballon déclarèrent qu’ils jouaient bien au ballon ces jours susdits mais cessèrent leur jeu pendant la célébration des offices et le déroulement des processions et offrent pour preuves de faire assigner des témoins. L’architecte accusé d’avoir fait travailler d’autres personnes les mêmes jours a dit « le travail qu’il fit estait pour soustraire le glacis du château de Sommières au-dessous des embrasures des canons qui soutient la terre sur 4 toises menacait ruyne et que cette réparation ne pouvait estre différé à cause du danger évident, sa faute n’ayant pas demandé la permission à Mr le curé, il requier le bureau de le renvoyer absous. »
 Le bureau de police attendra d’être plus informé du contenu de la « dénonce » et du sieur curé et des « dénégations » des joueurs de ballon. L’architecte sera condamné à 60 sols d’amende à verser à l’œuvre pieuse des Dames de la miséricorde.
Après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et devant les contraintes et les menaces contre leur religion, un nombre très important de protestants (RPR : Religion Prétendue Réformée) choisissent l’exil, les autres n’eurent que le choix entre l’abjuration ou la conversion : c’est les nouveaux catholiques ou convertis, mais gardant toujours leur Foi réformée maintenue clandestinement dans le secret des familles et le « Désert » des vallées cévenoles. Cette violence royale et cléricale contre la liberté de conscience va déclencher le soulèvement des Camisards en 1702.
A Sommières en 1712 si le clergé est sévère dans l’application des règles de la religion catholique, les autorités communautaires et la population manifestent peu d’enthousiasme à ces sanctions.
Archives communales de Sommières

La pierre d'encan ... ou pas ?

L’encan, c’est quoi ?
L’orthographe est assez moderne, pendant des siècles, à Sommières et ailleurs, on l’écrivait inquant, plus proche de son étymologie latine in quantum = à combien. L’encan désigne la vente publique aux enchères. Les rares mentions que nous en avons concernent des saisies de biens suite à des condamnations de la justice locale.
Une commission était prélevée sur chaque vente conformément à un privilège royal. Ce droit d’encan pouvait appartenir à un seigneur ou à la communauté d’habitants. Le plus souvent, il était arrenté (mis en rente). Contre une somme fixe annuelle versée au détenteur, le rentier qui animait les enchères en percevait les droits. Une table en pierre, unique, marquait l’emplacement où se déroulait le rituel.
Est-ce la bonne pierre ?
La pierre qui se trouve à l’angle des rues Paulin Capmal (anciennement de la Savaterie) et Narbonne nous est présentée comme celle ayant servi de pierre d’encan. On entend dire qu’elle trône là depuis des siècles. Le panneau explicatif suggère que l’on s’y hissait pour crier les enchères.
Au XVIe siècle et jusqu’en 1617, le droit d’encan était la propriété des seigneurs d’Aubais. Cette année là, il fut échangé avec la communauté des habitants de Sommières contre le devois (les bois) de Gavernes. Suite à de graves difficultés financières, il aurait été revendu en 1668 avec les moulins de la ville. Le droit d’encan s’élevait à un sol par livre soit 5%.
Nous savons désormais que la pierre d’encan se situait au bout de l’actuelle place Jean Jaurès, près de la rue qui va au pont. Elle n’était pas accolée à une maison, on pouvait en faire le tour. Il s’agissait d’une grosse pierre en forme de tablier (étal) et les choses y étaient vendues dessus, (étal), ce n’était pas une estrade. Détruite pendant les conflits religieux, on en fit tailler une nouvelle en 1583.
Il est plus probable que la pierre que l’on peut encore voir soit un vestige d’un autre tablier localisé juste en face et décrit dans un document de cette même année 1583. Les étals de marché en pierre, fixes, soumis également à certains droits, étaient nombreux. Toutefois, en l’absence de preuves irréfutables, on peut continuer à concéder que celle-ci est bien la pierre d’encan de Sommières que l’on aurait déplacée et conservée comme un symbole des anciennes coutumes.
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D'après les Archives notariales en ligne sur le site BROZER Téléarchives
Le devès de Gavernes, territoire réservé ou « defents » servait de pâturage aux animaux, pourquoi Sommières possédait ce territoire au milieu des terres des Baschi d'Aubais...? C'est un droit très ancien : vente en 1370 du « droit d'inquant, tables des marchands, four... » Sa définition qui ne varie pas sur les textes notariés et autres « droit d'inquant de la ville de Sommières des choses mobilières qui se vendent d'ancienneté à l'inquant public soit à la pierre dudit inquant que d'autres endroits dudit Sommières » on l'emploie aussi pour « saisie et inquant d'autorité de maison ».
Bernard PAGÈS

Urinoirs

Extrait du livre d'Aimé Jeanjean sur « Les vieilles rues de Sommières ».
22 novembre 1873
M. le Maire rappèle (sic) au Conseil qu'en votant la démolition de deux petites maisons situées sur la Place du Marché acquises à M. Léon Poussigue, on a eu en vue d'assainir les arceaux du Marché. Cet assainissement n'a été parfaitement obtenu qu'en interdisant le dépôt d'ordures sous ces arceaux et en empêchant par la pose d'une claire voie en bois, toute communication avec l'arceau situé près de la cave de la Commune.
Cette interdiction a eu le meilleur résultat sur ce point, seulement on n'a fait que déplacer en quelque sorte le dépôt de ces ordures et aujourd'hui ce dépôt a lieu principalement la nuit ou dans la soirée sur les quais où sont situés presque tous les cafés de la ville.
Un urinoir ou Vespasienne construite sur ce point serait d'une utilité incontestable.
D'un autre côté, il arrive souvent que beaucoup de personnes pour laver ou étendre le linge, ne peuvent communiquer avec les berges et le lit de la rivière qu'au moyen d'une échelle, ce qui n'est pas sans danger. Il serait utile de faire construire sur ce point un escalier qui permettrait de communiquer avec la rivière tant pour le lavage, l'étendage du linge que pour le dépôt d'ordures sous les arches du Pont.
Vu le détail des ouvrages à faire pour la construction d'un escalier avec pissoir sur le quay du midy et le plan dressé par M. Coulet agent voyer délibère...
13 Juin 1875 – Adjudication
L'Adjudication n'a pu aboutir faute de prétendants.
Ces travaux ont été exécutés et payés au moyen d'un crédit de 400 F.
SUPPRESSION DES URINOIRS
12 mai 1878
... Le dit urinoir offre des inconvénients qu'on n'avait pas prévus et qui ont motivé de nombreuses plaintes de la part des voisins - il répand en effet pendant les chaleurs de l'été des odeurs insupportables et malsaines ; de plus cet urinoir étant placé trop à découvert, les voisins sont souvent exposés à des vues indécentes.
M. le Maire propose de le supprimer tout en maintenant l'escalier de descente qui permettra le libre accès de l'arche où le public a l'habitude de déposer des ordures. Mais il est urgent de le réparer.
Les urinoirs mis en place à Sommières face à l'actuel Office du Tourisme, étaient probablement moins élaboré que les vespasiennes de Paris (photo)

Lawrence Durrell à Sommières

Durant l’été 1970, une équipe de la télévision est venue tourner un documentaire sur Lawrence Durrel à Sommières. Le film de 49 minutes alterne les entretiens entre Durrell et deux journalistes littéraires : Myriam Cendras (fille de Blaise Cendras) et Jean d’Ormesson (pas encore romancier à succès), des témoignages de personnalités diverses de Sommières sur leurs relations avec l’écrivain et des vues de la ville et de ses environs.
Outre quelques sommiérois non identifiés (mais que peut-être certains reconnaîtront ?), sont interrogés Yvan Gaussen, Marcelle la gouvernante de Durrell, François, propriétaire de l’auberge du Pont Romain.
Durrell est aussi filmé en compagnie de Blanco, le clochard.
Les scènes d’interview sont principalement tournées dans la maison de la route de Saussine, dans la garrigue près d’une capitelle, sur le pont de Salinelles, dans le lit du Vidourle, aux abords de la chapelle Saint-Julien (non encore restaurée) et dans le cimetière adjacent.
On aperçoit aussi furtivement quelques rues du centre historique (Taillade, Mazère, …), ainsi que Durrel assistant à une course de taureaux aux arènes.
Durrell parle de son œuvre littéraire et poétique, et de ses relations avec Sommières et les sommiérois. Il évoque aussi son travail de peintre (sous le pseudonyme Oscar Epfs) et de musicien. Il déclare notamment envisager de composer une comédie musicale sur les « trois derniers amours d’Ulysse ». Une assez longue séquence le montre chantant et s’accompagnant au piano (dans sa jeunesse, il gagna sa vie comme pianiste de jazz).
Son piano est à présent à la médiathèque Lawrence Durrel.
Cet intéressant témoignage sur Sommières 1970 est visible en totalité et gratuitement sur le site de l’INA :
Lawrence George Durrell : images de FranceVariances - 23.10.1970
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpf86641999/lawrence-george-durrell-images-de-france

Cardon : un curé dans la vie politique révolutionnaire

Après son mariage, nous avions quitté le curé constitutionnel Cardon en juillet 1792. Le dernier acte d’état civil qu’il signe « Cardon curé » est du 22 octobre 1792, l’avant-veille de l’instauration de l’état-civil républicain à Sommières (24 octobre 1792).
Les registres d’état-civil ne permettent donc plus de suivre ses éventuelles activités ecclésiastiques après cette date.
Il est néanmoins resté à Sommières et, un an plus tard, on retrouve la trace de ses activités administratives et politiques dans les registres de délibérations de la commune.
Ainsi le 21 brumaire an II (11 novembre 1793), à l’occasion de la destitution des membres de la municipalité favorables aux girondins, le « curé Cardon » devient, provisoirement, officier municipal, en remplacement du citoyen Viger, lequel devrait être nommé maire de Sommières.
Mais le 30 brumaire an II (20 novembre 1793) Viger déclare publiquement : «le vœu des sans-culottes de Sommières était que le citoyen Cardon curé fût élu maire, que quant à lui il n’acceptait la place que par soumission, qu’il nous assurait que personne n’était mieux dans le cas de la remplir que le citoyen Cardon par ses talents, ses lumières et la fermeté. Qu’il suppliait les trois corps constitués de vouloir bien le changer de place parce qu’il ne se sentait pas dans le cas de remplir les fonctions de la mairie avec tous les talents qu’elle exige comme le citoyen Cardon ».
Cette démission ne semble pas avoir été acceptée, puisque Viger prête serment comme maire le 1er frimaire an II (21 novembre 1793). Le lendemain Cardon est élu « officier public » (équivalent d’un adjoint au maire). La signature « Cardon officier » figure dorénavant au bas de la plupart des actes de la commune. Il rédige aussi et signe les actes d’état-civil.
Le 18 frimaire an II (8 décembre 1793), Cardon préside une séance extraordinaire de la société des sans-culottes de Sommières, dont il signe le compte-rendu « Cardon président » (voir les illustrations).
Il est intéressant de noter que le 1er nivôse an II (21 décembre 1793) la signature de Cardon ne figure pas au bas de l’arrêté demandant que « les richesses de l’église seront versées au trésor public après inventaire ». Elle figure cependant au bas de l’arrêté décidant de faire fondre la cloche de l’église le 11 nivôse an II (31 décembre 1793) et de celui décidant de transformer l’église en temple de la Raison le 23 nivôse an II (12 janvier 1794).
Le 1er pluviôse an II (20 janvier 1794), la municipalité enregistre une dénonciation, envoyée au «représentant du peuple dans les départements méridionaux », de plusieurs citoyens dont « le second nommé Cardon prêtre et curé, venu d’on ne sait d’où, a apporté avec lui tous les vices de ses pareils. D’abord souple et rampant, il se montra le chaud partisan du fédéralisme, c’est lui qui incitait les jeunes gens dans les cafés, qui leur disait que s’ils étaient quelques-uns à se joindre à lui, il se mettrait à leur tête pour marcher sur Paris, qu’il traitait de Rebelle. C’est lui qui, pour les mieux stimuler leur assurait qu’il s’était déjà fait inscrire et qui les traitait de lâches, voyant ses suggestions perfides ne pas réussir voulut les en punir en se couvrant du masque du patriotisme, en intrigant pour obtenir la place de maire, en se remuant jusqu’à ce qu’il fut nommé officier municipal dans la vue d’exercer un despotisme affreux et insupportable, c’est lui enfin qui voyant perdre avec son traitement ses plus chères espérances exhale et vomit toute sa rage pour que son venin empoisonne tous ceux contre qui il cherche à la diriger ». (suivent les signatures d’une centaine de citoyens).
Nous ignorons la suite donnée à cette dénonciation, mais la signature de Cardon disparait du registre pendant quelques jours, pour réapparaitre dès le 24 pluviôse an II (12 février 1794).
On la trouve notamment le 12 ventôse an II (2 mars 1794) au bas de l’arrêté approuvant les réparations à faire au « Temple de la Raison » (ci-devant église Saint-Pons).
Le 13 ventôse an II (3 mars 1794), Cardon est nommé provisoirement « agent national » (représentant de l’état auprès de la commune) en remplacement de Jean-Louis Dumas suspendu. Le 17 ventôse an II (7 mars 1794), il est remplacé dans ces fonctions d’officier public par le citoyen Gaussen.
Le 3 germinal an II (23 mars 1794), à l’occasion d’une nouvelle épuration de la municipalité, la nomination de Cardon comme « agent national » est confirmée.
Il ne restera pas longtemps en place puisque le 20 germinal an II (9 avril 1794), un arrêté prend acte de sa démission « attendu qu’il vient d’être nommé capitaine du convoi ». A cette occasion « le corps municipal qui a déjà témoigné tout le regret possible sur la lecture de la lettre dudit Cardon néanmoins considérant que quoique le citoyen Cardon fut un de ses membres très utile tant à raison de ses lumières que de son activité, son talent et son énergie peuvent encore mieux servir la patrie dans le nouveau emploi qui lui a été confié que ce motif est le seul propre à déterminer le conseil général de la commune à accepter sa démission ».
Le nom de Cardon apparait une dernière fois dans les délibérations de la commune le 28 floréal an II (17 mai 1794) lorsque son successeur provisoire Paul Croye est définitivement confirmé comme « agent national ».
La suite des aventures révolutionnaires du « curé Cardon » nous est inconnue.
En 1795, il quitte la France pour l’Italie, et se retire au monastère de Casamari dont il devient prieur en 1798. Il meurt le 14 mai 1799, victime de soldats français. Il est béatifié en avril 2021, sous le nom de Siméon Cardon.
Jean-Louis BARBUT
D’après les délibérations de la commune de Sommières 1790-an III, conservées aux archives municipales et accessibles sur Brozer.fr.

Le jour où s'est marié le curé de Sommières ...

L’illustration ci-dessus est extraite du registre paroissial catholique de Sommières pour les années 1781 à 1792 (Archives départementales du Gard - Collection du greffe – cote 5 E 318 7). On y lit sans trop de peine le texte suivant :
« L’an mil sept cent quatre-vingt-douze et le quatrième de la Liberté le trente un mai par devant nous premier vicaire de Sommières soussigné se sont présentés Ignace Alexandre Joseph Cardon prêtre curé de Sommières natif de Cambray département du Nord et Marie Théodore Legrand-Féréol native de Paris même département lesquelles parties ont déclaré et déclarent que le quatre du mois de janvier de la susdite années ils s’unirent conjugalement et se promirent fidélité procédant pour lors comme personnes libres sur quoi nous vicaire susdit en vertu de la constitution avons déclaré et déclarons aux susdites parties au nom de la loi qu’elles sont unies en vrai et indissoluble mariage »
Étonnant, non ?
Pour comprendre cet acte, il convient de le situer dans le contexte troublé des relations entre le pouvoir issu de la Révolution et l’Église catholique. La constitution civile du clergé promulguée le 27 novembre 1790 a entrainé la suppression des deux paroisses Saint-Pons et Saint-Amans, remplacées en avril 1791 par une unique paroisse de Sommières.
Les deux ci-devant curés, François de Canterelle (Saint-Pos) et Mathieu Céard (Saint-Amans) ont quitté Sommières :
Cantarelle, prêtre réfractaire, finit par émigrer en Italie en septembre 1792
Céard, prêtre jureur, est curé constitutionnel à Congénies dès septembre 1791
En juillet 1791 Cardon a été désigné comme curé constitutionnel de Sommières.
Il signe des actes d’état-civil à partir du 5 août 1791. Profitant de son statut d’officier public, octroyé par la constitution civile du clergé qui ne le soumet plus au droit canon, et de l’institution du mariage civil, il convole en justes noces en janvier 1792.
Il est intéressant de noter que l’acte du 31 mai 1792 est un mariage civil (tel qu’institué par la constitution du 3 septembre 1791) puisque le vicaire n’utilise pas la formule que l’on trouve sur les autres mariages « ont été mariés selon les rites de l’Église romaine et les ordonnances du royaume ». Officier d’état-civil, il se contente d’enregistrer le mariage que lui déclarent les époux.
Les annales de Sommières ne nous apprennent pas si les nouveaux mariés sont partis en lune de miel, mais Cardon n’en continue pas moins à remplir ses fonctions de curé dès le 7 juin. Le dernier acte au bas duquel on trouve sa signature est daté du 16 septembre 1792.
Il semble avoir ensuite préféré la vie politique au sacerdoce, mais c’est là une autre histoire que nous vous conterons une autre fois …

L'église Saint-Pons et le temple protestant au 18e siècle et sous la Révolution

Nous évoquions récemment l’histoire mouvementée de l’église Saint-Pons et du temple protestant au XVIIème siècle. Abordons à présent la suite de ces aventures.
Pendant le XVIIème siècle, les protestants privés de temple tiennent leurs cultes clandestins dans des domiciles particuliers, ou mieux lors des célèbres Assemblées du Désert.
Les catholiques sommiérois peuvent eux assister à la messe dans les églises Saint-Pons (restaurée et agrandie en 1748), ou Saint-Amans (faubourg du Pont, à l’emplacement de l’actuelle crêperie), dans les chapelles des couvents des Ursulines (actuellement espace Durrell) ou des Cordeliers (actuellement EPAD La Coustourelle), voire dans la chapelle du château.
Sous la Révolution, la constitution civile du clergé est instaurée le 27 novembre 1790 et les congrégations religieuses sont supprimées le 1er octobre 1792, et leurs locaux sont vendus comme « bien national ».
Au titre de la nouvelle organisation de l’église constitutionnelle une paroisse unique est établie à Sommières, et l’église Saint-Pons est desservie par un curé constitutionnel (Cardon).
Le 24 novembre 1793 le culte catholique est interdit. Saint-Pons est alors transformée en « Temple de la Raison ». Puis le culte de l’Être Suprême est abandonné après la chute de Robespierre (9 thermidor an II, soit 21 juillet 1794). Saint-Pons étant devenue disponible, les protestants en demandent l’attribution, qui leur est accordée le 25 thermidor an III (12 août 1795).
Plus tard, le Directoire instaure un « culte décadaire », et le 2 germinal an VII (22 mars 1799), les protestants doivent céder Saint-Pons, qui devient un « temple décadaire ». En atteste un devis du sieur Saussine, présenté à la commune le 5 pluviôse an VII (24 juin 1799), pour aménager l’ex-église Saint-Pons, notamment en construisant un autel de la Patrie.
Les protestants se replient alors dans « un enclos attenant à la maison et jardin appartenants à la veuve Pons Christian située au faubourg du Bourguet pour y tenir leur culte ».
Après l’abandon du culte décadaire en septembre 1800, les protestants récupèrent l’église Saint-Pons, tandis que le culte catholique est célébré dans l’église du couvent des Cordeliers.
Néanmoins, à partir de 1803, catholiques et protestants se disputent l’utilisation de l’église Saint-Pons, jusqu’à ce qu’un décret signé par Napoléon 1er à Poznan le 12 décembre 1806 attribue aux protestants l’église de l’ancien couvent des Cordeliers. L’échange sera effectif le 6 mars 1807, et la localisation du temple restera inchangée jusqu’à aujourd’hui. Simultanément Saint-Pons est rendue au culte catholique.

Jean-Louis BARBUT
D’après les bulletins SSH n° 17 (2009) et 18 (2010)

La gare de Sommières

La mise en place du réseau ferroviaire desservant Sommières se fit à partir des années 1879- 1881. Les deux premières lignes à être mises en service sont celles de Nîmes - Sommières et de Sommières-les Mazes-le Crès. Après l’adoption des tracés, tous les terrains sont acquis, les terrassements et les ouvrages d’art entrepris. En janvier 1881 les travaux de bâtiment des stations et des maisons de garde-barrière adjugés. C’est en août 1882 que ces deux lignes sont livrées à la circulation.
La ligne Sommières-Montpellier fut inaugurée le 30 octobre 1882 et donna l’occasion à une « Fête républicaine », relatée dans « Le journal du Midi » du 1er novembre 1882. En voici un extrait : « Le train emportant les personnages officiels et les républicains qui se rendaient à Sommières, est parti de Nîmes, lundi à 2 heures 22 du soir…Monsieur le Maire de Sommières avait à ses côtés, M. Cazot, sénateur et le Préfet du Gard… »
La ligne ferrée vers Le Vigan fut mise en service plus tardivement. Il fallut en effet creuser un tunnel, sous La Coustourelle. Ce percement fit dévier une veine d’eau, privant ainsi les quelques familles qui vivaient dans les bâtiments du château et s’approvisionnaient au puits de la cour. Il existe encore aujourd’hui, mais est pratiquement comblé par les déblais du creusement des réservoirs de la ville, en 1936, qui à leur tour ont été supprimés par les démolisseurs.
La gare a cédé sa place a « l’Hôtel de l’Estelou ». Quelques cartes postales nous donnent une idée de son activité d’autrefois. Ces photos ont été prises à partir des voies de chemins de fer, actuelle Voie Verte
Au centre il y avait le bâtiment principal avec les guichets pour la distribution des billets et pour l’envoi de petites marchandises, la salle d’attente et le bureau du chef de gare, qui logeait avec sa famille au 1er étage. Sur la gauche, se trouvait le « Buffet de la Gare » tenu par des employées en grand tablier blanc. Sur la droite du bâtiment central, un long bâtiment pouvait accueillir les wagons de marchandises, et permettait le passage des wagons rangés à l’arrière de la gare et auxquels on pouvait accéder de l’extérieur. On y retrouvait les wagons-foudres pour le transport des vins de la Maison Raoul Gaussen et aussi des wagons-bennes pour l’acheminement d’un minerai universellement connu pour la suppression des taches d’huile et de graisse : la sépiolite. Bien qu’extraite des mines du village voisin de Salinelles, cette sépiolite est passée à la postérité sous le nom de « Terre de Sommières. », du fait de son acheminement à partir de Sommières.

Gérard GUIRAUDET

Ce que l'on croyait savoir sur l'église Saint-Pons

L’histoire se base souvent sur des évidences qui n’en sont pas et les faits qui pourraient la contredire sont occultés.
Emile Boisson écrit dans son histoire de Sommières : les réformés s’emparèrent de l’église paroissiale St Pons en septembre 1562. Les catholiques furent obligés de faire le service divin dans une petite église qu’ils firent bâtir à la hâte au plan de l’Oly occupé aujourd’hui par l’ancien couvent des Ursulines (Chap. X).
Et les brochures touristiques de reprendre : l’église a été reconstruite au XIXe siècle à l’emplacement d’une chapelle romane. Partiellement détruite et transformée en temple au moment des guerres de religion, elle fut rendue aux catholiques à la fin du XVIIe siècle.
La véritable histoire
L’église primitive Saint Pons se trouvait au plan de l’Oly cité par Emile Boisson (actuel Espace Lawrence Durrell) sous le château, sur le Puech Salicon. Un cimetière l’entourait. Elle a en effet été réquisitionnée par les protestants dès 1561 pour y célébrer leur culte mais rapidement restituée sur ordre du roi. Le culte protestant se pratiquait en 1563 dans la maison dite du bœuf de M. Bruneau, jusqu’à la construction du premier temple en 1582 à l’emplacement de l’église actuelle. Il n’y avait alors que des maisons particulières.
En 1622, le prince de Condé confisque ce temple protestant et le remet aux catholiques. Ce sera leur nouvelle église, l’ancienne ayant été détruite. Les protestants occupent dès lors un bâtiment du grenier à sel avant de faire construire un nouveau temple, derrière le précédent, en 1639, sur l’actuelle place Saussines.
En 1682, l’évêque en visite à Sommières exhorte les habitants d’ôter à l’église sa forme de temple et de l’agrandir. Plusieurs fois restaurée, elle sera finalement entièrement rebâtie au milieu du XIXe siècle. Le temple protestant de 1639 fut démoli après la révocation de l’Edit de Nantes, fin 1685.
C’est donc le temple qui est devenu une église et non le contraire, ce qui pourrait bien être un cas unique.

Illustration 1 : détail du siège de 1573 avec au premier plan ce que l'on suppose être l'église primitive de St Pons en partie détruite.
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D’après les Archives Municipales de Sommières et visites pastorales en ligne sur BROZER Téléarchives

Panique au temple

Quatre personnes étouffées
La réforme protestante atteint Sommières dès les années 1560. Le culte religieux, que l’on nomme le prêche à l’époque, se pratiquait d’abord dans des maisons particulières voire à l’extérieur. L’église catholique Saint-Pons, déjà endommagée par les premiers conflits, fut pour un temps réquisitionnée à cet effet avant que les autorités royales n’y mettent le holà. Les huguenots investiront ensuite le bas de la maison dite du bœuf ou se trouvait un moulin, au quartier de la Grave. Finalement en 1582, un « vrai » temple est construit à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Pons (qui n’était pas là à ce moment contrairement à ce que l’on a toujours dit ! Nous y reviendrons...).
Moins de 20 ans plus tard, le 9 mai 1601, après le premier prêche commencé à 6 heures du matin (!), on vit soudainement de la terre tomber le long du mur dans le temple. Craignant que le toit et les galeries ne cèdent, l’assemblée fut prise de panique et se rua vers les deux portes du bâtiment pour en sortir. Trois femmes et un homme furent « étouffés » par la foule à la grande porte mais, semble-t-il, sans qu’aucun d’eux ne perde la vie.
Les consuls de la ville s’empressèrent de visiter les lieux et trois heures à peine après avoir frôler le drame, ils rédigèrent une lettre aux consuls de Nîmes, Montpellier, Lunel, Aigues-Mortes, Marsillargues et Aimargues. Ils se voulaient rassurants quant au bon état de la bâtisse qui selon eux ne présentait aucun danger tout en expliquant les faits par une réaction excessive des fidèles. Les autorités locales tenaient ainsi à prendre de vitesse les bruits que l’on ferait courir sur cet évènement et la mauvaise publicité qui s’en suivrait.
« On a trouvé qu’il n’y a point d’occasion d’avoir peur de sorte que nous pouvons dire que c’est comme une terreur panique qui a saisi le temple de quoi vous avons bien voulu donner avis promptement pour ce que sans doute on fera courir divers bruits contre la vérité »
Nicolas LAWRIW – mvic.fr
Lettre de la liasse CC260 - Archives Municipales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives

Promenade au mas de Nazon

Nous vous invitons de profiter de ces premiers beaux jours du printemps pour aller faire un tour dans la campagne sommiéroise : destination : le hameau du lieu-dit, le Mas de Nazon.
Antoine Nazon, Docteur en médecine a été l’un des derniers Consuls de Sommières, avant la Révolution.
Une carte postale colorisée va nous accompagner dans notre promenade. Le timbre poste qui y est apposé nous permet de dater l’année de son édition, aux environs de 1900. Ce timbre, type « Blanc », a été émis à partir du 4 Décembre 1900 Il représente la déesse de la Liberté, tenant la balance de l’Égalité. La Fraternité est représentée par les angelots, qui dansent au bas du timbre.
Pour nous rendre à ce hameau, nous allons emprunter la « Voie Verte » à côté de l’ancienne gare, et nous diriger vers Aubais. Avant d’arriver à Massereau, un passage sous la voie verte nous permet d’accéder au « Mas de Nazon. » C’est de ce site qu’a été photographié ce panorama de Sommières.
Au bas de la CP, à gauche on peut apercevoir un long bâtiment avec deux grands portails. C’était « Le dépôt des Machines », où avait lieu graissage et menu entretien.
Sommières était alors un nœud ferroviaire important vers Montpellier, Nîmes Alès, Le Vigan. A côté du dépôt, était installée « la plaque tournante » d’où, à l’aide d’un levier à crémaillère on orientait les locomotives dans la bonne direction.
Dans le petit bâtiment blanc, situé au centre de la CP, il y avait la pompe qui puisait l’eau dans le Vidourle et l’envoyait vers les réservoirs placés sur les quais de la gare, pour alimenter les locomotives.
Pour revenir à Sommières, nous allons passer par la route d’Aubais. Sur la gauche, à côté de ce qui étaient les pépinières Raymond Grimaud, puis le centre équestre, se trouve un important bâtiment, suivi, plus loin par un bâtiment identique. C’était l’Abattoir Municipal et l’Usine à Charbon, qui fabriquait le gaz pour l’éclairage de la ville. Nous en reparlerons. Nous arrivons au bas de la Taillade, quartier de « La Violette » où était établie, la famille Méjean de Griolet.
Gérard Guiraudet

Démocratie à Sommières

Les enfants tiraient au sort nos dirigeants !
La démocratie sur le plan local s’avère être bien plus ancienne que l’on peut l’imaginer. La gestion de nos villes, de nos cités et de nos villages est depuis longtemps aux mains de ses habitants. C’est le temps des consuls qui s’étire de la fin du Moyen Âge jusqu’à la Révolution. Aucun manuel scolaire ne semble s’intéresser à plus de six siècles d’une administration maîtrisée par ces magistrats et leurs conseillers issus du peuple. Ils ont pourtant, à tour de rôle, construit la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui avec une étonnante modernité dans les processus de décision.
Tout comme la toute première démocratie athénienne de l’Antiquité, Sommières avait choisi le tirage au sort plutôt que l’élection pour désigner les hommes qui occupaient la fonction de consul. Les modalités de cette coutume remontant au XIIIe siècle sont inscrites dans les privilèges de la ville qui sont régulièrement reconduits par ordonnances des monarques successifs.
Le protocole varie légèrement au cours du XVIe siècle. Chaque année, au jour de Toussaint, l’administration en exercice nomme 16 nouveaux conseillers, 4 pour chacune des 4 corporations - appelées échelles - représentatives de la population. On fabrique 16 boules de cire jaune parfaitement identiques et on dispose, dans 4 d’entre elles, une lettre C en argent. Les boules sont placées dans un bassin plat en étain recouvert d’un autre plat. Une fois remuées, elles sont distribuées aux 16 conseillers par des enfants. Ceux qui découvrent un C en ouvrant la boule qui leur a été attribuée deviennent consul.
Le tirage au sort devait empêcher tout projet de corruption et selon le modèle grec, permettre à tout le peuple de tour à tour diriger et obéir afin de ne jamais abuser de la fonction sous peine ensuite de la subir. A méditer ...
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
D'après les archives municipales de Sommières en ligne sur le site BROZER Téléarchives et autres sources
NB. Des sommiérois pourraient posséder un C en argent comme décrit dans l’article qui aurait appartenu à un lointain ancêtre sans se douter de ce dont il s’agit. Si c’est le cas, contactez-nous !!

Les archives municipales ont déménagé

Comme vous le savez Sommières possède un vrai trésor avec ses archives anciennes, tant par la qualité de ses documents dont le plus ancien remonte à 1249 que par son volume (70 mètres linéaires). Les conditions de conservation, de préservation ou de communication de ces documents n'étant pas assurées, même si ceux-ci étaient en sécurité, il était nécessaire de trouver une solution.
Les archives représentent l'activité de la collectivité et ne sont pas seulement de vieux papiers. Les documents d'aujourd'hui sont les archives historiques de demain. Les services de la commune peuvent verser aux archives tous les dossiers qui sont clos ou qui n'ont plus d'utilité administrative. Ces documents sont communicables à tout citoyen, selon la législation en vigueur, au même titre que les archives anciennes. Au fil des ans, leur volume augmente inexorablement. Elles étaient stockées dans différents lieux en général non adaptés. Dernièrement, elles étaient hébergées dans les locaux de l’ancienne école maternelle, Rue Général Bruyère, face au café de la Poste. Il fallait là aussi trouver une solution.
Il en aura fallu beaucoup de temps, mais 2010 a été l'année des Archives à Sommières.
En effet, après quelques projets non aboutis dans différents bâtiments de la commune, celui qui a été retenu pour être aménagé se situe sur l'ancien site EDF à côté du service Urbanisme et Patrimoine.. Ce nouveau local se compose d'un magasin de 50m2 (représentant 300 m linéaires de documents) destiné à entreposer toutes les Archives (anciennes et contemporaines) et le plus important pour nos concitoyens, un lieu d'accueil où ils peuvent venir les consulter.
Le premier semestre 2010 a été consacré au transfert des archives et à la mise en œuvre du service, service qui est en mesure d'assurer ses missions fondamentales de collecte, de conservation, de traitement et de diffusion.
« Je tiens en outre à vous féliciter pour cette réalisation exemplaire, qui permet à la fois de préserver et de mettre à la disposition des citoyens le patrimoine documentaire particulièrement riche de votre commune »
Extrait du courrier de Monsieur le Préfet 18/01/2009

Passages de la rue du Pont vers le marché bas

Archives municipales de Sommières
Nous avons retrouvé dans nos archives une délibération consulaire du 4 novembre 1659, au sujet des difficultés d’accès à la rue du Pont à travers les maisons
BB21 - Délibérations consulaires
https://bit.ly/3wpyjHI
Par ledit COSTE premier consul aussi a esté propozé que par le passé il y avoit des maizons à la rue du pont quy estoient obligées de laisser tout le long du jour la porte de leurs maizons ouvertes pour laisser passer dedans icelles les personnes qui venoient long de ladite rue du pont pour dessandre au marché bas de ladite ville sans avoir la paine d’aller faire le tour à la place publicque pour aller audit marché bas et que à prézant les propriétaires desdites maizons quy devroient donner passaige reffuzent d’ouvrir les portes pour laisser passer dans icelles les personne quy viennent pour aller audit marché bas requérant sur ce voulloir estre deslibéré.
Sur laquelle propozition ayant esté opiné par lesdits susnommés les ungs après les autres auroient esté d’advis et opinion de prier lesdits consulz de voir les papiers et documans de ladites communauté s’il se trouveroient aucungs actes pour dézigner et faire voir quelles maizons de ladite rue du pont doibvent donner passaige le jour aux personnes quy passent le long de ladite rue du pond pour dessandre au marché bas, et en cas que lesdits actes ne ce treuveront ausdits archis de ladite communauté d’aller faire sercher aux archis de la ville de Nismes s’il sy treuveront augcuns actes
pour monstrer et faire voir lesdites maizons de ladite rue du pont à ceux quy viennent pour dessandre de ladite rue du pont audit marché bas et ainsin a esté deslibéré.
Transcription
Nicolas LAWRIW – mvic.fr
Mars 2022
Photo : Roland Proeger

Escalier de Reilhe

C'est un texte d'Aimé Jeanjean publié dans son livre : « Les Vieilles Rues de Sommières » que nous vous proposons cette semaine. Il s'était, nous dit-il, lui-même inspiré d'un article du « Passeroun » publié dans le journal Midi Libre ( * à lire en-dessous), qui avait dépouillé les registres des archives retraçant ces faits et auquel nous rendons hommage.
Reilhe : famille Sommiéroise possédant la maison la plus proche de la Maison Commune.
Procès célèbre qui dura de 1730 à 1769.
« Quelques maisons de la rue du Pont, du côté Nord, possédaient des passages permettant d'accéder à la Place du Marché et à la Grave. Au début du 18e le public n'en utilisait plus qu'un seul, situé dans la Maison du Sieur Reilhe. Une rampe terrasse permettait « aux bêtes à dos » de descendre facilement.
Le propriétaire remplaça la rampe par des degrés sans interrompre la servitude ; « les bêtes à dos » n'y passèrent plus.
En 1730, la demoiselle Reilhe voulut interrompre le passage ; devant la menace des Consuls celle-ci abandonna sa tentative. D'autres incidents eurent lieu en 1735 (18 mars), 1748 (5 juillet), jusqu'au mercredi des Cendres en février 1765 où les héritiers Reilhe firent murer le passage pendant la nuit. Un procès s'en suivit et l'affaire fut portée devant M. de Saint Priest, intendant du Languedoc, sans résultat.
Lassé de l'entêtement des Reilhe, le Conseil Communal fit aménager un couloir étroit dans la maison consulaire près l'immeuble portant de nos jours le n° 1 de la Rue Max Dormoy ».
(Lou Passeroun).
A voir : Vue de la Place du Marché du haut de l'escalier.
Photos : R Proeger
* Articles parus dans ML
L'ESCALIER DE REILHE
Parlant de la rue du Pont et de sa construction si particulière, nous signalions que quelques maisons, du côté Nord, possédaient des passages permettant d'accéder à la Place du Marché et à la Grave. Au début du 18ème siècle le public n'en utilisait plus qu'un seul, situé dans la maison du sieur REILHE.
On ignore ce qui a pu donner naissance à cette faculté de passer dont la jouissance remonte aux temps les plus reculés. On présume qu’anciennement, la ville ayant toléré que des particuliers bâtissent des maisons en les adossant contre le Port Romain, elle s'était réservé la liberté de passer dans plusieurs de ces maisons qui auraient interrompu la circulation ci-devant établie.
La maison du sieur REILHE était la plus fréquentée, vu sa situation avantageuse, jointe à la commodité d'une rampe terrasse, qui permettait aux « bêtes à dos » d’y descendre facilement sans aucun obstacle.
Le propriétaire remplace par la suite la rampe par des degrés mais sans interrompre la servitude de passage au public. « Les bêtes à dos » n’y passèrent plus mais la communauté ne se plaignit point.
Les choses commencèrent à se gâter en 1730. La demoiselle REILHE voulut interrompre le passage, mais les consuls ayant pris le 18 mars 1730 conseil de Me ADELBERT, avocat à Nîmes et menaçant d’actionner Mlle REILHE, cette dernière abandonna sa tentative et le public rentra dans ses droits.
La trêve fut courte. En 1735, le propriétaire renouvela son entreprise mais le 18 mars de la même année, un acte de réquisition, signé du Maire, Mr de CLARY et du Ier Consul Mr OUBXET, suffit pour décider Mr REILHE à laisser la liberté du passage.
Nouvel incident en 1748, où le 5 juillet l'huissier François DELMAS, signifiait au propriétaire, un acte de la communauté présidée par le Maire Mr NAZON, en vue de maintenir ce droit aux habitants. Voyant la ville décidée à soutenir ses droits Mr REILHE satisfit encore à la demande.
On parvint de la sorte jusqu'au mercredi des Cendres en février 1765, où les héritiers REILHE firent furtivement murer la porte d'entrée du côté de la Grave. Ce travail exécuté à la pointe du jour, avec des matériaux préparés à l'avance, causa un gros préjudice à la ville, à l'occasion de la foire.
Une délibération du Conseil du 2 Février 1765, sous la présidence de Mr Pons CHRESTIEN, avocat, Ier consul mandata Maire et Consuls, aux fins de présenter une requête à l'Intendant pour autoriser la commune à plaider contre les héritiers REILHE.
Ce qui fut fait mais la décision de l'Intendant fut décevante, la voici :
« Vu par Nous; Intendant, les requêtes respectives des Maire consuls de Sommières et du sieur Marc-Antoine REILHE, au sujet de la permission de plaider que la ville demande et à laquelle le dit REILHE s'oppose, sur le fondement que la Ville n'a aucun titre et autres preuves ensemble des conclusions du syndic Général de la Province. »
« Nous déclarons n'y avoir lieu en l'état actuel, d'accorder au Maire et Consuls, la permission de plaider requise, sauf à rapporter les textes en vertu desquels ils entendent établir le droit de passage dont il s’agit, dans la maison du sieur REILHE. »
Fait à Montpellier le 17 mars 1765
Signé SAINT-PRIEST.
Ainsi donc, tout semblait remis en question - Quelle décision allaient prendre nos Consuls, toujours désireux de conserver aux Sommiérois des habitudes vieilles de plusieurs siècles. Nous y reviendrons.
(à suivre)
LOU PASSEROUN
Midi Libre 11 août 1961
L'ESCALIER DE REILHE (suite)
Nous avons vu qu’après plusieurs siècles de jouissance de ce passage par les habitants, une décision du 17 mars 1765 de l'Intendant Mr DE SAINT PRIEST, sans contester ouvertement les droits de la Communauté, cette dernière dans l'obligation d'en faire la preuve, avant de l'autoriser à plaider. La consultation du 18 mars 1730 demandée à l’avocat nîmois ADELIBERT suggérait l'assignation de la demoiselle REILHE, de l'époque devant le Sénéchal de Montpellier ou devant les officiers de Sommières, pour voir condamner à laisser libre le passage, sans préjudice de pouvoir demander la démolition du bâtiment à elle appartenant, qui appuie sur les murs de la ville.
Ces affirmations énergiques avaient renforcé l'opinion de nos consuls mais les temps avaient changé, les procès étaient longs et nombreux. La ville en poursuivait d'autres, dont l'un avec le chapitre de Saint-Gilles confié Mr CHAULIAC homme de loi à Toulouse.
Par son intermédiaire, la ville fit demander une consultation à Mr TOURNIER, avocat conseil à Toulouse en y joignant un long mémoire exposant les faits et demandant conseil avant d'agir.
La réponse de ce dernier est fort savante, elle tient en 12 feuillets abondants en textes latins de jurisprudence. Les conclusions en sont très prudentes. En voici l’exposé :
« I° Le passage n'a point été réparé par la ville, ce qui lui eut été à charge si la servitude lui eût appartenu.
2° On convient dans le mémoire que c’est le sieur REILHE qui fit détruire la rampe, la terrasse et substituer des degrés.
3° I1 parait point qu'il eut été fait d'acte en 1700, ce qui suffirait pour établir les droits de la Communauté et on convient que c’est REILHE qui changea l’état des lieux pour qu'on ne put passer avec des bêtes de charge, d'où l'on peut conclure que s’il laissait passer ou traverser par son allée ou couloir, ce n'était que par pure familiarité. Cela sera même plus vraisemblable si l’allée ou passage est le même par lequel on entre dans la maison du sieur REILHE; on ne peut guère présumer qu'un particulier ait voulu s'exposer à une servitude aussi dangereuse et il y a lieu de croire que la tolérance était plutôt pour les voisins que pour le public, et pour des personnes connues que pour toute sorte de gens.
On croit donc que pour gagner ce procès, il faudrait prouver que la servitude est nécessaire et on ne pourrait le prouver que si on peut passer ailleurs et que le passage chez REILHE ne fut que pour abréger ce chemin.
Il faudrait trouver les anciens cadastres et titres de la Communauté et tâcher de découvrir la concession du terrain sur lequel la maison est bâtie, pour voir si la servitude fut réservée ou si l'on trouve quelque trace de réservation. Sans cela ce procès sera très critique. »
Délibéré à Toulouse ce 6 décembre 1765
Signé TOURNIER
Dès le lendemain, 7 décembre 1765, Mr CHAULIAC transmettait cette consultation aux Consuls. Dans sa lettre, on voit qu’il semble vouloir dissuader la ville de s’engager dans cette affaire, il y dit notamment :
« Autrefois le Parlement autorisait les règlements de police, mais on est aujourd'hui dans un système tout opposé. Il ne veut point dépouiller les sénéchaux et c'est là où il faudrait vous adresser avant de recourir au parlement. Mais ces sortes d'arrêts coûtent cher, je suppose que ces règlements renferment nombre d'objets. Le Sénéchal y mettait des épices et le Parlement encore plus. Je suis persuadé que 50 écus ne vous en sortiraient point etc. »
Sur le vu de ces avis autorisés, nos consuls n'insistèrent pas et l'on se décida à faire construire le passage qui nous est familier.
Ce couloir étroit, aménagé entre la maison consulaire et l'immeuble portant de nos jours le N°1 de la rue du pont et les escaliers qui y font suite sont connus de tous nos concitoyens et habitués de nos samedis et foires. Son existence surprend visiteurs et touristes qui découvrent du haut des marches, le calme moyenâgeux du marché. Il existe dans nombre de villes des rues aux passages qui portent des noms inconnus. Pour Paris, le Bottin nous indique que ces noms furent ceux de citoyens qui, gracieusement ou à peu de frais, cédèrent les terrains nécessaires à la percée de cette voie.
A Sommières, au contraire, la « Vox Populi » tenace, continue à donner à cet escalier le nom de ceux qui firent tout leur possible pour interdire leurs contemporains l'usage d'un passage voisin.
LOU PASSEROUN
Midi Libre 20 Août 1961

Tribunal de la justice de paix

Jean Louis Renard, dans un article concernant les archives la ville de Sommières, nous indique que lorsque celles-ci lui ont été confiées, elles se trouvaient dans l’ancienne salle de la Justice de Paix située au-dessus de la salle du conseil municipal. Cela va nous permettre d’expliquer la présence de cette imposante porte, en haut de la rue du pont, sous les bureaux de la mairie.
Sur le fronton en pierre, au-dessus de la porte, est sculptée une tête de femme, et de chaque côté de la tête on voit des plateaux de balance dont les cordons qui les soutenaient ont été rabattus. Et au-dessus est posée « Une main de Justice », (toutefois cette main de Justice présente une particularité, elle est ouverte alors qu’en général celles que l’on peut voir lors des cérémonies de sacre ont deux doigts repliés ?) Cette main de Justice était le symbole du pouvoir royal. C’est donc là que se situait à Sommières, la Justice de Paix.
Les Justices de Paix ont été instaurées, à la Révolution, par l’Assemblée constituante, les 16 et 24 août 1790. C’étaient des juridictions de proximité, qui visaient à rapprocher un peu plus la justice des citoyens. Il y en avait une par canton, dirigée par un juge de paix qui rendait des jugements au civil. Les juges de paix réglaient souvent des querelles de voisinage, de différents entre propriétaires et locataires, des conflits entre particuliers, des contraventions de simple police, etc. C’était le plus souvent des conciliateurs, des hommes de bon sens, qui n’avaient pas de connaissances particulières. Ils jugeaient accompagnés par deux assesseurs. Les jugements étaient rendus gratuitement.
La Justice de Paix, après avoir quitté les locaux de la mairie, a été transférée dans un bâtiment situé derrière le monument aux morts. C’est à partir de 1959 que les Justices de Paix ont été supprimées.
Gérard GUIRAUDET

C'est ainsi que tout a commencé pour nos précieuses archives

Jean-Louis Renard, conseiller municipal et président fondateur de l’association : « Sommières et son Histoire » avait retrouvé dans nos archives, le manuscrit de Jean Cabane, écrit en 1748, intitulé « Cahier contenant en abrégé les Antiquités et Annales de la Ville de Sommières ». C’est sur sa machine à écrire (on n’avait pas d’ordinateur, à l’époque) qu’il a saisi le contenu de ce document.
Voici ce qu’il nous dit en. Avant-propos : « La première fois que j'ai consulté le manuscrit CABANE, les archives communales se trouvaient dans l'ancienne salle de Justice de Paix située au dessus de la salle de conseil municipal. C'était en 1968. Déjà les annotations portées dans l'inventaire de 1901 (Cabinet spécial des archives, Armoire des Parchemins) n'avaient plus grande valeur car j'ignore où se trouvaient les archives avant la suppression du Tribunal de Justice de Paix. En 1981, le conseil municipal décide d'améliorer le logement du concierge de la Mairie, et la salle des archives qui était pratiquement aussi grande que la salle du conseil, est divisée en chambre, cuisine et salle d'eau. Les archives sont comprimées dans deux pièces jouxtant la tour de l'horloge. En 1983, nouvelle mutation, tout le deuxième étage est transformé en bureaux, il n'y a plus de concierge à la Mairie et je suis chargé de stocker nos pauvres archives dans deux pièces au deuxième étage au dessus de l'école maternelle qui était située alors Rue Général Bruyère, face au Café de la Poste. Tous les documents sont ficelés dans des cartons numérotés mais l'exigüité des locaux n’en facilite pas la consultation.»
Les services municipaux sont alors mis à contribution pour aménager à l’intérieur de ces locaux, de solides étagères en planches épaisses non rabotées, pour supporter les registres à archiver. Les locaux n’étaient pas chauffés, ni éclairés et il fallait ouvrir les volets pour y voir plus clair. Les fenêtres donnaient sur la cour arrière de l’école. Il y avait toutefois au centre de la première pièce une table pour déposer les documents à consulter. C’était la préhistoire des archives. (à suivre.)
Gérard GUIRAUDET

Enlèvement des passes de la Grave

Notre collègue Nicolas Lawriw, qui a numérisé les délibérations du conseil municipal a retrouvé celle du 15 septembre 1967, qui a décidé des travaux à effectuer pour le dragage du Vidourle en aval du pont.
Parmi ces travaux l’enlèvement des passes était bien prévu : "Enlèvement de 65 ml de passes pour 2000 F"
Dessin : Jean-Marie Amelin

Les passes du Vidourle (2)

Après la Vidourlade de 1958, les passes n’ont pas été enlevées. En effet, lors de la séance du conseil municipal, le 29 septembre 1960 : le maire informe le conseil « qu’il y a intérêt à remettre en état les passes endommagées ou détruites par les inondations du 4 octobre 1958, tant celles de Garanel que celles de la Grave. » Les entreprises sont consultées. François Lopez consent le meilleur prix : 6 244,50 NF (8 180 €).
L’automne 1963 voit de nombreuses crues : 11 septembre 4,35 m, 31 octobre 4,22 m, 5 et 6 novembre 5,30 m.
Un secours de 33 000 F (38 000 €) est alloué à 130 sinistrés pour 176 000 F (202 400 €) de dégâts déclarés. Ceux, causés au domaine public, s’élèvent à 14 500 F (16 700 €).
Début 1964, les crues de Vidourle s’enchaînent : 5 et 6 février 3,70 m, 19 février 2,10 m, 26 février 4,90 m. Elles sont suivies le 5 septembre par une crue de 4,50 m.
Par délibération en date du 4 décembre 1965, le Conseil municipal demande au service des Ponts et Chaussées « d’étudier le recalibrage de la rivière Vidourle. Cette opération porte sur une longueur de 552 m comptés en amont du pont et comprenant le creusement du plan d’eau de telle manière que celui-ci ait une profondeur moyenne de 1,50 m à compter de la cote d’étiage. » Les travaux consistent à l’enlèvement des arbres, joncs, dépôts et déblais de toute nature pour arriver à la côte du projet : enlèvement de 21 000 m3 de déblais pour la somme de 135 000 F (146 000 €).
L’adjudication est lancée le 24 mars 1967, le marché initial passé le 23 mai avec l’entreprise Crozel Frères de Nîmes. Il porte sur 21 000 m3 de déblais. Un rabais de 23% est consenti ; la dépense se monte à 90 000 F (92 700 €). Les travaux sont réceptionnés le 3 juillet : volume extrait 28 000 m3, (21 000 m3 métrés sur site avec un coefficient de foisonnement de 30%) pour un montant de 120 000 F (123 600 €).
Le 19 juillet la commune fait effectuer par le service des Ponts et Chaussées une nouvelle étude de curage en aval du pont, avec un volume à enlever de 16 000 m3 (120 000 F). Elle profite de la présence de l’entreprise Crozel pour procéder au curage de la partie aval du pont. Un avenant au marché initial est passé le 1er juillet 1968 (volume extrait 58 800 m3 montant global de 253 600 F soit 261 000 €). Le m3 extrait revient à 27 F ou 4,44 €. Les travaux de curage sont réceptionnés le 5 juillet 1968.
Ces renseignements ont été relevés dans le bulletin de « Sommières et son Histoire » n° de 2004 sur Vidourle et Vidourlade (en vente à l’Office de Tourisme : 10 €).
Cet article ne faisait aucune allusion au sort des passes.
Photos Guy VIDAL - Curage du Vidourle (1968)

Passes de la Grave et inondations 1958

Bien que bloqué dans son atelier, lors des inondations de 1958, Max du Camp a pu faire une photo de la crue dans la Rue Cléon Griolet, à partir du balcon ou d’une fenêtre de son domicile, situé tout à côté.
Sur les très personnes touchées à ce jour, par notre article sur « Les passes du Vidourle » de la semaine dernière, nous n’avons reçu aucun témoignage sur le sort qui leur a été réservé après l’inondation de 1958.
Notre collègue, Nicolas Lawriw, expert en archives, a toutefois trouvé une délibération du Conseil Municipal indiquant que ces passes, comme on pouvait le penser n’ont pas été démolies, mais restaurées, comme celles de Garanel par François Lopez.
A quelle époque donc, ont-elles disparu ?
A suivre !
Qui nous renseignera ?
Gérard Guiraudet

Les passes du Vidourle (1)

Au bas du quai Neuf, dont nous avons évoqué la construction il y a deux semaines, se trouvait une rangée de passes qui reliaient les deux rives du Vidourle. Elles partaient de la rue des Bugadières, rive droite et aboutissaient, sur la rive gauche, au quai Cléon Griolet, à la hauteur du moulin de La Grave.
Les bugadières s’installaient, en général, avec tout leur matériel : corbeille à linge, lessiveuse, seau et battoirs, rive droite, au bord de la rivière, où l’eau courrait sur le lit de graviers. Mais elles allaient étendre leur lessive contre la muraille du quai Griolet, rive gauche, mieux exposée au soleil.
Lors de chaque grosse inondation, il fallait refaire deux ou trois passes qui avaient été emportées par les troncs d’arbre, charriés par le Vidourle.
Ces passes, les anciens Sommiérois, dont je fais partie les ont connues. Mais le conseil municipal a décidé un jour de les supprimer.
Peut-être Serge Bévalot, dont les parents tenaient le Café Glacier se souvient-il de cette date ? Ou nos deux coiffeuses, les sœurs Fiorenzano, qui habitent juste à côté, dans la maison située au bas de la descente du quai Neuf. On doit pouvoir en trouver trace, dans nos archives, ainsi que la raison évoquée pour leur suppression lors de la séance du conseil municipal qui a décidé de faire disparaître ce témoignage de notre passé.
Je laisse à nos lecteurs, suffisamment curieux, le plaisir de cette découverte.
Gérard GUIRAUDET

Les hauts de Saint-Laze

La ville s’agrandit, de nouveaux quartiers voient le jour, ainsi la ZAC « les Hauts de Saint Laze » créée par délibération du 24 mai 2011. Elle est implantée sur le lieudit « Saint Laze », où l’on accède par la RD 22 et le giratoire de « la Malautière ».
Ces noms chargés d’histoire méritent une explication. Au Moyen Age, les villes encloses dans des remparts craignaient les épidémies comme celles du choléra venant d’Europe centrale ou de la peste qui arrivait par les bateaux en provenance des pays du Moyen Orient. Celles de Marseille en 1347, 1353, 1580, 1720 restées célèbres, se sont rapidement répandues dans tout le pays causant des milliers de morts ; Sommières n’y a pas échappé. L’accès aux villes était strictement contrôlé. La quarantaine, mesure de police qui imposait un isolement aux personnes et aux marchandises provenant d’un pays infecté était de rigueur. Ces dernières étaient détruites, les étrangers refoulés. Ils erraient dans les campagnes où ils mouraient, propageant la contamination.
Les épidémies de peste se faisant plus rares, par une sorte d’imaginaire morbide, l’attention s’est alors fixée sur la lèpre. C’est une maladie chronique qui touche la peau, les nerfs, les muqueuses que l’on guérit de nos jours, mais qui, au Moyen Age, effrayait les populations. Dès que l’on en découvrait les signes sur un sujet, il était immédiatement exclu de la société et devait se réfugier dans des bâtiments éloignés des villes où en compagnie d’autres malheureux, véritables parias, ils survivaient difficilement de la charité des bonnes âmes.
Ces « malautières » étaient au Moyen Age des hôpitaux pour lépreux. « Malautière » vient de l’occitan « malautià », maladie ; la « malautièra » est la maladrerie. Les Templiers qui soignaient les malades lors des Croisades, sont à l’origine du nom. On parlait aussi de « ladrerie » et de mal de Saint Ladre, par déformation de Saint Lazare. La maladie a atteint son apogée au XIIème siècle et son déclin a commencé au XIVème siècle.
Sommières avait donc un établissement situé au quartier de « la Croix des Malades » et certainement plus ancien que celui connu sous le nom de « Saint Laze ». Ce dernier se situait route de Montpellier et une petite chapelle y était rattachée ; elle dépendait de Saint Amand. Il existait encore au XVIIIème siècle puisque parmi les biens dont il était doté, se trouvaient deux terres, l’une près de la léproserie, l’autre à Boisseron quartier des « Gandelières ».
Les léproseries sont souvent placées sous le patronage de Saint Lazare. Mais il ne faut pas confondre, car il existe deux Lazare. Le premier est l’ami et le disciple du Christ. Selon le « Nouveau Testament » Jésus le ressuscite. L’autre est un pauvre homme, couvert d’ulcères que les chiens viennent lécher qui survit devant la porte d ‘un mauvais riche et que Jésus oppose dans une parabole fameuse. C’est ce dernier qui est le saint patron des établissements recevant les lépreux.
Aimé JEANJEAN
PS : les masques que nous portons pour nous protéger des différents virus ont heureusement changé depuis ces temps-là

Le quai Neuf

Bien moins connu, ou même pas du tout, que le quai Frédéric Gaussorgues et le Quai Cléon Griolet qui bordent le Vidourle, côté rive gauche, il se contente de permettre d’accéder à la rive droite du fleuve, à partir du Pont. Il n’est pas très fréquenté et sert le plus souvent à garer les voitures. ​​​​​​​C’est dans une délibération du Conseil Municipal, du 17 octobre 1816, que l’on trouve une référence à sa construction :​​​​​​ M. le Maire a dit : « MM, il en est beaucoup, parmi vous qui depuis plusieurs années ont reconnu la nécessité de construire un petit quai, qui, du pont de cette ville aboutit au gravier de la rivière du Vidourle, afin de remédier aux inconvénients sans nombre qui résultent de la difficulté de communiquer à ce gravier, qui présente un espace très commode et des plus nécessaire, soit pour l’empierrement des chemins, soit pour l’étendage des laines, moletons, cuirs, linges, soit, enfin pour le prompt secours à donner pour sauver ces objets des inondations imprévues. »​​​​​​​​​​
« Le Conseil délibère à l’unanimité que la construction d’un petit quay communiquant du pont de cette ville au lit de la rivière du Vidourle aura lieu en face de la propriété du Sr Castan située au faux bourg du Pont conformément au plan figuratif qui en a été dressé par le Sr Saussines ancien entrepreneur des travaux publics. » ​​​​​
Extrait du livre d’Aimé Jeanjean sur les « Vieilles Rues de Sommières »
Mais pour aller laver leur lessive au Vidourle, les Bugadières continuaient d’emprunter la rue sous la voûte des maisons, tout à côté, rue qui porte encore le nom de : « Rue des Bugadières. » et aboutissait près du moulin du Roupt qui a subi plusieurs inondations avant d’être démoli.
Sur la carte postale il s’agit d’élèves de l'école des Frères Maristes qui était située dans une maison, au bas du quai.

Chronique des archives - le document le plus précieux

Si vous deviez échouer sur une île déserte avec un seul livre, quel ouvrage choisiriez-vous ? ». Cette question posée au cours d'interview ou de sondages permet, parait-il, de dévoiler une partie du caractère de la personne interrogée. Appliquons ce test à nos archives : si ces précieux documents devaient tous disparaitre, sauf un, lequel faudrait-il choisir ? Sur quels critères faudrait-il se baser pour sauver le document qui, à lui seul, représente le mieux notre ville et son histoire ? L'ancienneté avec le parchemin de 1249 parfaitement illisible ? L'utilité avec les registres d’état-civil qui remontent à 1578 ? La valeur intrinsèque avec certaines lettres patentes portant la signature autographe de Louis XII, d'Henri IV ou de Charles IX ? Un économiste pensera aux comptes de la commune ou aux mercuriales publiées à l'occasion des foires, un politique sera tenté par les relations avec le "Pouvoir Central (pourquoi pas la correspondance du Duc de Montmorency ?), un farfelu sera réduit par cette délibération qui fait état de lettres patentes obtenues en 1706 par un perruquier lui donnant droit au port de l'épée !
Ces réponses si diverses permettent peut-être une étude psychologique mais ne seront pas d'un grand secours pour la reconstitution du passé de notre ville.
Il existe pourtant un document qui, à lui seul, rassemble tous les éléments sans lesquels Sommières n'existerait pas : sur parchemin, datées d'Août 1600, ces Lettres Patentes d'Henri IV confirment les dates des 6 foires données par les Rois, ses prédécesseurs, confirment également la Foire des Rameaux dont le titre a été perdu lors du dernier siège (1575) dans l'incendie de l'Hôtel de Ville. Rappelons que le bénéfice de la Foire des Rameaux en tant que foire « franche » avait été octroyé aux Sommiérois par Henri II en 1557 « pour dédommager les habitants des ruines causées par le Vidourle ».
Dans le même document nous trouvons donc l'activité économique et stratégique de Sommières et un rappel du fleuve qui depuis les origines rythme la vie de la cité à raison de 4 crues par siècle.
Pour certains esprits chagrins, l’ère des Marchés et des Foires est révolue, les facilités de communication, le système de grande distribution ont eu raison de ce mode de commerce archaïque. Mais alors, pourquoi, de nos jours, la moindre petite ville essaie de lancer une foire à n'importe quoi et lorsque l’expérience réussit, on fait une publicité monstre autour du 2ème, 3ème ou 10ème anniversaire de la—dite manifestation ? Si les Sommiérois avaient eu confiance dans la destinée économique de leur ville, ils auraient pu fêter cette année le 420 anniversaire de la Foire des Rameaux (la plus jeune des 6 !)
Le parchemin dont nous venons de parler fait partie de ceux qui ont été présentés dans l’exposition « A la découverte de nos Archives » après avoir été restaurés gracieusement par l'Atelier de Restauration et la Bibliothèque Inter Universitaire de Montpellier. Que les techniciens de cet atelier trouvent ici le témoignage de notre reconnaissance.

J.L. RENARD
Sur les photos Gérard Guiraudet et Aimé Jeanjean dans l’ancien local des archives de Sommières, Rue Général Bruyère.

Le défunt Antonin Paris rate le train le jour de ses obsèques

Ce n'est ni un canular, ni une plaisanterie, mais un fait réel dont fut témoin le père d'un ami Sommiérois qui m'a narré l'histoire.
Antonin Paris Ingénieur et Directeur du PLM (1850-1918) résidait en Arles. Pour venir chez lui à Sommières au numéro 2 de la rue qui porte son nom, il faisait mettre sous pression une locomotive à laquelle on attelait son wagon salon et le mini convoi prenait le chemin de notre ville. Au cours de l'été 1918, alors qu'il soignait à Luchon une affection de la gorge notre spécialiste « es vapeur » décéda. La veuve rejoignit la Grand Rue en toute hâte pour préparer les funérailles de son époux. De grosses légumes venues tout exprès de Paris, le Préfet, le Conseil Municipal, la population devaient y assis¬ter.
Le corps placé dans un wagon spécial accroché au train régulier Montpellier-Le Vigan devait arriver en gare où la foule attendait.
Le train fut bien à l'heure, mais point de wagon mortuaire. Une erreur de manœuvre l'avait expédié dans je ne sais quelle autre direction.
Panique générale. Fallait-il reporter la cérémonie ? Impossible. Elle se déroula donc comme prévu couronnes, chants, discours, en I'Eglise St Pons et en l'absence du principal intéressé.
Le lendemain, au premier train, Antonin Paris regagnait incognito sa bonne ville et sa dernière demeure route de Saussines. En 1926 la Mairie de l'époque (Pélissier Maire) ayant des problèmes de trésorerie avec l'Hospice, accepta de donner le nom d'Antonin Paris à la Grand Rue contre une somme de 10 000 F léguée par la veuve.
J'ignore tout des finances municipales, mais je suppose que si un généreux donateur veut bien se manifester, nous lui trouverons certainement quelque tronçon de rue non encore baptisé.
Aimé JEANJEAN

A quand remontent les cadeaux de Noël à Sommières ?

Les recherches sur l'origine des cadeaux de Noël renvoient toutes sur les mêmes conclusions, la tradition serait dérivée des étrennes du monde romain antique et sa transposition au jour de Noël, le 25 décembre, daterait du XVIIe siècle voire selon certains du XIXe.
C'est encore en explorant les riches archives de Sommières que l'on pourrait suggérer de reconsidérer ces affirmations. En effet, la première mention de « présents pour Noël » date de 1512, c'est à dire des plus anciennes délibérations consulaires qui nous soient parvenues ! Le texte est en occitan :
« Per fer los presens per nadal, dich et conclus que fasson los presens acostumatz mes per so que Mosseur lo capittan es en villa ly fasson lo scen honeste et hi despendon per lo tot 12 lt ». Pour faire les présents de Noël, dit et conclu que l'on fasse les présents accoutumés mais parce que M. le capitaine (gouverneur) est en ville qu'on lui fasse le sien honnête (décent) et y dépensons pour le tout 12 livres tournois.
Alors non, il ne s'agit pas ici de cadeaux aux enfants, mais nous avons peu d'écrits sur la vie courante et il parait envisageable, sans toutefois en avoir la preuve, qu'offrir des cadeaux le jour de Noël se pratiquait aussi dans la sphère privée. Et le fait qu'elle soit « accoutumée » révèle que la tradition remonte dans le temps bien avant le XVIe siècle. En 1559, alors que le gouverneur de la ville est malade, il reçoit de la communauté 6 chapons et du bois. Ses officiers ont également droit à des présents. Au lendemain de Noël 1523, M. le juge (de la cour royale) se plaint de n'avoir pas reçu de cadeau, on ne lui en fera point ! Trop vilain sans doute ...
JOYEUX NOËL !
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D'après les Archives Municipales de Sommières en ligne sur le site BROZER Téléarchives

Midi à quatorze heures

Quel est le Sommiérois qui n'a jamais pesté après son horloge, quel est celui qui n'a jamais voué à la casse cette mécanique qui s'arrête pour un oui ou pour un non, dont la discordance entre les aiguilles et la sonnerie va en s'amplifiant, sans parler de la voix de plus en plus fêlée de sa cloche ?
Et pourtant ! De l'horloge elle-même nous savons fort peu de choses. La mention la plus ancienne en est faite pendant le siège de 1573 : le capitaine Montpeyroux se réfugia avec quelques soldats dans la Tour de l'Horloge, les assaillants les enfumèrent en mettant le feu à des fagots sous la voûte, la fumée montant « par les trous où passaient les contrepoids ». Les meutrières, côté rue du Pont, conservent les traces des coups de mousquets qui saluaient les assiégés venant respirer un peu d'air frais. Le mécanisme actuel a été posé en 1890, une dizaine d'année après la réfection du cadran. Voilà donc près d'un siècle de service qui peut nous inciter à l'indulgence.
La cloche, elle n'a aucun secret : elle est datée de 1613. pèse 26 quintaux et quarante-six livres, elle a été posée le 22 octobre 1657 pour remplacer une cloche beaucoup plus petite qui était fêlée (déjà !). C'était, à l'époque, le seul moyen de communiquer avec la totalité de la population. elle servait aussi bien à appeler les consuls en assemblée qu'à avertir les habitants d'un danger quelconque, incursion de bandes armées, alerte au feu ou annonce d'une crue du Vidourle ; elle a d'ailleurs rempli cette dernière mission jusqu'à la pose relativement récente des sirènes électriques. Cabane, dans ses Annales, raconte en détail comment ce monument fut mis en place en présence de Monsieur Mongremier, premier consul, comment arrivées à la hauteur d'une canne les cordes se rompirent et la cloche tomba sans se casser, mais en faisant un enfoncement considérable à la voute du pont. On peut supposer malgré tout que cette chute n'est pas étrangère à la fêlure qui rend si peu harmonieux le son de sa voix. Malgré cette imperfection elle figure à l'inventaire des monuments historiques depuis 1912.
Pour les amateurs de chiffres, précisons que la grande aiguille mesure 1,35 m, sa pointe parcourt donc plus de 8 m à l'heure, 200 m par jour, soit en 94 ans plus de 7 000 kilomètres, Quant à la cloche, depuis 327 ans à raison de 336 coups par jour, sans compter les alertes au Vidourle ou les assemblées de Consuls, elle a supporté plus de quarante millions de coups de marteau. Bel exemple de solidité, de fidélité, de services rendus ! Alors Mesdames et Messieurs les élus si vous entendez certains esprits chagrins dire un jour que notre horloge marche... comme les affaires de la ville, sachez apprécier ce compliment à sa juste valeur. Ce sont d'ailleurs ces mêmes esprits chagrins qui nous accuseront d'être allés chercher midi à quatorze heures !
J.L. RENARD

Rue Compane

Continuons notre petit tour dans les rues de la ville : Rue Compane
La rue Compane démarre à gauche, au milieu de la montée du Pont, RD, passe sous les maisons, s’allonge parallèlement à Vidourle vers le Nord puis forme un angle droit pour rejoindre la route de Salinelles.
Elle s’est appelée rue de la Campane (allusion à la cloche de l’église St Amand ?), rue de la Companne, la femme ou la fille de Compan ? On connait la date de baptême, 25 mars 1678, de Marguerite Compan(ne) fille de Pierre Compang jardinier, habitant de la rue et qui possédait un terrain au NO portant aujourd’hui sur le cadastre le nom de COMPAN. Autrefois les propriétaires donnaient souvent leur propre nom à leurs parcelles. L’hypothèse est ici la plus probable.
« Censives (taxes) dues aux Quatre Prêtres (fondation religieuse) : jardin de Compan. Les hoirs (héritiers) de Compan Pierre : un jardin à roue (pousaraca= noria) assis près le dit Sommières. 1 sétérée »
Date : 1660. La sétérée, à Sommières, présente une superficie de 20 a soit 2 000 m2. Le terrain COMPAN actuel s’étend de la rue Compane (parking de la passerelle) jusqu’au passage qui descend aux passes de Vidourle sous le moulin de Gravevesse.
Quant à l’église Saint Amand nous savons qu’elle était primitivement située au quartier d’Escoute Poul. C’était une petite église romane (XIIe siècle), à l’emplacement d’une ancienne léproserie, dont on peut encore voir des fondations dans une propriété privée. Elle est détruite vers 1562. (Guerres de religion). Antoine Viger, ancien maire de Sommières démissionnaire en 1809, peu fiable historiquement, indique : « Les vestiges et ruines de l’autre couvent se voyent encore au même terroir nommé Malevirade à peu de distance de la ville, où l’on voit partie du sanctuaire de l’église, avec quelques restes de peintures sur les murailles et le millésime de sa dédicace ou le temps de sa construction… »
Le culte catholique est transféré dans la petite tour en bout du Pont rive droite, la tour de la Gleisette détruite en 1715. L’évêque Séguier lors de sa visite pastorale trouve ce lieu « peu convenable ».
Donc nouveau déménagement route de Montpellier, sur un terrain acheté à Fraissinet de Montagnac au bord de Vidourle. Une crue importante est sans doute la cause de sa ruine définitive, Jean Cavalier, en 1703 l’ayant déjà passablement malmenée. Elle figure en pointillés sur le cadastre napoléonien.
Aménagée quelques années plus tard dans une ancienne maison à l’angle du pont et de la rue Compane, comme on peut le voir sur un document provenant des AC de Sommières et daté de 1715, la nouvelle église possède un petit clocher et sa cloche. Désaffectée à la Révolution, la cloche est descendue le 6 août 1791 et expédiée au Service des Monnaies à Montpellier. L’église et le presbytère sont vendus aux enchères publiques le 15 février 1792 à un dénommé Roux ancien maire de Sommières.

La voirie au 18ème siècle

L’enlèvement des ordures ménagères et le balayage des rues a de tous temps été une préoccupation pour les administrateurs communaux.
Si la présence dans les rues de containers débordants, la ronde de la balayeuse mécanique, la rencontre avec un employé municipal jouant du balai font partie intégrante de notre paysage quotidien, il y a deux siècles, les choses n’étaient pas aussi faciles.
De nombreuses maisons de la ville basse ou de la Taillade, comportaient au rez-de-chaussée une écurie, une étable où l’on élevait ânes, mulets, cochons, chèvres, poules et lapins. Je ne parle pas des affenages et relais de poste. Le purin associé aux eaux grasses de la maison s’écoulait péniblement dans les caniveaux, et, tous les matins, fumier, ordures ménagères, détritus de toutes sortes étaient expulsés et entassés le long des rues et sur les places publiques.
En période de sécheresse, le liquide nauséabond stagnait, formant « de vrais cloaques » dans lesquels s’ébattaient les animaux de ferme, polluant les puits et occasionnant de magnifiques épidémies de dysenterie. L’hiver la pluie diluait le tout.
Les archives conservent, entre autres, la trace d’une affaire de chien crevé, jeté à la rampe du château qui provoqua une bagarre entre les sieurs Leblanc et Marcha (8.7.1768). De telles querelles étaient on ne peut plus fréquentes.
Pourtant des efforts louables étaient accomplis et des règlements de police fréquemment pris ou renouvelés. Le 26 février 1746, 1e sieur Collet, 2e Consul, fit approuver une ordonnance dans laquelle il est écrit : « que la propreté des rues étant un objet de la plus grande attention du bureau, il convenait de faire certains règlements qui assurent d’une manière solide cette propreté, et à cet effet d’assigner aux balayeurs des jardiniers, les quartiers différents que chacun d’eux doit nettoyer tous les matins. »
En effet chaque propriétaire de maison devait balayer tous les matins le devant de sa propriété jusqu’au milieu de la rue. Des balayeurs, payés par les jardiniers de la ville, devaient collecter les ordures dans un secteur précis et bien déterminé : … « Ils seront tenus chaque jour, de grand matin, de ramasser et d’emporter les ordures et immondices, de même que les boues des rues et places publiques sous peine d’une amende de 5 livres... moyennant quoi, il est accordé aux jardiniers de cette ville le droit exclusif de balayage des rues ». Bref un vrai monopole. La ville fut divisée en onze quartiers dont le détail nous est connu, indiquant pour chacun le nom du jardinier et précisant les limites de son action.
Lorsque l’un d’entre eux ne pouvait assurer son service, ses confrères devaient le suppléer sous peine d’amende.
Les balayeurs ne pouvaient paraître dans la ville «avec leurs bourriques qu’autant que les dites bourriques auront sur le devant de la tête une marque en fer blanc qui leur a été donnée par la ville, contenant le numéro qui répond à l’ordre donné pour le rang des balayeurs ». Des plaques minéralogiques avant l’heure !…
D’archaïques tombereaux tractés par des chevaux sillonnèrent les rues jusqu’en janvier 1963 date à laquelle le Conseil Municipal décida « ...de doter notre ville d’un appareil mécanique digne d’une localité qui a le souci de se moderniser ».
Enfin c’est en 1982 que sera acquise la première balayeuse automatique et en 1983 que l’usine d’incinération sera mise en route.
Texte : A. Jeanjean

Bagarre et moqueries sur la tenue des consuls

Les hommes qui occupaient la fonction de consul, premiers magistrats des communautés d'habitants au nombre de quatre à Sommières (*), se distinguaient par leur tenue officielle appelée la livrée consulaire. Elle était constituée d'une robe fourrée et d'un bonnet coiffé d'un chaperon. On sait grâce à certains comptes que l'on utilisait du velours, du taffetas et de la soie pour confectionner les chaperons et que ceux-ci coûtaient très cher. Nous n'avons aucune information sur les couleurs.
Les consuls se devaient de porter leur tenue d'apparat en toutes occasions officielles sous peine de sanctions (*). La robe était toutefois proscrite lors des processions avec torches - souvenirs d'incidents ? - et pour certaines danses de carnaval qui les abîmaient. A partir de 1536, il est permis de porter un chapeau et un manteau par temps de pluie. Solennelle, symbolique et ostentatoire, la livrée consulaire n'en devait pas être moins extravagante et encline à se démoder au fil des siècles pendant lesquels elle fut portée par des générations successives de consuls. Si la population locale y voyait le signe d'une fonction respectable, d'autres considéraient l'accoutrement ridicule !
Ainsi, le 27 juin 1674, vers les dix heures du soir, des soldats d'une compagnie de cavalerie de passage à Sommières font du grabuge dans une auberge servant de taverne (un logis). Deux consuls « armés de leur chaperon », accompagnés du valet de ville qui éclairait avec un flambeau, accourent pour rétablir l'ordre. Les cavaliers, le sabre à la main et armés de pistolets, les attaquent en se moquant de leur tenue et des habitants de Sommières. Ils bloquent la fuite des consuls, l'un d'eux et un client sont grièvement blessés par des coups de sabre aux bras et à la tête (et sur les chaperons !). Il faudra l'intervention du premier consul, M. De Saint-Amans dont on précise qu'il portait lui aussi son chaperon, et de plusieurs habitants pour maîtriser la situation.
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D'après les délibérations consulaires - Archives Municipales de Sommières en ligne sur BROZER Téléarchives

Le 11 novembre 1918 raconté par un fantassin de Villevieille


103 ans après la fin de la Grande Guerre, alors que la mémoire de nos aïeux s’efface peu à peu nous vous présentons le témoignage d’un fantassin de 22 ans, André MOURET de Villevieille qui évoque ce jour du 11 novembre 1918.
Depuis son incorporation au 105e RI, le 10 avril 1915, André a fait la campagne de Verdun, puis a combattu dans la Somme où il a été blessé une première fois en mai 1916. Guéri, il participe ensuite aux combats de l’Argonne. À l’automne 1917, il fait partie du contingent que la France met à la disposition de son alliée l’Italie où il se bat jusqu’en avril 1918. De retour en France, il combat dans la Somme, puis dans l’Aisne en août 1918 où il est blessé, une seconde fois, par des éclats d’obus. Il est soigné puis à nouveau renvoyé aux tranchées.
Le 11 novembre 1918, il apprend la nouvelle de l’armistice depuis l’hôpital parisien où il a été admis pour soigner de nouvelles blessures par balles reçues au bras droit le 4 novembre. Du fond de son lit, il adresse ce jour- là à sa « chère seurette » (sic) une carte émouvante dans laquelle il raconte ce qu’il a vécu :
« Cette carte pour te dire que ma santé se maintient. Mes blessures vont doucement mais de mieux en mieux. Je pense qu’à la maison, vous en êtes de même. On vient de nous annoncer la fin de la Guerre. Elle est pourtant arrivée ? A Paris les cloches ont sonné et les canons ont tiré. A cette occasion, à l’hôpital, on est en fête ; on a bien diné et maintenant on est en train de placer des drapeaux un peu partout.
Je n’est (sic) pas encore de vos nouvelles ici à l’hôpital. Je crois que cela ne tardera pas. Je suis toujours couché, mais ça n’est pas que je suis bien malade. D’abord je me plait (sic) assez bien au lit. Des livres ne manquent pas et lire est ma seule distraction. Je ne vois plus grand-chose à vous dire. Je vous embrasse bien fort. Bien des amitiés aux parents et au voisin. Ton frère André »
Carte datée du 11 nov.1918 écrite par André Mouret
(AC Sommières, fond Annie Lacroux)

Rue Général Bruyère

Cette rue doit son nom à Jean-Pierre Joseph Justin Bruguière dit Bruyère, Général d’Empire, Baron, Comte. Issu d’une famille de chirurgiens et d’avocats-notaires, il nait le 22 juin 1772. Grand cavalier (chasseur à cheval), il participe aux batailles des guerres d’Italie, de Marengo, Iéna, Eylau, Wagram, la Moskova. Le 22 mai 1813 il a les deux cuisses emportées par un boulet à la bataille de Reichenbach et meurt le 5 juin à Görlitz. Cavalier d’un grand courage c’est au combat qu’il gagne ses galons, toutefois bien aidé par son mariage avec la nièce du Maréchal Berthier.
La rue est particulièrement intéressante par la façon originale dont elle a été créée. Les remparts moyenâgeux de la ville, côté Nord, descendaient de la tour d’angle dite de la « Bistoure » jusqu’à celle dite « la Glacière » ; ils comportaient une autre tour, transformée en porte, connue de nos jours sous le nom de « Porte du Bourguet ». A leurs pieds, un fossé avait été creusé : l’eau d’une source du plateau s’y écoulait ainsi que les eaux pluviales, en direction de Vidourle.
Ce fossé servait aussi d’égout, de poubelle ; on venait y faire ses besoins, on y vidait les seaux « hygiéniques », on y jetait les entrailles des bêtes tuées pour la boucherie, des volailles mortes. En été l’eau stagnait, les herbes et les ronces proliféraient. La puanteur était importante.
Dans la ville, derrière les remparts, la situation n’était guère meilleure puisque toutes les rues comportaient en leur milieu un fossé de faible pente où s’écoulaient les eaux usées (tanneries), les fumiers, les fientes et toutes sortes d’excréments. Il était le royaume des cochons, des volailles, des chiens. C’était la pluie qui nettoyait. Là aussi l’odeur était suffocante. Les passants faisaient leur possible pour circuler sur « le haut du pavé ». L’humidité était importante à tous les rez-de-chaussée. Tout ceci était la cause d’épidémies, de maladies, (tuberculose) de pollution des eaux. Un égout venant des rues « Basses » s’écoulait vers le fossé en passant sous les remparts. De nos jours on peut encore y accéder.
Devant cet état sanitaire déplorable, la municipalité qui avait déjà procédé à plusieurs ouvertures dans les murs de la ville, décide le 25 juin 1813 la démolition des remparts existants encore et qui n’ont plus aucune utilité militaire. Ce projet qui comprend tous les remparts jusqu’à la « Grave », permettra d’aérer et d’assainir la ville. A l’exception d’un lot, ce sont les propriétaires des maisons voisines ou incluses dans ces murs qui remportent tous les lots, 31, estimés à 3 745,95 F. Ils pourront ainsi modifier les façades, ouvrir des portes et des fenêtres, aérer, ajourer, rendre plus vivable.
Le Cahier des charges précise qu’une fois le rempart démoli, les adjudicataires doivent laisser le sol propre et à plat ; les matériaux seront enlevés et les gravats déposés dans des endroits indiqués par M. le Maire. Reste le fossé. Les citoyens Joseph Franc, neveu, négociant, Jean Arnal fils, maçon et Pierre Robert, menuisier, s’étaient portés adjudicataires et avaient déjà été retenus en 1797 « pour bâtir ou faire bâtir sur voûte, dans toute la largeur et sur toute la longueur du dit fossé ou aqueduc, les édifices ou maisonnages qu’ils trouveront à propos. » Délibération du CM 7 mai 1797.
Ainsi va se créer la rue bordée de maisons construites en partie sur les voûtes recouvrant le fossé, très vraisemblablement recalibré et réduit. C’est d’ailleurs par une trappe de l’une d’entre elles que l’on peut y accéder. Elle sera d’abord appelée Rue Neuve, puis Rue du Mal de Tête à cause du bruit fait par les chaudronniers et les forgerons qui s’y étaient installés. Enfin, le 18 avril 1888, elle recevra le nom de Rue Général Bruyère.
Texte et photo Aimé Jeanjean

La rue des Fours

Le nom de cette rue située dans la vieille ville, nous renvoie à la notion de fours à pain, de fours banaux. Au Moyen Age, en vertu du « droit de banalité », conséquence du « droit de justice et de police», les seigneurs jouissaient de certains monopoles et obligeaient leurs « censitaires » ou contribuables, moyennant paiement d’une redevance, à moudre le grain, cuire la farine, c’est-à-dire le pain, pressurer les fruits, au moulin, au four, au pressoir seigneurial, que de son côté, le seigneur était obligé d’entretenir en bon état, ainsi que les chemins y conduisant. Il était donc impossible de cuire son pain ailleurs qu’au four seigneurial. Ces « banalités » comptaient parmi les droits les plus lourds et les plus détestés. Le four était généralement affermé à des boulangers appelés « fourniers ». On cuisait le pain pour la semaine, la quinzaine, parfois plus, de gros pains de mie sous une grosse croûte afin d’assurer la plus longue conservation naturelle. Les habitants devaient marquer leurs pains et même donner une bûche de bois pour le cuire. Pour éviter les incendies, les fours formaient des constructions indépendantes sous la forme de petits bâtiments rectangulaires. Au XVIème siècle, les banalités étant tombées en désuétude, les fours sont devenus communaux et donc accessibles à tous. Mais le droit de banalité n’a été officiellement aboli qu’en 1793. On a fait appel à des boulangers qui vendaient leur propre pain, mais la réglementation établie par la municipalité était très stricte. « Les boulangers sont tenus de faire du pain de toutes les qualités sur les tarifs qui leur seront remis. Il leur est défendu de vendre du pain au-dessus du prix fixé par ce même tarif. Le pain exposé en vente doit être de bonne qualité et bien cuit. » Quant aux marchands et négociants en grains, « il leur est défendu de les garder enfermés chez eux ; ils doivent toujours avoir leur magasin ouvert, exposer et montrer ce grain et le vendre au prix courant sans pouvoir en interrompre la vente tout le temps qu’ils en ont dans le magasin. Il est aussi défendu de vendre du blé gâté ou de la farine de mauvaise qualité. Il est aussi défendu de vendre du blé submergé (inondations). » N’oublions pas que le manque et la spéculation sur les blés sont une des causes de la Révolution Française. Voir à l’angle avec la rue Mondon le joueur de cornemuse (+/- XVème). A noter aussi plusieurs « pontils » servant à solidariser les maisons les unes aux autres, ainsi que les restes d’un support de « tablier » d’une boutique.

L'atelier monétaire de Sommières

Du Bernardin au Lion d'or
Le sujet est vaste et si l’on s’en tient au seul aspect numismatique, il est aride. Les espèces féodales n’ont ni la majesté d’un bronze romain, ni la finesse des monnaies de la Renaissance, elles sont exclusivement en argent ou en billon (alliage cuivre/argent), très minces (le denier qui mesure 18 mm de diamètre pèse moins d’un gramme).
Ces pièces ne portent aucune indication de valeur, ne sont pas datées (la datation des monnaies ne se fera qu’a partir de François 1erLes légendes, très souvent abrégées demandent une grande habitude pour être déchiffrées. Mais c’est peut-être cette accumulation d’imperfections qui rend ces modestes piécettes si attirantes. Les Bermond, seigneurs d’Anduze et Sauve battaient monnaie dés le début du XIe siècle. Un document de 1286, cité par tous les spécialistes, confirme que l’atelier monétaire de Sommières avait fonctionné pour le compte des Bermond avant de battre monnaie royale.
La production féodale était constituée essentiellement de deux types de deniers et une obole au coin des Bermond. Le premier qui aurait battu monnaie serait Bernard 1er (d’où le nom de Bernardins donné aux deniers). Raymond de Roquefeuil, fils de Bernard d’Anduze, faisait également battre monnaie à Sommières. Ces deniers dits Raymondins sont rarissimes.
Lorsque les Bermond furent dépossédés de leurs territoires par Saint Louis, l’atelier continua à fonctionner pour le compte du Roi.
Les espèces deviennent plus nombreuses : outre les deniers et les oboles, on trouve les double-tournois, les gros tournois, le bourgeois, la maille blanche, etc… Pour cette période, il est pratiquement impossible d’attribuer telle pièce à tel atelier ; les neuf ateliers royaux ayant la même production. Les « lettres d’atelier » permettant de reconnaître la provenance n’apparaîtront qu’à la fin du XIVe siècle.
La monnaie d’or, abandonnée depuis la fin de l’occupation romaine réapparaît : Agnel, Ecu, Masse, Chaise, Pavillon . On donne à ces monnaies le nom de l’emblème qu’elles portent, et parmi les plus prestigieuses : le LION D’OR, 4gr.70 d’or fin, représentant le Roi tenant deux sceptres, assis sur un siège gothique, les pieds appuyés sur un lion couché. Ce fut une des dernières productions de l’atelier de Sommières, en 1338.
L’atelier fut transféré à Montpellier à la fin du règne de Philippe VI de Valois, ainsi qu’en fait foi l’ordre donné le 14 Novembre 1340 au sénéchal de Beaucaire de payer les frais de déménagement.
Texte : J-L. RENARD de 2008
Photos : Monnaie de Sommières, Anduze, Sauve. Avers et Revers sur lequel nous trouvons une croix nêlée. (Collection A. Jeanjean)

La cloche du temple de Salinelles

Après avoir lu l’inscription figurant sur la cloche du temple de Sommières, une visite au temple de Salinelles s’imposait pour voir cette vénérable cloche de 1583. Notre collègue Jean-Pierre Maurel, de l’association « Sommières et son Histoire » a pu en faire quelques photos, ce qui a permis de reconstituer l’inscription figurant sur une seule ligne, en majuscules, à la partie supérieure de la cloche :
« MIRABE2 MA FAICT 1583, LOVANGE A DIEV TA VOLONTE SOIT FAICT ».
C’est bien cette même inscription qui a été reproduite sur la cloche du temple de Sommières. La date de fabrication de la cloche est confirmée : 1583. Il n’y a pas d’autre renseignement susceptible de nous éclairer. C’est une cloche très sobre, avec simplement une guirlande en relief au-dessus de la ligne d’inscription. Cette cloche de 1583, placée auparavant, sur l’église des Cordeliers, a donc été cédée par les protestants après la réfection de la façade de l’ex-église et l’achat d’une nouvelle cloche dont les fidèles ont fait l’acquisition. Mais depuis quand était-elle là ?
Lors des Guerres de Religion, le couvent des Cordeliers et leur église ont été complètement rasés. Lorsque les querelles religieuses marquèrent un répit, après la proclamation de l’Edit de Grâce d’Alais, en 1629, les Cordeliers reviennent à Sommières, en 1630. Ils trouvent un tas de ruines à la place de leur couvent et de leur église. Tout est à reconstruire. Malheureusement, leur communauté s’est très considérablement réduite : de trente qu’ils étaient autrefois, ils ne se retrouvent plus que six.
Ils entreprennent d’abord la construction du couvent, qui compte tenu de leur effectif sera de dimensions plus modestes que l’ancien édifice. En octobre 1671, le Père Maraval, Provincial et Commissaire Général des Frères Mineurs de St François, en la Province du Languedoc, vient visiter le couvent…mais il déplore l’absence d’une église et forme le dessein de reconstruire celle abattue. Finalement, c’est Raymond de Pavée, lieutenant pour le Roi au Gouvernement de Sommières qui vint en aide au Père Maraval et contribua pour beaucoup à la reconstruction de l’église qui fut achevée qu’en 1710.
Gérard GUIRAUDET
Photos : JP MAUREL, G GUIRAUDET

La cloche du temple

On a profité des travaux de réfection de la toiture du temple de Sommières en 2009 pour photographier la cloche de très près et sous tous les angles. Cette cloche avait été au centre d’un débat lors de l’échange suscité par la mairie en 1807, entre le couvent des Récollets (actuellement Institution Maintenon) et le couvent des Cordeliers devenu hospice, puis maison de retraite, et actuellement EHPAD « La Coustourelle. ». Dans cet échange, la chapelle du couvent des Cordeliers a été mise à la disposition des protestants, et les catholiques qui y célébraient leurs offices ont récupéré alors l’église Saint-Pons. Dans l’acte d’échange, il avait été prévu que les objets mobiliers seraient transférés d’un édifice à l’autre.
La cloche du couvent des Cordeliers, faisant partie des objets mobiliers, aurait donc dû être transportée à l’église Saint-Pons. On sait que l’église n’avait plus de cloche car, au moment de la Révolution, elle avait été donnée « à la Nation pour faire des canons afin de détruire les ennemis du peuple ».
Finalement, le conseil municipal, après en avoir débattu, a décidé de laisser la cloche à sa place, sur le nouveau temple et d’en acheter une de « même poids » pour l’église.
La construction du couvent des Cordeliers ayant été achevée vers 1700, c’est donc une cloche de cette époque que l’on s’attendait à trouver sur le clocher du temple. Quelle n’a pas été la surprise de voir sur le bandeau supérieur de la cloche l’inscription suivante :
« LOVANGE A DIEV TA VOLONTE SOIT FAICT MIRABE MA FAICT 1583 ; »
1583 ? Comment est-ce possible ? La lecture des lignes suivantes, portées sur la cloche, nous fournit de plus amples explications :
« J'AI ETE FONDUE POUR REMPLACER L’ANCIENNE CLOCHE / DU TEMPLE DE SOMMIERES CEDEE A CELUI DE SALINELLES / ET J'AI ETE PAYEE PAR UNE SOUSCRIPTION FAITE / PARMI LES FIDELES SOUS LA DIRECTION DE MM LES PASTEURS / ARISTIDE DEVEZE PRESIDENT / ET ADRIEN HOURS MARCHAND / ET DE MM LES ANCIENS/ EMILIEN DUMAS DEVILLAS DAVID PINCHINAT / ALBARET OLIVIER ALPHONSE D’ESPINASSOUX / LOUIS CAUSSE ANDRE ;
Et à la partie basse de la cloche on peut lire sur une ligne l’inscription :
« EUGENE ET EMILE BAUDOUIN FRERES FONDEURS A MARSEILLE. »
Cette date de 1583 devait faire référence à l’ancienne cloche qui avait été posée sur cet édifice. Elle y était donc au moment de l’échange de 1807.
Gérard GUIRAUDET

Le juge de Sommières est capturé et massacré par "ceux de la Religion"

C’est dans le recueil de Giry, bachelier « ès droits » comme il se qualifie lui-même, que l’on trouve ce récit détaillé d’évènements qui se sont déroulés avant le siège de la Ville de 1573. Il était à Sommières lorsque les protestants, commandés par Antoine Dupleix, dit le capitaine Grèmian, surprirent la ville le matin du 6 novembre 1572. Et il aurait été tué par quelques soldats si Grèmian, lui-même ne l’avait secouru.
Le viguier de Sommières était un jeune homme appelé le capitaine Poget qui « adverty par l’advis de quelques catholiques se tenait serrè avec une quinzaine de soldats dans le chasteau Les autres habitans de la prétendue religion tenaient bonnes sentinelles, sur les murailles » Leur effectif avait été renforcé par cinq cents hommes venus des Cévennes. Cette troupe s’était cachée pendant la nuit, sans faire de bruit, dans les bois entourant les remparts. Grâce à leurs partisans qui étaient à l’intérieur ils purent rentrer par la « fausse porte. Le capitaine Poget qui s’était sauvé monta à la cime de la tour criant qu’on leur vint donner secours. Or, comme l’alarme fut par la ville, le juge de Sommières, ( qui habitait à la rue du Pont) catholique, qui disnait, pour lors, devisant et entretenant des demoiselles qu’il avait à sa table, ne pensant à la besogne qui se faisait, entendant tout à coup l’alarme, se leva promptement de table, laissant la compagnie, prit une allebarde, et sortit tout seul de sa maison, estant ceint d’une robe de chambre, à la turque, avec ses pantoufles ; et en cet équipage s’en alla par la ville s’enquérir ou estoit l’ennemy, ne pouvait croire qu’il fust entré dans le chasteau. Puis estant adverti de la vérité il s’en retourna dans sa maison, où il print dans un coffre une escarcelle de velours pleine d’escuz, laquelle il mit dans son sein. Puis, il retourna dans la ville portant toujours sa allebarde et se faisant suyvre par un serviteur, auquel il fit prendre une broche de fer à la cuisine. A grand peine il pouvait porter sa allebarde, tant il estoit effrayè, ayant le visage tout changé. Les esperdues damoiselles qu’il avait laissé à table, voyans le piteux despart du juge et sa contenance tant piteuse, fondaient en larmes. Or, ce pauvre juge courait ça et là dans la ville. Il voit par une ruelle ceux de la religion qui descendoient du chasteau furieusement et s’emparoient de la ville ; quoy vovant il jeta son allebarde par terre. Son serviteur s’estant desparti de lui, il s’en alla cacher dans une autre maison. »
Les soldats l’ayant découvert « il les supplia à jointes mains de le prendre à rançon. Toutefois, sans le vouloir plus escouter, ils le massacrèrent, ce qui ne fust sans crys horribles que le pauvre juge jettoit, lesquels s’entendaient d’assez loin. ; puis il fut entterré en un fumier puant près de la maison. Les pauvres damoiselles s’estoient cachées sous les licts : mais furent trouvées, sans toutes fois qu’aucun tort fust faict à leur honneur. »
Gérard GUIRAUDET

Inondations et guerre des Camisards

Quelques crues importantes du Vidourle répertoriées jusqu'au XVIIIe siècle : 1403, 1575, 1684, 1689, 1704, 1719, 1723, 1745 auxquelles il faut ajouter - entre autres - celle de 1617 où apparaît dans les archives le mot « vidourlade ».
D'ailleurs à Sommières, on ne disait (dit) pas « Le Vidourle » mais « la rivière de Vidourle » ou simplement « Vidourle », signe de sa personnification (Vidourle arrive, Vidourle était gros, l'impétuosité de Vidourle, ...).
1704 - La Guerre des Camisards qui dure depuis 2 ans touche à sa fin. La communauté a fait face à des frais considérables pour se protéger des incursions des « fanatiques rebelles » (bandes armées protestantes) et pour le logement perpétuel d'environ 1500 soldats, officiers irlandais, cavaliers dragons du roi et autre infanterie qui continuent de causer d'importants dégâts malgré le récent aménagement de casernes à partir de maisons réparées et meublées pour 30 000 £.
En 1703, deux faubourgs avaient été incendiés tuant hommes, femmes et enfants et provoquant des dommages estimés à 50 000 £.
« Mais outre tout ceci et pour comble de malheur », du jeudi 27 novembre au lendemain, il pleut pendant 12 heures sans discontinuer. Les eaux emportent une grande quantité de murailles autour et dans la cité, arrachent des vignes, des oliviers et arbres fruitiers et détruisent la plupart des blés et terres nouvellement semées. Les rues sont couvertes de pierres, de sable et de graviers. Les nouvelles fortifications du moulin de Garanel sont emportées et plusieurs murs des faubourgs partiellement abattus. De nombreux animaux, moutons, mules, chevaux, et autres périssent noyés et quelques personnes décédées gisent sous les décombres « par le débordement de Vidourle le plus grand qu'on ait vu de mémoire d'homme ».
Les dommages sont estimés à 70.000 £ soit pour toutes ces dépenses l'équivalent de 3,5 millions d'euros !
On prie les autorités de l’État de considérer la situation déplorable de la ville, les suppliant d'être compatissants de la misère de ses habitants et de vouloir les soulager de leurs charges et impôts.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
D'après la délibération du 18 décembre 1704 - Archives Municipales de Sommières (BB24) en ligne sur BROZER Téléarchives
A lire : VIDOURLE ET VIDOURLADES par SSH
Photo PH. Foucher
Photo R. Gaussen
Photo Y Mouret (inondations 1958)

Cloche de la chapelle de l'espace Lawrence Durrell (ex-couvent des Ursulines)

Pour continuer notre tour d’horizon sur les cloches de Sommières, on va rendre visite à celle qui se trouve sur le clocher de l’ex-couvent des Ursulines, rue Taillade, devenu maintenant Espace Lawrence Durrell.
Au moment de la Révolution, le couvent a été fermé et les Ursulines en ont été chassées le 1er octobre 1792. La chapelle avait été désaffectée quelque temps auparavant.
La cloche, comme celle de toutes les églises supprimées, a été envoyée, comme on l’a vu, au service des monnaies à Montpellier pour être transformée en espèces.
Pour apercevoir le clocheton qui l’abrite, il faut aller sur la terrasse, à côté de « Radio-Sommières », (dans l’espace Lawrence Durrell), ou l’observer à partir du bas de la Taillade, côté route d’Aubais. On constate qu’une nouvelle cloche a remplacé celle qui a été supprimée.
Comment est-elle arrivée là ? À quelle époque ?
Après le départ des Ursulines, le couvent a servi à loger des militaires pendant plusieurs années. Il a été vendu ensuite, en 1798, comme Bien National, à un dénommé Castan, au nom d’une association de dix-sept personnes, puis revendu, en 1809, à J.B.Baly, « professeur distingué », qui transforme le couvent en établissement d’éducation à l’usage des jeunes gens, sous le nom d'« École Secondaire de Sommières. »
Cet établissement a fermé ses portes quelques années plus tard.
A l’incitation de l’un de nos compatriotes, l’Abbé Boucarut, vicaire général de l’évêque de Nîmes, Mgr. Cart, l’évêché fait l’acquisition de ces locaux. Il les cède ensuite à la Société Civile Immobilière de l’Enseignement Catholique du Gard qui y installe le Collège de l’Immaculée Conception.
Avant de recevoir les élèves, on procède au réaménagement des locaux. Des travaux importants sont aussi nécessaires pour restaurer la chapelle, qui, à la Révolution avait été louée pour servir d’entrepôt.
C’est sûrement après la fin de ces travaux que la cloche a été mise en place.
Pour voir de plus près cette cloche, il faut faire l’ascension du toit de la chapelle. Des clichés ont pu difficilement être réalisés : tout un côté de la cloche, donnant sur le vide, n’a pu être photographié.
Guillaume Bernard, conservateur des antiquités et objets d’art du Gard a réussi, à partir de ces photos, à déchiffrer une partie des inscriptions figurant sur la cloche. D’abord une date : « MDCCCL ??? (185…) et un nom : « PLANTIER EPO » (PLANTIER, episcopus (évêque.) qui avait succédé, depuis 1855 à Mgr Cart.
Gérard GUIRAUDET
Photos : Pierre Dessalces

Sombre destin d'un pauvre nourrisson

Explorons encore ce XVIe siècle où Sommières peine à se libérer de sa routine, loin des fastes de la renaissance et de ses châteaux somptueux. Sous la menace d'incessantes épidémies de peste, déchirée par les guerres fratricides, accablée par les conséquences des conflits internationaux, la cité n'a guère que le temps et les moyens de reconstruire ce qui s'écroule et de prendre soin du mieux qu'elle le peut de sa population.
Dans ce contexte, on pourrait croire que l'abandon d'enfants et l'infanticide sont courants et presque banals. Ce n'est pas ce qu'il ressort des archives de la municipalité de l'époque. Les enfants abandonnés, désignés sous le nom de « bâtards », sont recueillis et élevés par des familles d'accueil qui sont payées par la communauté d'habitants, autrement dit par le contribuable. Un seul infanticide est relaté dans les délibérations consulaires. L'article, adapté à notre époque, témoigne sans détour de l'horreur du drame : « Le 20 janvier 1563, une femme du lieu de Galargues le Petit a fait un enfant et d'après elle-même l'a tué et enterré comme l'indique le bruit, voix et fame publics de sorte qu'après, les pourceaux (cochons) l'ont déterré et en ont mangé la plus grande partie, ce que l'on ne doit pas laisser passer. Sur quoi a été arrêté qu'on fasse amener ladite femme et la conduire en ville en prison pour que, une fois qu'on a entendu et vérifié la vérité du fait, on en fasse faire telle punition qu'elle aura méritée, aux dépens de la ville. »
Deux articles datés des 5 et 19 mars suivants nous renseignent sur le sort funeste de la mère criminelle. Pierre Rouvière, maçon, demande à être payé 5 sous pour chaque jour et nuit que « la femme qui fut dernièrement exécutée a demeuré dans sa maison ». Le frère de cette dernière souhaite ensuite trouver un arrangement pour payer les frais de justice du temps qu'elle fut prisonnière.
Ni le nom de la femme ni celui de son frère ne sont divulgués. On ignore pourquoi elle n'a pas été enfermée dans le château, une autre femme le fut trois ans auparavant - mais elle était lépreuse. On peut penser que la sentence impitoyable de la cour royale de Sommières, dont les modalités d'exécution nous sont inconnues, a été motivée par la mutilation abjecte du corps de ce pauvre bébé. Cela n'exclut pas que bon nombre de nouveau-nés aient pu ainsi disparaître sans que les coupables ne soient inquiétés, les justifications de ces actes ultimes échappant à notre raisonnement moderne.
Nicolas LAWRIW
mvic.fr
D'après les archives municipales de Sommières (BB5 et BB7) en ligne sur le site BROZER Téléarchives

Le maître d'école ne vaut rien !

Il y a 500 ans, c'était aussi la rentrée à Sommières
Nous avons évoqué la semaine dernière les consuls de l'ancien régime (avant la révolution), équivalents de nos maires et adjoints actuels. Il y a 500 ans, l'éducation et la gestion de « l'école » comptaient déjà parmi leurs compétences. Le sujet revient assez souvent dans les registres des délibérations consulaires aussi loin qu'ils puissent remonter dans le temps. La plus ancienne mention date de 1514 où le conseil politique souhaite limoger sans ménagement le maître d'école pour incompétence !
« Que aion ung bon magister que tengua los enfans cortz car aquel que hi es non hi val rien »
« Qu'on ait un bon maître (d'école) qui tiennent les enfants courts? car celui qui y est ne vaut rien »
L'évaluation des compétences des enseignants était une préoccupation récurrente car ceux qui étaient « capables et suffisants » semblaient rares comme le suggère aussi une violente dispute entre des parents et l'enseignant en 1553 où ce dernier est accusé de jouer aux cartes, de ne pas vouloir lire le latin et de s'attaquer « inhumainement » aux enfants à coup de poing ! Notons qu'il rétorque « qu'il n'y a pas de gens savants », sous-entendu dans sa classe. Il nie les attaques physiques.
Qu'étudiait-t-on à l'école ?
L'école se trouvait quelque part « sur le pont », comprenez rue Marx Dormoy. Elle déménagera vers 1523 rue de la Taillade, dans la maison de Manaud Freton touchant l'ancien cimetière aujourd'hui disparu. Un article (et un seul) de 1543 nous donne quelques indications quant à l'enseignement délivré à cette époque :
« M. Vidal sera recteur et tiendra norme pour faire venir les enfants et faire parler latin. Il a promis qu'il lira Despauteri, la Syntaxe, le Nebrice, le Catonet, Ciceron, Persée (*) et que les enfants iront à l'église comme ont accoutumé ».
Il s'agit donc d'éduquer des enfants dont on ne connaît pas l'âge, très certainement d'une classe sociale élevée, sur des ouvrages on ne peut plus classiques. Le « recteur » ou « magister », assisté d'un « bachelier », était rémunéré par la commune et reconduit (ou non) chaque année. En 1556, il dispensait ses leçons le matin de 6h à 8h et l'après-midi jusqu'au soir. Il avait des obligations religieuses, notamment faire chanter les enfants à l'église sous l'égide d'un « cabiscol », responsable de l'école cathédrale, ou les conduire aux processions.
A partir de la fin du XVIe siècle, la réforme protestante renforcera le système scolaire en faisant de l'apprentissage fondamental de la lecture, de l'écriture et du calcul - dont il n'est jamais question dans les documents étudiés - une de ses priorités.
Prenant ensuite le nom de régent des écoles ou précepteur de la jeunesse, religieux ou laïques, ces instructeurs ont contribué à bâtir notre société moderne et civilisée en donnant les moyens, le plus souvent malgré eux, de développer l'esprit critique, ce qui, à l'heure de l'information tous azimuts, est encore d'autant plus nécessaire ...
(*)
- Despauteri (Jean DESPAUTÈRE) : grammairien flamand en langue latine mort (1460/1480-1520)
- Nebrice (Antoine DE NEBRIJA) : humaniste espagnol, historien, grammairien latin, etc. (1441-1522)
- Le Catonet : manuel scolaire d'abord attribué à Caton l'ancien (IIIe-IIe s. av JC).
- Ciceron : homme d'état romain, philosophe et écrivain (Ier s. av JC)
Nicolas LAWRIW - mvic.fr

Tous les convives du banquet "baiseront" la femme du consul

Depuis les XIIe et XIIIe siècle, Sommières est administré par un conseil politique composé de 16 conseillers répartis en 4 « échelles » ou corporations, les cuiratiers (métiers du cuir), les avictuailliers (marchands), les sabatiers (métiers de la chaussures) et les brassiers ou laboureurs (ouvriers et propriétaires terriens). Un magistrat de chaque échelle appelé consul était tiré au sort parmi ces conseillers. Cette organisation est à l'origine de notre conseil municipal avec des compétences comparables. Des privilèges octroyés par les monarques et régulièrement confirmés par des ordonnances royales régissaient la vie politique et sociale de la petite cité. Ces privilèges reprenaient les coutumes locales et étaient assortis de statuts ou livres des coutumes.
Le 6 novembre 1521, lors d'un conseil général qui se tient peu de temps après les élections annuelles, on « notifie les articles et statuts accoutumés » en insistant sur plusieurs points :
« Que le conseiller qui faillera à venir (aux conseils) paiera une amande dans les 15 jours.
Passé ce délai, il paiera le dîner (ou banquet) à tous les conseillers ». « Que ceux qui ne viendront pas à ces dîners seront pareillement condamnés ».
Et
« Que tous ceux qui seront présents à ce dîner seront tenus de "baiser" la femme de celui qui a été condamné à le payer » et ce « dans l'ordre, l'un après l'autre, suivant leur rang » ! (*)
S'il s'agit d'un baiser chaste, rien n'en indique la nature, sur la main, la joue, la bouche ? Il est de même difficile de comprendre la finalité de cette sanction, symbolique ou humiliante pour le fautif. La note précise que la malheureuse outragée sera son épouse ou « celle qu'on présentera » (?). L'ordre de passage était aussi important puisqu'on voulut condamner un conseiller pour avoir « baiser la femme d'un consul avant son précédent », ce qui confirme d'ailleurs que la mesure disciplinaire était bien appliquée.
L'honneur et la dignité de ces hommes - et de leur compagne ! - pouvait donc être mis à mal pour avoir simplement zappé une réunion mais également pour avoir oublié les clefs de la maison consulaire (mairie), ne pas avoir porté les habits officiels lors d'une cérémonie ou avoir omis de les faire fourrer. On avait tout intérêt à payer l'amende dans les délais.
Voilà une curieuse et énigmatique coutume sommiéroise qui n'a pour le moment été signalée nulle part ailleurs.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr
(*) Transcrit, traduit et adapté de l'occitan à partir des délibérations des consuls (Arch. Municipales de Sommières - BB2 - En ligne sur le site BROZER Téléarchives)

La refonte de la cloche du beffroi est envisagée en 1938

(Il semblerait que la fêlure a été « pétassée » et que des points de soudure ont été posés.)
​En 1938, la fêlure de la cloche ayant l’air de s’aggraver, la municipalité craint qu’un morceau de celle-ci ne se détache et ne vienne blesser , ou même tuer un passant de la Rue du Pont.
Deux entreprises de fonderies de cloches sont consultées : les fils de Georges Paccard à Annecy et la fonderie de François Granier à Saint-Laurent-de-Nières par Saint-Gervais (Hérault). Les deux fondeurs viennent à Sommières voir l’état de la cloche. Ils proposent tous deux de la refondre pour en faire une neuve.
La fonderie Paccard précise dans une lettre du 15 décembre 1938 « que la cloche de 1.18 m de diamètre pèse environ 1000 kg. Cette cloche est vraiment trop forte pour une horloge ; elle est pour ainsi dire disproportionnée avec la tour qui la supporte ? Cette tour du reste, est vétuste et demande des réparations. Nous croyons vous dire avec certitude qu’une cloche de 0.95 m de diamètre serait beaucoup mieux proportionnée. Elle pèserait 480 kg environ et s’entendrait trois fois plus loin grâce à l’alliage utilisé : 78% de cuivre et 22 % d’étain. »
La maison Paccard propose d’apporter la nouvelle cloche et de l’installer après avoir descendu la cloche fêlée qu’elle offre de reprendre à 12 frs le kilo de bronze. L’autre fondeur François Granier estime que tout l’intérêt historique de cette cloche vient des inscriptions qui y figurent. Il propose de les copier et de les reporter « à la cire perdue » sur une nouvelle cloche. Rien ne serait changé dans l’aspect extérieur. Il faut pour cela descendre la cloche fêlée, la transporter en atelier, relever l’inscription et la copier sur le moule, faire fondre la vieille cloche et en couler une nouvelle de 930 kg.
Le coût serait le suivant :
Prix de la refonte : 12 000 F
Copie intégrale des inscriptions : 1 000 F
Frais de descente de la cloche, deux transports et installation de la nouvelle cloche : 4 500 F
Soit au total : 17 500 F
Si la refonte s’avère impossible, il propose de mettre en place une nouvelle cloche de 500 kg : 23 000 F plus 4 500 F de frais de transport et d’installation.
La cloche « historique » serait déposée et exposée pour les visiteurs sur le haut du beffroi. En avril 1939, le maire informe la Préfecture de ces projets. Il reçoit une lettre du Bureau de l’Archiviste du ministère de l’Instruction Publique Languedoc Roussillon datée du 25 mai 1939. Celui-ci, en réponse à sa lettre, lui fait connaître, au sujet de la cloche de la commune : « étant donné son intérêt historique et le décor qu’elle porte, la commission des Monuments Historiques (section des objets mobiliers) a émis un avis défavorable à la refonte de la dite cloche. »
La municipalité avait oublié que la cloche du beffroi de 1613 avait été classée à l’inventaire des Monuments Historiques (section des objets mobiliers) le 30 novembre 1912 et de ce fait, devait être conservée.
C’est donc cette cloche de 1613, toujours fendue, qui, lorsqu’elle fonctionne, continue de rythmer la vie des Sommiérois. Elle n’est plus utilisée pour prévenir des inondations ou sonner le tocsin, un système de sirènes étant venu la suppléer dans cette tâche​
Gérard GUIRAUDET.
Photo Pierre DESSALCES

Mécanisme de l'horloge de l'hôtel de ville

En 1891, il est à nouveau question du clocher et de son horloge. Lors d’une réunion du conseil municipal du 6 février, le premier adjoint qui présidait le Conseil en l’absence du maire « informe le conseil que l’horloge publique de la ville détériorée par le temps et l’usure ne fonctionne que très irrégulièrement, les plaintes sont nombreuses et journalières ; la population tout entière verrait avec satisfaction son remplacement. Le conseil municipal à diverses reprises s’est occupé de cette question qui a été retardée d’année en année par suite de l’état des finances de la commune. La situation actuelle permettrait cet achat sans inconvénient pour sa gestion budgétaire. »
Il est décidé de passer un marché de gré à gré avec un fabricant d’horloges, Paul Octobey Fils, de Morez (Jura).
D’après le devis, « Cette horloge aura deux corps de rouage en cuivre de première qualité…elle sonnera les heures avec répétition d’heures, et les demies, sur une cloche de mille kilogrammes placée au-dessus de la tour, elle indiquera les heures et minutes par deux aiguilles sur deux cadrans extérieurs actuellement en place et ayant deux mètres de diamètre, et sur un troisième cadran de petite dimension placé au-dessus du mécanisme pour servir d’indicateur de l’heure extérieure et pour guider la mise à l’heure…L’horloge sera placée dans une armoire en sapin de menuiserie soignée…Les cordes pour les poids seront en fil de fer galvanisé, garanties à supporter sans se rompre un effort huit fois plus élevé que la pesanteur qu’elles auront à porter, les poids moteurs seront en fonte de fer…Le marteau qui frappera les heures sur la cloche sera construit dans le système frappant par-dessus, il sera d’un poids de 20 kilogrammes environ avec son axe et les leviers…Le prix de cette horloge, rendue et placée est de la somme de mille trois cents francs. La ville s’engage à faire remonter, régler et entretenir l’horloge convenablement. »
Ce devis est approuvé et signé le 4 mars 1891, par Paul Octobey et Louis Jeanjean, adjoint au maire.
L’horloge est installée au cours de l’année 1891. Le marteau qui vient frapper la cloche a dû être placé de manière à ce que les coups répétés ne viennent pas aggraver la fêlure existant depuis la pose de la cloche.
Gérard GUIRAUDET
Photos : Emilie Sieso

La cloche du beffroi : travaux en 1821

En 1821, la population se plaint auprès de la municipalité du mauvais fonctionnement de la cloche. Le maire demande à un nommé Vidal Dat un devis pour faire effectuer des travaux de remise en état du clocher. Voici ce devis : « Nous Vidal Dat, maître serrurier habitant de la commune de Sommières, commis par Monsieur le Maire de la dite commune pour dresser un devis estimatif des ouvrages et réparations à faire au suspend de la cloche de l’horloge se trouvant hors de son aplomb, ce qui donne lieu que le marteau ne marque pas les heures…Cette réparation est sy urgente que les consolles se trouvant hors de son aplomb, il pourrait donner une chute très fâcheuse. . »
Voilà ce qu’il propose : « La cloche sera suspendue par le moyen d’une charpente, les quatre consolles qui la supporte seront dégarnies et recellées à son aplomb, les quatre brides qui la supportent seront faites à neuf et cellées dans la pierre au soufre, les clavettes qui se trouvent rongées par la rouille seront faites à neuf » Il termine son devis en indiquant que « la rampe en fer servant à monter à la tour sera recellée». Le total du devis s’élève à deux cents francs. Il est daté du 31 juillet 1821. Le 14 août, le maire demande au préfet de Nîmes l’autorisation de payer au sieur Vidal Dat 200 francs pour les réparations à faire au clocher de l’horloge. Les travaux prévus au devis sont alors effectués. Gérard Guiraudet Photo 1 : E Sies

Les inscriptions de la cloche du beffroi de l'hôtel de ville

On peut accéder au haut du Beffroi par un escalier dont la porte d’entrée est située sous la voûte, au-dessous. De là, quelques marches munies d’une rampe en fer, permettent d’arriver à la hauteur de la cloche.
Les inscriptions qui y figurent ont été relevées en 1992, à l’aide d’un moulage en résine et latex, par MM. Jeanjean, Vidal et Desaunay de l’association « Sommières et son Histoire ».
Sur la partie supérieure de la cloche on peut lire en lettres de 38 mm de hauteur les mots suivants :
IHS XRS VINCIT XRS REGNAT XRS IMPERAT A TEMPESTATE ET AB OMNI MALO NOS DEFENDAT AMEN.
En voici la traduction :
« Jésus Christ est vainqueur Christ règne Christ commande / du mauvais temps et de tout mal qu’il nous protège amen »
Au milieu de la cloche figure une autre inscription en lettres majuscules de 18 mm de hauteur :
1613 CONSULS NARCIS VILOSA RAFEL BALLIU ANTONI FABER JOAN FABREGA OBRES IOAN CLIMENT FRANCESCHI TERRAROL.
Au-dessus, il y a un cartouche en relief représentant le Christ ressuscité, bénissant de la main droite et tenant l’étendard de la Résurrection de la main gauche. Plus bas on trouve une croix.
C’est donc cette cloche qui a survécu, à la Révolution.
Gérard GUIRAUDET
Photo Pierre Dessalces

La cloche du beffroi de l'hôtel de ville

Il est vraisemblable que la cloche du beffroi de l’Hôtel de Ville, fut mise en place, au XIIIe siècle, peu de temps après la construction des remparts, Ce devait être une simple cloche, pouvant être mise en mouvement par les soldats postés dans le local situé au-dessus de la voûte de la porte du pont. C’est à partir de ce local qu’ils manœuvraient la herse pour autoriser ou interdire l’entrée de la ville.
Le premier témoignage qui existe en la matière est celui de Giry dans son « Histoire des deux sièges de Sommières », (1578). Il relate des faits dont il a été témoin.
« Le treizième du mois de novembre, l’an mil cinq cent septante deux, une troupe de cinq cens hommes venus des Sévennes entrèrent par la fausse porte du château, et s’en emparèrent. Le seigneur de Montpeyroux qui était dans Sommières avec une cinquantaine de soldats ne put porter secours à ceux du château. Il n’eut d’autre moyen que de gagner la tour de l’horloge, qui est assise sur le dict pont à la seconde porte d’iceluy devers la ville. Quelques uns de sa compagnie et certains catholiques de la ville le suyvirent, se trouvans au mesme danger. Afin de les déloger, ceux de la religion avaient fait un gros feu sous la voulte d’icelle tour, pour les faire rendre, pour cause de la fumée qui montait par le milieu de la voulte, par le trou ou descendoyent les pierres du contrepois de l’horloge ».
C’est dans le manuscrit de Bruguière daté de 1730, intitulé « Antiquités et annales de la ville de Sommières en Languedoc » que l’on trouve le récit de la mise en place d’une cloche sur le beffroi de l’hôtel de ville, en 1657.
« Notta que l’horloge que nous voyons à la tour du pont de cette ville y fut posée à la place d’une autre qui était cassée le 22 8bre 1657. Cette cloche pèse 26 quinteaux au lieu que la vieille ne pesait que 15 quinteaux 82 livres, lorsque l’on monta la ditte cloche à la ditte tour les cordes se rompirent et elle tomba, sans néanmoins ce casser, au devant de la porte du pont de l’hauteur d’environ une cane, (soit 1m80) et qui fit par sa chute un enfoncement à la voute du pont, Mr de Montpeyroux estant 1er consul »
Cabane, en 1748, reprend le même récit en ajoutant que la cloche précédente, était fendue et fut fondue.
Et Émile Boisson, qui a puisé ses sources dans les ouvrages précédents, indique bien qu’une nouvelle cloche a été mise en place, en remplacement d’une ancienne, « le 22 octobre 1657 et dont le poids est de 26 quintaux 46 livres ».
Et c’est ce récit qui s’est perpétué jusqu’à nos jours.
Aucun document n’a été retrouvé aux archives pour corroborer cette date.
Autre remarque : « 26 quintaux 46 livres » dit Bruguière, La maison Paccard, fondeur de cloches d’Annecy, qui est intervenue plus tard a estimé que compte tenu de son diamètre de 1,18 m cette cloche devait peser entre 900 et 1000 kg.
Mais, fait plus grave : sur cette nouvelle cloche, soi-disant mise en place le 22 octobre 1657, figurent la date de 1613, et les noms des consuls de cette époque. C’est d’ailleurs la date de 1613 qui a été retenue, en 1912, lors de l’inscription de la cloche à l’inventaire des Monuments Historiques (objets mobiliers).
Pour essayer de concilier ces informations divergentes, on peut supposer que la cloche de 1613 a été descendue de son socle pour une raison quelconque, réfection du clocheton par exemple, mais qu’elle n’a pas été changée, C’est la même cloche qui, lors de sa remise en place, est tombée et s’est fendue.
C’est donc bien cette cloche de 1613 qui trône actuellement sur le beffroi de l’Hôtel de Ville.
Texte et photo Gérard GUIRAUDET

Transfert d'une cloche du couvent des Cordeliers à Saint-Pons ?

La troisième cloche du campanile, occupe la baie située au nord. On peut l’apercevoir depuis la place Saussine. C’est la plus petite des trois et la plus finement décorée. Son diamètre est de 52 cm et son poids approximatif de 80 kg.
L’inscription en relief est la suivante : « MISERICORDIAS DOMINI IN AETERNUM CANTABO (je chanterai les bontés du Seigneur pour l’éternité)
JE M’APPELLE MARIE JOSEPHINE JE SUIS DEDIEE A ST JOSEPH *VENITE FILII AUDITE ME TIMOREM DOMINI DOCEBO VOS* (venez mes fils écoutez moi je vous enseignerai la crainte du Seigneur) MR L’ABBE ETIENNE CURE DE SOMMIERES MDCCCL XXVI (1876) »
Au-dessous il y a quatre médaillons en relief accompagnés chacun d’une invocation, à la Vierge Marie, à St Joseph. Il y a aussi une scène de la Nativité avec l’invocation. « VENITE ADOREMUS » (Venez nous l’adorons),
On connaissait l’inscription figurant au-dessous du quatrième médaillon : SALV MUNDI (Sauveur du monde). Ce médaillon a pu être photographié lors des récents travaux effectués au clocher : il s’agit du Christ. Au bas de la cloche, sur la dernière ligne est inscrit :
O REYNAUD FOND de S S N ST PERE LE PAPE A LYON.
Pas plus que pour la cloche de 1822 nous n’avons trouvé trace de la date de son installation dans le clocher. Mais après enquête, on doit pouvoir retracer son parcours.
Reportons-nous au bulletin Sommières et son Histoire n° 22 de 2014, et à l’article concernant le couvent des Cordeliers. Il est dit page 60, qu’en 1833, grâce à des collectes et à mille francs versés par un généreux donateur, la sœur Saint Bruno a entrepris la construction d’une petite chapelle à côté de ce qui était alors l’hospice. Cette chapelle était dédiée à Saint Joseph.
.. Ce n’est sûrement que quelques années plus tard que de nouveaux fonds ont été recueillis pour y installer une cloche qui aurait donc été acquise en 1876. Il y avait sous la chapelle : une petite crypte, que j’ai vue, et où avait été inhumée la sœur Saint Bruno.
Lors de la construction de la première tranche du nouveau bâtiment de la Maison de Retraite (ex Hospice) en 1976, la chapelle a été démolie (Bien que sa démolition ne fût pas prévue sur le plan des travaux).
Ensuite, on entre dans le domaine des « on dit ». Un conseiller municipal de l’époque qui avait constaté la démolition de la chapelle aurait déclaré : « on a récupéré la cloche ».
Ce serait donc cette cloche provenant de l’ancienne chapelle de l'hospice que l’on retrouve dans le clocher de l’église Saint-Pons ?
Son nom : Marie Joséphine et sa dédicace à Saint Joseph confirmeraient bien cette hypothèse.
Comment est-elle arrivée là ? Qui l’a transportée ? Qui l’a montée et installée dans le clocher ? Elle pèse près de 100 kg avec son joug et ses attaches, et elle n’a sûrement pas pu être montée par l’escalier du clocher, trop étroit.
Mais surtout qui a payé ce déménagement et cette installation ?
A ce jour le mystère reste entier…
Gérard GUIRAUDET

Les deux principales cloches de l'église Saint-Pons

Après l’envoi du devis, pour l’achat de la cloche, un échange de correspondance a alors lieu entre la mairie et la préfecture concernant les fonds disponibles. Finalement, ce n’est que le 14 janvier 1808 que le préfet autorise le payement pour l’équipement et la mise en place de la cloche. Aucun document ne nous donne la date de sa pose, mais il est vraisemblable qu’elle intervint rapidement.
Pour voir où a été installée cette cloche, il faut faire l’ascension du clocher. C’est à partir du passage voûté situé dans la sacristie de l’église, que Marcel Rivière a pu accéder jusqu’à sa partie supérieure, pour la photographier. Et là, stupéfaction, on n’est pas en présence d’une unique cloche comme on pouvait s’y attendre, mais de trois ! Elles sont placées sous trois des quatre baies libres cintrées du clocher. A l’ouest, face à la ville et à la colline de Montredon, on trouve une cloche portant l’inscription suivante (en relief) :
« ANNO 1803 GLORIA LAUS & HONNORI TIBI »
(Année 1803 Gloire Louange et Honneurs à Toi)
C’est la cloche achetée en 1808, mais qui avait été fondue en 1803. Sur un flanc de la cloche on voit, en relief, la marque du fondeur : des initiales entrelacées F, L et G ( ?). Au-dessous : FREREJEAN A LYON.
Le diamètre de base est de 72 cm. En se basant sur un tableau général du poids des cloches en fonction du diamètre, on peut évaluer son poids à 250 kg environ. Cette cloche a fait l’objet d’une inscription par arrêté n° 2012 264-009 du Préfet du Gard au titre des monuments historiques d’objets mobiliers, ainsi libellé : « Cloche, 1er quart 19e siècle, 1803, d : 72, bronze fondu auteur : (F.A, ? fondeur). »
Côté sud, tourné vers le quartier de la Taillade et des Mauvalats, est placé le bourdon, c’est la plus grosse des trois. Le diamètre de base est de 106,5 cm. En se basant sur le tableau de concordance évoqué plus haut on peut évaluer son poids à près de 700 kg. L’inscription, en relief sur la cloche est :
« SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM/ SUB INVOCATIONI SANCTI PONTI / FECIT LABRI MONSPELIENSI ANNO 1822 »
(Que le nom du Seigneur soit béni sous l’invocation de Saint Pons. J'ai été faite par Labri de Montpellier en l’an 1822)
Comme sa voisine, cette cloche a été inscrite au titre des monuments historiques d’objets mobiliers par le même arrêté que celle de 1803, sous le libellé : « Cloche, 1er quart 19e siècle, en 1822, d : 106,5 en bronze fondu, auteur : Labry Dominique (fondeur, Montpellier.) »
Comment cette cloche est-elle parvenue là ? En quelle année ? Qui l’a achetée et qui a payé les frais de mise en place ? Les recherches dans les archives n’ont pas permis jusqu’à maintenant, d’élucider ce mystère.
La troisième cloche occupe la baie située au nord. On peut l’apercevoir depuis la place Saussine. C’est la plus petite des trois. D’où vient-elle ? Comment est-elle parvenue jusque-là ? Encore une énigme à résoudre...
Gérard GUIRAUDET

Clocher et cloches de l'église Saint-Pons

Lorsque le 16 octobre 1803, Louis Dorte est nommé curé de la paroisse de Saint-Pons, il ne peut s’y installer, celle-ci ayant été cédée aux protestants. Il est provisoirement hébergé à l’ex-couvent des Cordeliers, dont l’église devient celle de la paroisse. Ce n’est qu’après l’échange de 1807, qu’il récupère l’église Saint-Pons, libérée par les protestants.
L’édifice, on l’a vu, est dépourvu de cloche, qui dans un élan de patriotisme a été envoyée à la fonderie pour faire des canons. L’une des premières préoccupations de l’abbé Dorte est de pouvoir avertir ses paroissiens de la tenue des offices.
Dès le 14 mars 1807, il écrit au maire :
« J’ai l’honneur de vous représenter que j’ai besoin d’un signe extérieur pour convoquer mes paroissiens aux assemblées religieuses et que dans l’intervalle de temps qu’il nous faut pour avoir une cloche, il n’y a que le timbre de la ville qui puisse remplir nos besoins à cet égard. Je viens vous prier en conséquence de permettre que mon clerc fasse les appels aux heures qui lui seront assignées par moi ou par mes vicaires. J’ai l’honneur d’être avec bien du respect votre très humble serviteur. Dorte curé de Sommières. »
Le maire Viger est bien ennuyé par cette demande et se retourne vers le préfet, qui demande au maire le 26 mars 1807 de convoquer extraordinairement son conseil municipal afin de délibérer sur l’achat d’une cloche, et de lui envoyer le plus rapidement possible la copie de la délibération.
Le conseil municipal approuve cet achat. Le maire précise que les cloches se vendant à la livre, il faut prévoir une dépense de seize cents francs. Pour ne pas retarder cet achat il ajoute : « Mr le Préfet est supplié de bien vouloir autoriser le susdit objet de dépenses et de le faire porter sur l’état de celles de la commune sur l’exercice de l’année courante. »
Il propose de prendre le susdit montant sur la somme restante en caisse provenant de l’indemnité de cinq mille neuf cent cinquante et un francs cinquante centimes, accordée pour dommages éprouvés par l’effet du débordement de la rivière Vidourle.
L’achat de la cloche étant autorisé, il faut encore la mettre en place. Le 10 septembre1807 un devis est demandé à André Buisson, serrurier à Sommières. Celui-ci détaille les opérations à faire :
« Équiper la cloche d’un joug en bois : 80 frs
Fournir et poser les ferrures pour attacher le joug 120 frs
Placer des coussinets en cuivre 15 frs
Monter la cloche et la mettre en place 15 frs
Soit un total de 230 frs »
Un passage voûté y donne accès à partir de la sacristie de l’église. Un escalier en colimaçon permet de monter jusqu’au 1er étage, situé au niveau des tribunes, derrière le chœur de l’église. Un autre escalier encore plus étroit mène jusqu’à la partie supérieure du clocher.
Gérard GUIRAUDET

La cloche de l'institution Maintenon (ex-couvent des Récollets)

La cloche de l’Institution Maintenon sur ces photos de Max Sagon, n’est pas celle qui fut achetée aux Cordeliers en 1775. L’actuelle porte la date de 1812. Une longue dédicace en lettres capitales y est gravée.
« EN 1812 LE 16 FEVRIER J’AI RECU MA BENEDICTION DE MR L PORTE CURE DE LA VILLE DE SOMMIERES/ ON M A DONNE LE NOM DE STE ANGELE PATRONE DE MME MARGTE ANGELE DE PELISSIER SUPRE ACTUELLE DU COUVENT DES URSULINES DE CETTE VILLE/ MON PARRIN MR JF ENCONTRE GAUTHIER MAIRE ET MA MARRAINE MME MARIE Lse ANTOINETTE PORTALIER EPOUSE DE Pre RANDON OFFER MUNICIPAL DE LA PREST VILLE DE SOMMIERES / SIT NOMEN DOMINI ET BENEDICTUM EST BEATAE MARIAE VIRGINIS »
Au bas de la cloche figure une inscription en relief … COLONGE FILS A LYON. Entre COLONGE et FILS, se trouve un crucifix en relief…
Pour comprendre ce changement il faut se référer, à nouveau, au livre d’Armand Lombard-Dumas sur l’hôpital. Il rapporte que, la manufacture installée dans les bâtiments par M. de Joubert ayant périclité, « les locaux se louèrent, tant bien que mal à diverses personnes, le sieur Viel directeur de la Poste y établit ses bureaux, le sieur Bresson installa un magasin à laines et, en 1793, l’église elle-même fut convertie en magasin d’effets militaires ». Il est vraisemblable, quoiqu’Armand Lombard-Dumas n’en fasse pas état, qu’au moment de la Révolution, l’église, sans desservant, ait été désaffectée. La cloche a dû rejoindre une fonderie pour être transformée, elle aussi, en pièces de monnaie ou en canons.
Un peu plus tard, eut lieu le fameux échange de 1807 : couvent des Récollets contre couvent des Cordeliers.
Chassées en octobre 1792 du couvent de la Taillade, trois sœurs Ursulines, revenues, dès la publication du décret impérial (1806) autorisant les dames de Sainte Ursule à enseigner, sont hébergées, à l’ex-couvent des Cordeliers racheté en 1791 par Louis Rédarès.
Après l’échange, elles s’installent dans les locaux libérés par l’hôpital.
Le 23 février 1808, elles signent un bail pour 27 ans avec l’association copropriétaire des bâtiments. D’autres religieuses de la congrégation viennent les rejoindre. Cette communauté procède alors à la remise en état de leur nouveau couvent. La chapelle rénovée est bénie le 1er août 1811 et l’accès extérieur est ouvert à tous. C’est à ce moment-là qu’une nouvelle cloche est commandée et posée, ainsi que l’indique l’inscription portant la date de 1812. Pour actionner cette cloche, une longue corde descendait à travers les deux étages du bâtiment pour aboutir à une petite pièce située au rez-de-chaussée, à l’arrière de la chapelle.
Depuis de nombreuses années le levier servant à actionner la cloche est dépourvu de corde, comme on peut le voir sur la photo.
Gérard GUIRAUDET

Achat d'une nouvelle cloche pour l'hôpital

Après l’achat de l’ancien couvent des Récollets par les Administrateurs de l’Hôpital, le transfert dans ces nouveaux locaux ne se fit pas tout de suite.
« Il fallut d’abord restaurer l’église ; elle fut meublée de boiseries, de bancs, d’un bénitier et d’un autel en marbre ; la table de communion fut entourée de balustres, l’autel d’un devant en cuir doté, d’un ostensoir et ciboire en argent, d’un calice et d’une patène du même métal; la chaire fut édifiée ».
Enfin, les réparations étant toutes terminées, le 11 août 1772, le bureau put tenir sa première délibération, dans la salle basse du nouvel établissement.»
Le premier problème signalé par Lombard-Dumas dans son livre sur « L’Hôpital de Sommières » est celui posé par la cloche. Il nous dit (page 110) « La cloche de l’église se trouvait si petite qu’on avait peine à l’entendre, tandis que les Cordeliers ( le Couvent des Cordeliers se situait alors à l’emplacement de l’EHPAD « La Coustourelle ») en possédaient une d’un poids d’environ trois quintaux, qu’ils voulaient vendre et de préférence à l’Hôpital. »
On peut se demander d’où les Cordeliers ont-ils « sorti » cette cloche, leur église, temple actuel, étant équipée d’une cloche.
« Malheureusement, le vieux clocher des Récollets paraissait trop petit et en trop mauvais état pour la recevoir et en supporter le poids. Sans hésitation, la reconstruction du clocher fut résolue, ainsi que l’acquisition de la cloche des Cordeliers. Il en coûta 575 l. 16s. » (septembre 1775). La cloche rachetée fut mise en place à l’Hôpital après réfection du clocher.
C’est cette cloche qu’il va falloir examiner de plus près pour voir les inscriptions et les ornements qui y figurent, pour retrouver son origine.
Gérard GUIRAUDET

Sauver les cloches des églises

Si la révolution a dramatiquement entamé notre patrimoine campanaire, ce n'était pas la première fois que les cloches se trouvaient être en danger.
Le massacre de Wassy en 1562, marque officiellement le début des guerres de religion entre catholiques et protestants mais le torchon brûle depuis longtemps. Le premier octobre 1561, les consuls de Sommières sont contraints de prendre une décision pour sauver les cloches des églises qui se trouvent hors de l'enceinte de la ville. Les faits sont relatés dans les registres de délibération (BB5).
On y apprend que « par toutes les églises circonvoisines qui sont hors villes et villages, les cloches se dérobent ».
On fait donc descendre les cloches à Gavernes appartenant aux chanoines de la cathédrale de Nîmes (le chapitre), celles de St Michel des « quatre prêtres » ainsi que celles de St Amans. Les églises possèdent chacune deux cloches, les plus grandes à St Amans, les moyennes à St Michel et les plus petites à Gavernes. Les instruments de métal se taisent, entreposées dans la maison consulaire « jusqu'à ce que ce soit pourvu autrement par le roi »
Peu après, la « capitanesse » , femme du gouverneur de la ville, seule au château, demande une cloche pour la mettre à sa chambre (sic) qu'elle sonnera pour avoir secours des gens de la ville en cas de danger. On lui remet la petite de St Michel qu'elle devra rendre quand elle en sera requise.
Gavernes est maintenant un petit hameau au sud de Junas. On peut voir depuis la route un petit bâtiment ancien restauré qui serait une chapelle dédiée à St Saturnin. Si ce sont les restes de l'église citée dans le document, ils n'en sont qu'une petite partie. Des travaux réalisés en 1672 nous indiquent que l'église avait une abside « en cul-de-four » et plusieurs fenêtres vitrées, donc assez grandes. Elle comportait alors un clocher à 3 cloches qui fut remplacé par un simple clocher « à la capucine » (au dessus du pignon) classique pour l'époque.
Le quartier d'habitation de l'ancienne paroisse de St Amans se situe « au bout du Pont ». Son église primitive était à plus d'un kilomètre de là, isolée au milieu des terres. Elle commencera à être démantelée par les propriétaires voisins peu de temps après avoir perdu ses cloches. Il n'en reste rien.
On pense que les églises ont toujours trôné au centre des villages mais de nombreux exemples locaux nous montrent au contraire qu'elles pouvaient en être éloignées. Beaucoup d'entre elles sont en ruine ou ont totalement disparu jusqu'à en oublier l'emplacement : St André à Souvignargues (ruines), St Martin à Aujargues (disparue), St Blaise à Villevieille (remplacée par un mas), St Pancrace à Pondres (disparue), St Etienne à Lecques (ne reste qu'un pan de mur), St Pierre à Aspère (ruines), etc.
A Calvisson, c'est le village qui s'est déplacé, il se situait d'abord sur la colline du château, à 500 m de l'église St Saturnin.
A la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685, on entreprend une grande restauration des églises amochées par plus d'un siècle de conflit. Lorsqu'elles sont en ruine et en dehors des bourgs, on les reconstruit à l'intérieur, laissant à l'abandon ces petits joyaux de notre patrimoine. Les cloches en furent symboliquement les dommages collatéraux.
Nicolas LAWRIW - mvic.fr

L'hôpital s'installe dans le couvent des Récollets en 1772

Pour continuer notre tour des églises et couvents désaffectés au moment de la Révolution et dont les cloches auraient dû être envoyées à la fonderie, intéressons-nous à celle de l’ancien couvent des Récollets, au coin de la Place du Bourguet (actuelle Institution Maintenon).
Le Couvent a été construit en 1630 à l’initiative de M. de Malbosc, Juge pour le Roy en la Ville de Sommières. En 1721, il n’y avait plus que neuf Récollets. Louis XV supprime cet ordre à Sommières, en 1769. Les moines encore présents sont envoyés dans un couvent, à Toulon. Les locaux sont à vendre.
Il existait sur la même Place du Bourguet, depuis le XIIIème siècle, à l’emplacement du Crédit Agricole un établissement vivant de la charité publique et de censives et de rentes de particuliers. Ce bâtiment, qui à l’origine comportait seulement deux pièces, l’une au-dessus de l’autre, était entouré d’un jardin potager et d’une vigne jusqu’au bas de La Coustourelle. Dans son livre qui fourmille de détails, édité à Sommières, en 1901 par l’Imprimerie Demontoy : « Une page d’Histoire locale : L’Hôpital de Sommières » Armand Lombard-Dumas nous retrace l’histoire de cet hôpital.
Pour pouvoir disposer de locaux plus vastes, sous l’impulsion du trésorier Jacques Daraussin, les administrateurs décident d’acheter l’ancien couvent des Récollets. La vente se déroule, par devant Me Duranc notaire à Sommières, le 16 juillet 1772, pour la somme de 7000 livres
Y avait-il une cloche sur ce couvent ? Qu’est-elle devenue ?
Gérard GUIRAUDET

Fonderies des cloches des églises supprimées

Au moment de la Révolution, le couvent des Ursulines, rue Taillade, est décrété Bien National. Les sœurs Ursulines en sont chassées, le 1er octobre 1792. La cloche de la chapelle, où se tiennent actuellement les expositions, à l’Espace Lawrence Durrell, est envoyée, comme celle de tous les établissements religieux supprimés, à la fonderie, au service des Monnaies à Montpellier, en même temps que celle de l’église de Sinsans, pour être transformée en espèces.
Bernard Pagés a retrouvé la copie du bordereau de transport de ces cloches, le 5 août 1792, par un dénommé Redieu de Sommières.
Elle pesait 125 livres, poids de table, ce qui correspondait à 103,60 livres, poids de marc. La livre poids de marc équivalant à 489,65 gt, cela faisait un poids de 50,73 kg.
Gérard GUIRAUDET
Bordereau d’envoi de la cloche du couvent de Sainte-Ursule, rue Taillade
(Archives de l’Hérault) (Photo Bernard Pagès)

Les cloches de Saint-Amand

L'église Saint-Amand après plusieurs déplacements, avait été aménagée dans une ancienne maison, située au bout du Pont, comme on peut le voir sur un document provenant des archives municipales de Sommières, daté de 1715. Il présente la façade de l’église surmontée d’un clocher avec sa cloche Elle était située à l’emplacement de l’actuelle crêperie des « Korrigans » A la Révolution, le prêtre desservant cette paroisse, Mathieu Cèard, est invité comme tous les membres du clergé à prêter le serment civique. Après avoir d’abord refusé, il consent à s’y soumettre, le 25 février 1791. Il est nommé curé de Congénies. L’église est alors désaffectée. Le 6 août 1791, la cloche est descendue et expédiée par le Directoire du district de Sommières au service des monnaies à Montpellier. Un bordereau d’accompagnement nous indique qu’elle fut transportée en même temps que dix autres cloches des églises du département par un voiturier spécialement désigné, le sieur Vedel de Sommières.
Le poids de la cloche de Saint-Amand qui figure sur le bordereau est de 68 livres, poids de table. Le chargement de cloches apporté par le voiturier, qui était de 938 livres ¾ de poids de table, correspondait, comme l’indique le bordereau, à « sept cent cinquante une livre poids de marc ». La livre, poids de marc, avec la mise en place du système métrique, équivalait à 489,50 g. Après les diverses conversions, la cloche de Saint-Amand de 68 livres, poids de table, pesait donc 25,94 kg, ce qui est un poids très modeste. L’église et le presbytère ont été vendus aux enchères publiques le 15 février 1792 et achetés par un dénommé Roux (ou de Roux), ancien maire de Sommières.
Bordereau d’envoi de la cloche de Saint-Amand. (Archives de l’Hérault)
Photo Bernard PAGÈS

En 1900 à Sommières de drôles de buvettes….

Séance du Conseil Municipal de 8 juin 1900. Vœu du Conseil,
Monsieur le maire expose que sous la dénomination de buvettes plusieurs débits de boissons se sont établis en ville, gérés par des femmes à réputation plus que douteuses et recevant des femmes du dehors plus ou moins contaminées, en un mot ce sont des lieux de débauche et de prostitution sans garanties, constituant un danger permanant pour la santé publique.
Ces établissements clos et fermés sont munis de sonneries électriques et à la moindre alerte le personnel féminin se réfugie dans les appartements privés où la police n’a pas qualité pour pénétrer ce qui rends son rôle à peu près impuissant. Tels sont les faits à signaler.
Le Conseil, ouï l’exposé de son Président,
VU les nombreuses plaintes de ses concitoyens concernant la débauche qui se pratique dans les buvettes établies dans les divers quartiers de la ville. VU les déclarations des docteurs constatant que les maladies vénériennes se répandent de jour en jour constituant un grand danger pour la santé publique. VU que tous les arrêtés pris par les municipalités précédentes n’ont pu être appliqués, la police ne pouvant pénétrer dans les appartements privés des tenanciers.
Fermement résolu de faire cesser cet état de choses prie les pouvoirs publics de mettre à sa disposition tous les moyens pour obtenir la fermeture de ces établissements qui, sous le nom de buvettes, ne sont que des maisons de prostitution.
Lors du Conseil le Maire est appelé Président. Le maire est Hippolyte Gaussen, le premier adjoint Olivier Guerin. On peut remarquer que l’électricité est présente à Sommières.
Autres temps… Autres épidémies…
Bernard PAGÈS

Histoire de cloche

C’est avec plaisir que nous vous présentons la contribution à la page Facebook de notre nouveau collègue Nicolas Lawriw de Congénies qui a rejoint les rangs de notre association. Nicolas est paléographe, explorateur d’archives et créateur du site Brozer Téléarchives. Voici les adresses de deux sites mvic.fr et brozer.fr/telearchives. A l’initiative de la mairie et du service des archives de Sommières il a numérisé et mis en ligne une quarantaine de registres des délibérations consulaires, depuis le XVIe siècle. Par ailleurs, Nicolas est secrétaire de la FAHG (Fédération Archéologique et Historique du Gard) qui vient d’initier le recensement des cloches civiles et religieuses, en place et disparues du département. Il pourra épauler Gérard Guiraudet et Bernard Pagès qui assurent les contributions. Pour cette semaine Nicolas a retrouvé la trace de l’achat de la cloche de 1749 qui a été envoyée à la fonderie, à la Révolution.
L'an mil sept cent quarante neuf et le quinzième jour du mois d'octobre dans l'hôtel de ville de (la) ville de Sommières, le conseil de la communauté y estant assemblé pardevant MM. Antoine Nazon, conseiller du roy, maire perpétuel dudit Sommières et Sieur René Maurin, quatrième consul, Me Decrez, Me Debap, ancien capitaine d'infanterie, Sieur Joyeuse, maître appoticaire et Sr Marinas composant le présent conseil. Par M. Nazon, maire, a esté proposé que Sr. Jean Fontane, fondeur de la ville d'Alais, en conséquence du traité qu'il a passé avec la communauté le vingt neuvième may dernier, autorisé par ordonnance de M. Tempier, subdélégué de Mgr l'intendant au département de Nîmes, du quatorze juillet aussi dernier, a fait et pozé une cloche au clocher de l'église de la paroisse Saint Pons de cette ville pesant net, y compris les grenouilles, quinze quintaux vingt deux livres, montant, à une livre dix sols la livre, la somme de deux mille deux cent quatre vingt trois livres suivant le marché fait dans ledit traité, laquelle somme luy est due indépendemment de celle de vingt quatre livres qui doit luy estre payée suivant la condition insérée dans ledit traité, pour la reception de laquelle cloche il fut pris des experts savoir, de la part de la communauté, de la personne du Sieur Potingon, fondeur à Montpeller, et de la part dudit Fontane, de celle du Sieur Babandy, fondeur de la ville de Nîmes, lesquels experts ayant procédé à leur vériffication, ils rendirent leur relation par laquelle il est constaté que ledit Fontane a rempli ce à quoy il estoit obligé par ledit traité, de laquelle relation ledit Sieur maire ayant donné connoissance à la communauté le vingt huitième septembre dernier et l'ayant requise de délibérer sur la réception de laditte cloche, il fut déterminé qu'ayant été reconnu depuis que ladite vériffication a esté faite, que le contre poids de ladite cloche n'étant pas assès pesant, il estoit très difficile de pouvoir la faire sonner à la volée et il fut délibéré qu'avant qu'elle fur reçue, ledit fondeu la mettoit en parfait estat, en exécution de laquelle délibération, ledit Sieur maire ayant fait avertir ledit Fontane, il se seroit rendu en cette ville et auroit fait les réparations nécessaires à ladite cloche en sorte qu'elle est dans l'estat que la communauté peut désirer, estant nécessaire présentement de la recevoir et de demander permission à M. l'intendant de prendre du produit de la subvention pour le payement dudit Fontane relativement audit traité, même qu'il paroit juste que depuis laditte cloche est en place et qu'elle a servi pour l'usage de la paroisse le tems que ledit Fontane a donné à la ville pour son payement aye son cours, requier sur cela de délibérer. Sur quoy l'assemblée après s'être instruite que la cloche et ses assortimens sont en bon estat et après avoir pris connoissance de la relation desdits experts, a unanimement délibéré que ladite cloche demeurera reçue et donne pouvoir à Messieurs le maire et consuls de se pourvoir devant ledit Sieur intendant pour le supplier de permettre de prendre du produit de la subvention pour le payement de la somme de deux mille trois cent sept livres pour le montant de ladite cloche, pour estre payée dans deux années à compter du neuvième septembre dernier, jour que la vériffication en a esté faite, la première année sans intérêts et la seconde avec intérêts à l'ordonnance, le tout conformément audit traité.

Où est passée la cloche posée sur l'église Saint-Pons en 1749 ?

Le clocher prévu par Rollin, auquel Bernard Pagès fait référence, dans la publication du 14 février 2021, devait reposer en partie sur les deux maisons achetées en 1682. Les travaux de construction du nouveau clocher ne débutèrent pas tout de suite. Craignant que les fondations des maisons devant servir de base au clocher ne soient pas suffisamment stables, un nouveau projet est proposé : il consiste à acheter la maison de Blancard sise tout à côté, de l’abattre et d’édifier le clocher à sa place.
Ce clocher, construit au nord de l’église, sera plutôt un campanile destiné à accueillir uniquement les cloches.
Peu de temps après, un incident survient.
« Le 12e jour de may après-midi le conseil municipal est convoqué d’urgence sous la présidence d’André Nazon, conseiller du roy, maire perpétuel. »
A la suite des travaux entrepris pour creuser les fondations du clocher, le chœur de l’église s’est écroulé. De l’enquête, il ressort que « les entrepreneurs ayant fait des excavations pour les fondements du clocher jusqu’à quelques pieds au dessous du fondement des murs du sanctuaire, les pluies et l’attente de la réponse de Mr l’Intendant, pour nommer les experts ayant entrainé des retards… »
Il va falloir faire vite pour reconstruire la partie écroulée de l’église et en même temps construire le clocher tant attendu. Un appel d’offres est lancé pour la réédification de l’église paroissiale et la construction du clocher. L’offre de Saussine est retenue le 30 juin 1748 pour le prix de 6.300 livres.
Les travaux sont rapidement menés. Ils seront terminés le 22 juin 1749. La cloche prévue au devis de Rollin de 1740 sera installée dans ce nouveau clocher. (Nous en reparlerons !)
Le clocher construit en 1749 est celui que nous voyons aujourd’hui, depuis la place Saussine ou à partir du château.
Mais la Révolution va entraîner de profonds bouleversements parmi les édifices religieux. De nombreuses églises sont fermées et vendues comme biens nationaux.
On peut lire dans le registre des Délibérations de la Mairie, la belle envolée lyrique du nouveau maire, post révolutionnaire, Viger, qui a succédé à Ouxbet..
« Arrêté relatif aux cloches.
Onzième nivôse de l’an deuxième de la république, libre et indivisible, (31 décembre 1793). Le citoyen maire a dit : citoyens, l’or et l’argent sont des métaux qu’une nation véritablement régénérée doit mépriser et ne pas rechercher… mais un métal qui nous devient absolument utile, que dis-je indispensable pour nous faire triompher des inutiles efforts des tirans coalisés est celui des cloches, avec lui nous repousserons leur satellite et ferons mordre la poussière à leurs armées ; il nous en reste une, je propose que nous l’envoyons aux fonderies nationales pour la métamorphoser en canons et servir ainsi la juste cause de la liberté, de l’égalité au lieu de tuer les vivants pour honorer les morts.
Le conseil général a applaudi à la proposition du maire, considérant que les cloches ne seront véritablement utiles que lorsque métamorphosées en canons elles porteront la mort dans le cam des odieux tirans de l’Europe, arrête après avoir ouï l’agent municipal que la cloche qui est encore au clocher de l’église sera descendue et envoyée au district pour qu’il la fasse porter au département avec une expédition du présent et ont les opinants signé. » Viger, maire et les conseillers.
La Convention, à l’initiative de Barère, a créé le 25 mars 1793, les Comités de Salut Public pour faire face aux dangers qui menacent la République.
Le 23 juillet 1793, pour renforcer la défense de la République, elle a publié un décret visant à récupérer le métal des cloches afin d’en faire des canons. Les représentants en mission sont chargés de veiller à l’exécution de ce décret. C’est donc dans ce contexte que le maire Viger a fait cette déclaration enflammée.
Suite à cette proposition, l’unique cloche de l’église de Saint-Pons est donc descendue et transportée aux fonderies pour faire des canons.
Gérard GUIRAUDET

Le siège de la ville de Sommières en 1573

De 1562 à l’Édit de Nantes le 31 avril 1598, huit guerres (dites de religion) vont se succéder, entrecoupées par des paix et traités éphémères. Après la Saint Barthelemy le 24 aout 1572 (massacre à Paris par des bandes catholiques de milliers de « ceux de la religion »), les hostilités reprennent, c’est la quatrième guerre (siège de la Rochelle) qui se terminera par l’Edit de pacification de Boulogne.
Ce document représente un épisode de cette guerre dans le Languedoc, c’est le siège de Sommières en février 1573. Le duc Henri de Montmorency, seigneur de Damville, chef des troupes catholiques vient investir Sommières, il dirige une troupe de 15000 hommes et 15 pièces de canons. A l’intérieur du château quelques centaines d’hommes (et femmes) sous la direction des capitaines Grémian (Dupleix) et Singlar chefs huguenots bien décidés à résister.
Les canons placés sous le château actuel de Lentillac commencent à bombarder une entrée du château dite « favce porte » (porte de secours), défendue par un fossé et son pont- levis, une brèche est ouverte mais comblée par la chute de la tour de Montlaur (vis-à-vis de la tour Bermonde) le18 février, un peu plus tard en haut de la Vignasse la tour de la Bistoure subira le même sort.
Devant le manque de vivres et de munitions, les assiégés vont proposer des conditions pour une reddition, conditions (favorables) qui seront acceptées par Montmorency Damville qui réside dans le château de Villevieille. La ville se rendra le 9 avril 1573. A noter que ce même personnage viendra assiéger à nouveau Sommières en 1575…à la tête des troupes protestantes.
Sur le document on peut voir l’église hors les murs Saint Michel (située à l’est du château), plus loin l’église Saint Pons, puis devant le cimetière de la paroisse une église endommagée (emplacement de l’actuelle chapelle des Ursulines ?) peut être l’église rebâtie par les catholiques depuis la transformation de Saint Pons en temple protestant, et enfin une curieuse tour à étage que l’on retrouve sur d’autres documents. Côté rempart un pont levis qui existera jusqu’au 18e siècle, le dispositif de la porte de secours a disparu. Les sièges de Sommières ont été décrits par plusieurs auteurs, ici c’est Bazin de Bezons, Giry, le marquis d’Aubais dans ses pièces fugitives de l’histoire de France.
Bernard PAGÈS

Le Pont romain : la tour de la Gleyzette

Avant d’en finir avec le Pont Romain, il me paraît intéressant de dire un mot sur un édifice qui faisait autrefois face à la tour du Beffroi et était « au bout du pont », rive droite. Ce bâtiment est visible sur le plan de la ville de Sommières, assiégée par le Maréchal de Damville en 1573 (l'image de la gravure a été « zoommée » pour mieux faire apparaître cet édifice). On le voit mieux sur le dessin d’Anne de Rulman daté de 1626, qui l’a eu sous les yeux. Ce n’était pas une tour de défense, mais un lieu de passage obligé pour traverser le pont, où les seigneurs possesseurs du territoire en profitaient pour encaisser un droit de passage, ou octroi. Au Moyen Age, le pouvoir centralisé s’effrite, mais les péages persistent, passant du pouvoir royal aux seigneuries féodales.
Ce fut François Ier qui restreint ce droit, obligeant les percepteurs de l’octroi d’utiliser le produit des péages à la réparation des ponts, chaussées, passages…
Il est vraisemblable que l’utilisation de cet édifice, à cet usage, cessa à cette époque.
Au pied du pont, rive droite se trouvait le quartier de St Amand, dont l’église construite primitivement dans le quartier de la Malvirade avait été détruite à deux reprises lors des guerres de religion, la dernière fois en 1562 (voir l’article de Bernard Pagès du 4 octobre 2020 sur cette page).
C'est alors, que l’on décida de transférer les offices religieux dans cette ancienne tour du pont, que l’on appela « La Gleyzette » " la petite église " ». C’est cet édifice que visita, Mgr Séguier lors de sa tournée pastorale en 1665. Il le trouva peu approprié pour le service religieux, et décida de transférer l’église, dans des locaux plus décents.
Quelques années plus tard, (nous ne possédons aucune date précise), la tour et l’arche qui la supportait minées par les crues de 1656, de 1684 et de 1704 menacent de s’écrouler dans Vidourle. C’est probablement à cette époque que cette tour de la Gleyzette, construite sur une clef de voûte d’une arche du pont, ce qui la rendait plus vulnérable, fut démolie.
L’ingénieur Pitot, dans un procès-verbal du14 décembre 1747 indique que « les fondements de toutes les piles du pont sont encore en bon état et qu’ainsi, le pont ne périclite pas par sa fondation ».
La dernière arche, côté rive droite fut reconstruite par l’entrepreneur Saussine ... (à suivre)
Gérard GUIRAUDET

Contrôle des animaux pour la foire de Saint Léonard.

Pour la foire le 7 novembre 1744, autorisée par Charles IX en 1564, cette ordonnance royale oblige les vendeurs et conducteurs d’animaux à « pieds fourchus » (moutons, bœufs, porcs…) à présenter un certificat de santé du lieu de départ de leur bétail «…les experts nommés par les consuls de Sommières, prêteront serment, puis sera procédé à une vérification exacte de toutes les bestes à pieds fourchus envoyées à ladite foire, dressent le procès-verbal, le nom des marchands et des Consuls qui ont signés le certificat de santé… »
C’est au 18e siècle qu’apparait la fièvre aphteuse, certainement la maladie des « bestes à pieds fourchus » qui justifie cette ordonnance. A cette époque on pouvait vendre ou échanger à cette foire 400 chevaux, 300 bêtes à cornes et 200 porcs venant des provinces circonvoisines. Il faut imaginer toute cette animation dans la ville et son importance économique (droits de places, nourritures des hommes et du bétail, auberges et affinages… et quelques guerrières).
Le traitement des maladies des animaux c’était des recettes ancestrales et coutumières. Pour les bêtes de somme, véritable pilier de la société car seul moyen de transport terrestre, c’est au début le maréchal, puis viendra le médecin et chirurgien vétérinaire (école à Lyon en 1760) dans les armées et dans le public.
En 1920 à Sommières, recensement : 175 chevaux et 30 mules et mulets et quelques centaines de moutons (y compris les mas voisins).
Bernard PAGÈS

Curieuse autorisation pour aller chercher du poisson à Aigues-Mortes

Pierre Féodas, Viguier et Gouverneur du château de Sommières, «… certifions à tous ceux que les habitants de Sommières qu’il appartiendra soit aller a aiguesmortes pour y acheter du poisson au fin de le transporter audit Sommières pour le vendre et débiter aux habitants de ladite ville et non d’ailleurs, ayant audit effet demandé aucun passeport qui leur avait éte octroyé…. C’est pourquoi nous prions gouverneurs, maires, échevins, prévots, maistres des ports, garde pont de laisser librement passer et repasser ces journées les sus nommés sans leur faire aucun troubles ny empeschements et leur donner toutes sortes d’aides et assistances s’y besoing est … Fait audit Sommières le 28 novembre 1628. »
En ces temps troublés, on est dans les guerres de Rohan où s’affrontent les troupes catholiques et protestantes dans la région, ce parcours périlleux nécessite un laissez- passer à présente aux différentes autorités qui jalonnent le chemin. Ce même Duc de Rohan envisage d’ailleurs de prendre la ville de Sommières qui prends des mesures de défense, inutiles, Rohan ne se présentera pas. La paix d’Alès est signée par Louis XIII le 29 juin 1629, confirmé par l’Édit de Nîmes un mois plus tard.
Pas de détail sur la marchandise, mais rappelant que, outre sa valeur nutritive, le poisson (du grec ichtus) fût adopté comme symbole par les premiers chrétiens.
Bernard PAGÈS

Échange de terrains entre Saint Louis et l'abbaye de Psalmody

Je cherchais, dans l’ouvrage de Boisson sur Sommières, s’il avait eu connaissance des modifications intervenues, à l’époque médiévale, pour faire descendre le Pont vers ce qui est maintenant, la Place J. Jaurès. Il n’y fait aucune allusion.
Par contre, j’ai trouvé des références à des documents qui font entrer Sommières dans l’Histoire avec un grand H. Dans les renvois de bas de pages, chapitre II (p 58,59,60) il signale l’existence de deux documents, très, très intéressants.
Échange entre Saint-Louis et l'Abbaye de Psalmody de terrains situés à Sommières qu’il possédait, au nord des remparts, avec des terrains, sis à Aigues-Mortes, où il voulait aménager un port pour partir pour la septième croisade.
Ce document est daté d’août 1248. Mais les aménagements du port d’embarquement ont dû débuter plus tôt, puisque pour pouvoir effectuer cet échange il fallait l’aval du Saint-Siège, dont dépendait l’Abbaye. Le pape Innocent IV avait donné son accord, dans une Bulle du 3 Décembre 1246. Boisson, latiniste chevronné, a repris, dans son livre, les deux documents rédigés en latin. J’ai retrouvé la traduction de l’acte d’échange, voir photos. Quant à l’autorisation papale, je n’ai pas jugé bon de m’y attaquer. Les références à ces documents sont précisées :
Pour l’Acte d’échange : Extrait à son original trouvé dans les archives du Roi dans la Trésorerie de la Cité de Carcassonne … celui original demeuré dans lesdites archives……
L’autorisation papale se trouverait dans le Recueil des Titres de l’Abbaye de Psalmody, Tome, p 40 v*, Ms déposé aux archives de la Préfecture du Gard.
L’Acte d’échange fait référence aux remparts de la ville et à une porte, à partir de laquelle, en venant d’Alais ou de Nîmes, on pouvait avoir accès au château et au centre-ville. Ce n’était pas la Porte du Bourguet, qui n’existait pas à cette époque, mais « la Porte des Frères Mineurs ou Cordeliers », située au bas de la Coustourelle. Leur couvent avait été construit en 1226 (actuel EHPAD de « La Coustourelle).
Les remparts entouraient désormais la ville, y compris du côté de Villevieille, où l’arrivée de l’ancienne Via Luteva se faisait par une porte, au bas des Mauvalats, « la Porte Valescure », au Quartier de St Michel. Le pont ne servait plus qu’au trafic avec Montpellier et sa région, ce qui expliquerait qu’il a été, en partie, supprimé et une descente aménagée, pour faciliter l’accès au centre-ville.

Gérard GUIRAUDET

Ouvrages à faire sur le Vidourle : Sommières, 1758

En 1743, à partir de la vérification du pont, Henri Pitot inspecteur et directeur des travaux de la province du Languedoc établira une « estimes », puis plus tard en 1755 « toisés et devis » suivis en 1757 par la procédure de l’appel d’offres aux enchères pour exécuter les travaux suivants : élargissement du lit mineur du Vidourle du pont au moulin d’Alary, débouchement de la dernière arche visible (Rive droite crêperie), et un mur de soutènement pour protéger l’église Saint Amans et son presbytère. Curieusement « terres et graviers déblayés seront jetés dans l’endroit le plus profond de la rivière, vis-à-vis du déblayement ». C’est l’entrepreneur Saussine qui obtiendra les travaux en 1758, ils se termineront qu’en 1763 au gré d’un financement fluctuant de la province du Languedoc et de ses intendants. Cette réduction du lit du Vidourle était causée par l’apport de matériaux lors des inondations et par le recul des berges au détriment de la largeur de la rivière lors de la mise en culture des terres riveraines. Bernard Pagès. Sommières et son histoire.

Elargissement du pont de Sommières en 1844

Avant cette date (1844) le pont ne possède pas de trottoir, seulement des parapets empiétant sur la chaussée. Situé sur la route royale n° 110 Montpellier - Le Puy, le pont est un passage très fréquenté (charroi varié, route de postes, troupeaux, militaires et trafic local). Des accrochages fréquents entrainent la chute des parapets et la mort d’un enfant. Après de nombreuses demandes, en 1843 la préfecture décide, après avis de l’ingénieur en chef du département, de l’élargissement du pont par des ouvrages en encorbellement au-dessus de la rivière. Pour encrer ces ouvrages dans le pont il faut découvrir le tablier jusqu’ à l’extrados (dessus) des voûtes puis recharger la chaussée recouverte de pavé. On ajoute une balustrade de fonte et fer forgé et peut-être la croix, c’est son état actuel.
Durant la fermeture du pont la municipalité demandera en vain la construction d’un pont de bois provisoire en aval, le préfet se contentera de faire activer les travaux…. Le montant des ouvrages après soumission des entreprises s’élèvera à 40 000 francs, la pierre utilisée provient des carrières de Christin. Le maire est M Aubanel Delpon, facturier de laine.
Bernard PAGÈS

Construction d'un nouveau clocher à l'église Saint-Pons en 1749

Le clocher de l'église étant actuellement en travaux, c'est l'occasion de parler de son origine.
C’est la seule partie de l’église initiale dont l’histoire mouvementée s’inscrit dans celle de Sommières. A partir des guerres de religion en 1560, elle subit des destructions et des changements de destination : temple de la religion réformée, récupération par les catholiques après l’Édit de Fontainebleau (révocation de l’Édit de Nantes), éphémère temple de la Raison durant la Révolution et enfin retour aux catholiques en 1812. Le manque d’entretien et sa situation au flan de la colline vont accélérer son délabrement. En 1840 la municipalité décide sa reconstruction, après de nombreuses difficultés (procès, devis refusés, expertises…) l’église sera consacrée en 1867, c’est son état actuel en style néo-gothique.
Le devis (très détaillé) du clocher par l’architecte Rollin est établi en 1740 mais le début des travaux est retardé par des problèmes entre les diverses autorités, achat de maison, démolition de l’ancien clocher et de la sacristie ... Ils débutent en 1747, exécutés par l’entrepreneur Saussine de Sommières pour 6300 livres.
Le clocher est bâti en pierres de taille de Pondres et de Boisseron d’une hauteur de 13 toises ou 23 m. et de 5x5m pour la base (d’après le plan). A l’intérieur de la tour, percée d’ouvertures munies de volets, un système de plancher et d’échelles permet d’accéder au clocher, construction monumentale très soignée de style classique. Le dôme est vouté en arc de cloitre (quatre arcs formant carré) avec une ouverture libre sur chaque face, surmonté « d’une croix de fer dorée à l’huile de noix cranponé et sellé au plomb... » « …Il sera mis une cloche de huis sans pesant ( ? a voir) de matiere nete et de belle composition avec les cordons frise dornement et inscription tel qui sera ordonné avec son battant de fer…. Avec sa corde de chanvre… »
Actuellement il est occupé par trois cloches.
Le nom de la place attenante c’est celui d’une demoiselle Saussine, descendante de l’entrepreneur, qui a fait un legs très important à la ville de Sommières à la fin du 19e siècle.
Bernard PAGÈS

Le moulin de Corbières à Junas

Aujourd'hui, sortons de Sommières pour nous promener vers le moulin de Corbières à Junas.
La création du moulin en 1482, authentifiée par un contrat passé entre les seigneurs de Junas (Jean de Bozène et les Baschis d’Aubais) et la Communauté de Junas, nous indique qu’il existe déjà une métairie avec pigeonnier dont des éléments du bâti et les céramiques retrouvées attestent une occupation dès le haut moyen âge. C’est le dégagement du moulin qui a permis de retrouver cette métairie. Dans cette construction vernaculaire apparaissent des éléments plus soignés : voûtes, canalisations, calades, four à pain, témoins d’une occupation pérenne.
Dans un vallon, exempt de tout bâti, un canal écluse de 150 m de long et 12m de large (resclause), présente la particularité d’être tracé à flanc de coteau pour éviter les inondations de la rivière qui l’alimente en amont (800m) par un canal. Un système de répartition des eaux réglementé permet l’arrosage des prés. L’eau, retenue dans une réserve voûtée en cul de four (creusée dans le substrat) pénètre dans la chambre des eaux, entrainant deux roues horizontales à rondets en bois, c’est la tourille qui a donné son nom à ce type de moulin. Une galerie entièrement voutée (3mx3) évacue l‘eau vers la rivière 100m plus bas. Il fonctionne donc par intermittence au gré des remplissages de sa réserve. Un moulin à vent érigé en 1683, plus haut, complète l’ensemble.
Le moulin subira des transformations : moulin à bled, à tan (écorce de chêne), en tine (cuve), jusqu’à son abandon vers 1850. Il appartiendra successivement aux Pavée de Villevieille, puis aux Causse de Massereau et enfin à la mairie de Junas. C’est l’association Traces et mémoires de Junas qui a permis sa restauration.
Le moulin de Corbières présente cette particularité, inconnue dans la région, d’être le centre et le complément d’une exploitation rurale. La richesse des archives notariales permet de connaitre l’histoire sociologique et économique de cette époque.
Bernard PAGÈS

Conseil de guerre au château de Sommières pour juger un soldat déserteur

A cette date, devant le conseil de guerre réuni par Raymond de Pavée marquis de Villevieille et Montredon, Commandant pour le Roi de la ville et château de Sommières, comparait le soldat Jean Duron dit Beau Soleil, accusé de désertion après abandon de poste de sentinelle, âgé de 21 ans, taille 5 pieds 6 pouces (env. 1,60 m), cheveux et sourcils châtains, yeux gris et visage rond, il est natif de Montaigut (Généralité d’Auch et actuellement Haute Garonne) et appartient à la compagnie du capitaine Duron du régiment du Roi de Saint Gaudens, ces officiers nobles étaient propriétaires de leur compagnie, responsables de leur entretien et de leur comportement.
Le conseil de guerre comprenait (en principe) le commandant de la place, plusieurs officiers et un Commissaire de Guerre. On remarque la rapidité de la procédure : entendu et confronté à des témoins le 17 mai puis condamnation lue devant la troupe rassemblée le 18 mai, outre la rapidité du procès c’est la sévérité de la sanction : galères perpétuelles, auparavant c’était la mort ou oreille coupée et marquage d’une fleur de lys sur le front. Si les galères n’étaient plus en activité, on croupissait dans les bagnes de Toulon et de Rochefort ou envoyés « aux isles d’Amérique ». Devant l’inflexibilité des juges, on pouvait quand même solliciter des lettres d’amnistie, rémission ou commutation de peines et même réintégration (vu la difficulté d’enrôler des soldats).
Bernard PAGÈS

Rue de la Grave

Dans la rue de la Grave on peut remarquer un arceau reliant deux habitations, réalisé avec l’autorisation de la mairie en 1793 avec réserves «…duquel arceau sera de 12 pieds (4m) de haut à la charge de faire démolir à la première réquisition si la Commune le juge à propos… ». Ce passage raccordant la maison de M. de Lamonie, dont le pigeonnier et la facture soignée révèlent la noblesse de son occupant, à une maison donnant sur le quai nouvellement construit, le rez-de-chaussée étant occupé par le tuadôu ou abattoir de la commune.
En 1786, en même temps que la construction du quai descendant du pont et le recouvrement du canal du moulin, on ouvre dans les remparts une porte dite flamande (ouverture libre sans battants) qui donne son nom à la rue rejoignant la Taillade. C’est l’état actuel de cet espace. Avant ces travaux l’accès dans la ville se faisait par la porte de fer située entre le restaurant et le moulin.
Les plans des travaux de 1786 paraitront dans le prochain bulletin municipal.
Bernard Pages

Documents datant de 1704 sur la prison du château

Le château de Sommières a été utilisé comme caserne et aussi comme prison jusqu’à la Révolution, attesté par de nombreux documents. Droits communs, officiers espagnols, marins hollandais, protestants… La prison à cette époque n’était pas une sanction définitive mais surtout une mise en attente avant procès. Elle était gérée par un geôlier dénommé concierge qui s’occupait entre autres de l’intendance. il fallait payer pour recevoir un couchage et une nourriture convenables, mais peu sûres et mal organisés. Les détenus, suivant leur statut social, bénéficiaient d’une certaine liberté, sous serment ils pouvaient circuler dans l’enceinte du château. Ces documents (en photo) autorisent un prisonnier à se faire soigner en ville le 13 septembre 1704.
Autorisation demandée au gouverneur. « Je soubsigné promet à monsieur de Villevieille lieutenant pour le roi au château de Sommières de lui représenter la personne de Jacques Gautier natif de Sardan qui a esté élargy des prisons dudit château pour rester en ladite ville de Sommières à cause de sa maladie et jusqu’à qu’il sera reconnu en bonne santé, fait audit Sommières le 13 septembre 1704 »
Attestation du docteur le même jour. « nous docteur en médecine de la ville de Sommières certifions avoir été appelé au château pour voir le nommé Noguier du lieu de Sardan que j’ai trouvé avec la fièvre et que pour lui faire les remèdes nécessaires il a besoin de descendre dans la ville en foi de quoi nous lui avons expédié le présent certificat, fait au château deladite ville, le 13 septembre 1704 » Il existait près du poste de garde et sous la Maison commune au marché bas, une prison gérée par la communauté.
Bernard PAGÈS

Le Pont romain : les voûtes de la place du Marché

Roland Proeger, que nous remercions, a pu photographier, à partir de la Place du Marché, des caves aménagées sous les arches du Pont. On peut y voir les voûtes constituées par les quatre rangées de claveaux accolées, qui supportent le tablier du pont. Mais, au fur et à mesure que l’on s’avance vers le fond de la Place, côté rue Jardinière, on constate que la voûte au-dessus des caves est de plus en plus basse. Cependant les arches du pont ont toutes la même hauteur, comme on peut le constater dans la partie supérieure de la Rue Marx Dormoy, qui surmonte ces arches.
Cela vient du fait que, depuis 2000 ans que le pont est construit, lors des débordements du Vidourle, des sédiments, alluvions, boues et limons sont venus s’amasser contre les piles du pont. De sorte que le niveau de ce qui était la place du marché a été surélevé de deux ou trois mètres.
Lors de sondages réalisés place du Marché par l’INRAP sous la direction de M. Pikorz en 2004, on a retrouvé le sommet d’un avant-bec qui protégeait une arche du pont, ce qui laisse supposer, qu’au temps des Romains, le lit du Vidourle était bien plus large qu’actuellement.
Si l’on constate cet important apport de sédiments et d’alluvions depuis la construction du pont, nul doute que, lors des siècles précédents, le Vidourle a dû charrier de la terre et des pierres, provenant probablement de la colline de Montredon, contre laquelle il vient butter, du côté de la route de Salinelles. Ces matériaux, faute de courant, se sont déposés dans le lit du fleuve constituant des îlots entre lesquels serpentait le Vidourle. Le même constat avait été fait à Ambrussum. Cette configuration du terrain a dû aussi être prise en considération, lors de la construction du pont, qui depuis le milieu de la colline dominée par l’Oppidum de Villevieille franchit d’un seul jet le lit du Vidourle jusqu’à un fond plus stable.
Gérard GUIRAUDET

Le Pont romain : la voûte de la rue de la Grave

Pour avancer dans la reconstitution du Pont Romain, après avoir servi l’attestation de déplacement dérogatoire, préalable, découpée dans « Midi Libre » (publicité gratuite), coché la case adéquate, et m’être équipé d’un masque de protection, je me suis rendu Place du Marché en passant par la Rue de la Grave, sous l’arche du Pont Romain.
Dans la partie supérieure de l’arche est apposée une plaque indiquant que cette arche est la cinquième du Pont Romain qui en compte 17, construit sous l’Empereur Tibère. La plaque porte le sigle « SI » le Syndicat d’Initiatives qui a précédé l’Office du Tourisme. Dans un ouvrage, fort bien documenté, concernant « Les Ponts Routiers en Gaule Romaine » il est indiqué que cette arche est la septième. A qui se fier ? La différence proviendrait de ce que l’on prendrait en compte dans ce calcul le nombre d’arches supposées de la rampe d’accès au pont à partir de la place de la Halle (place Jean Jaurès) qui seraient identiques à celles de la rive droite comme l’ont suggéré certains archéologues.
On peut voir, dans la Rue de la Grave, la voûte de cette arche constituée de quatre rangées de voussoirs juxtaposés qui forment un arc de plein cintre dont l’ouverture ou diamètre serait de 9,30m, environ. Ces voussoirs sont des blocs de pierre taillés en forme de coin, d’une longueur de 1,50m à 1,60m. Pour poser ces voussoirs on utilisait un coffrage en bois qui était déplacé après leur pose. Sur ces voussoirs était coulé un béton de blocage fait de ciment et de pierres pour rigidifier l’ensemble. Un revêtement de pavés était posé au-dessus. Le tablier du pont d’une largeur de 6,50 environ permettait à deux chariots de se croiser. Les voussoirs reposent sur des piliers d’une largeur de 3 mètres.
On retrouve les arches du pont qui font suite à celle sous laquelle on passe, dans les caves côté droit de la Place du Marché, jusqu’à l’angle avec la Rue Jardinière. On peut les voir dans les caves ouvertes ou à travers les grilles.
Gérard GUIRAUDET
Photos : R Proeger

Cheminements pré-antiques avant la création du pont de Sommières

Lorsque l'on construit le pont aux Ier et IIe siècles, les Romains sont installés en Narbonnaise depuis deux siècles et cet itinéraire Nîmes Vieille Toulouse existait. Donc il faut imaginer cette époque avec un Vidourle baignant le bas de la Coustourelle couronnée par l’agglomération gallo-romaine, ainsi que l’absence de constructions.
Hypothèses sur les cheminements avant la présence du pont :
1. Côté nord : on pouvait passer à l'emplacement du moulin de Villevieille venant d'Aujargues avec des chemins vers l'agglomération antique de Villevieille et continuer dans la plaine d'Aspéres où l'on trouve de nombreux témoins d'une occupation Gallo-Romaine.
2. Côté sud : En continuant la voie romaine après Nages et Congénies (parallèle à la voie verte), on traverse Corbières sous le mas Blanc sur un radier caladé précédé d’une chaussée bâtie (cet affluent était plus large) appelé plus tard chemin de Sommières à Nimes. Après ce passage on trouve à gauche plusieurs itinéraires : Une bifurcation vers Villevieille près du mas Blanc par une voie à ornières charretières, un large découvert de rocher à nu ou glacis (ancienne draille) au panneau « voie romaine », enfin un chemin (chemin haut de Junas) très ancien perdu dans la végétation délimité par des murets qui aboutit aussi au mas de Paillassone et de là à Villevieille.
Donc après ce gué, toujours avant la construction du pont, on arrive en droite ligne (ancien chemin absorbé en partie par la voie ferrée) au bas du mas de Massereau (côté Sommières) et on atteint le Vidourle où se trouve les restes du "moulin neuf" avec un gué naturel permettant la traversée du Vidourle, sur l’autre rive on retrouve dans l'ancien cadastre un chemin dénommé "antique" rejoignant le bas de Massanas; Lors des prospections de surface avec Cl. Reynaud, on a trouvé de nombreux signes d'occupation romaine (petits établissements agricoles) le long de cet axe. Il existe un rapport sur ces prospections. Il ne faut pas oublier, légende tenace, que la belle voie pavée montant sur la ville haute d'Ambrussum n'est pas la voie Domitienne, qui elle contourne la colline (musée) après avoir traversé le relais routier ou ville basse, ce qui pourrait s'appliquer aux divers cheminements antiques du site de Villevieille. Ces routes était en fait un faisceau de chemins pour la même destination, empruntée par des piétons, des animaux bâtés, quelques attelages (et des légions romaines !)
A première vue les ornières de la « voie romaine » pourraient être crées par l’eau de ruissellement.
Bernard PAGÈS
Photos : le gué caladé de Corbières

L'église Saint-Amand

Voici l’emplacement de l’ancienne église Saint-Amand :
Située depuis le 12e siècle (Amantianicus cum villa) au quartier de la Malvirade (qui faisait partie de la Baronnie de Mont-Redon) avec son cimetière, four et puits, le prieuré et ses biens dépendent de l’Abbaye de Saint Gilles. En 1185 elle est détruite par Raymond V de Toulouse, en conflit avec cette dernière.
Lors des premières guerres de religion elle est à nouveau détruite en 1562 et abandonnée. Le service est transféré dans la Gleysette tour-porte au début du pont qui s’effondra avec une arche dans le Vidourle vers 1700. Sur les plaintes du clergé et des fidèles, la Communauté de Sommières achète une maison en 1680 située au faubourg du pont sur la route de Montpellier et y installe une nouvelle église ; elle sera brulée en 1703 pendant la guerre des camisards, en même temps que les auberges du faubourg par les troupes de Jean Cavalier.
En 1715, devenue inutilisable, il est décidé de l’installer dans une maison accolée en haut du pont (crêperie) après l’aménagement du lieu de culte et d’un logement pour le vicaire. Et pour finir une histoire mouvementée, qui reste à faire, elle est vendue en 1792 avec sa cloche comme bien national. Après des nourritures célestes elle dispense toujours des nourritures aujourd'hui terrestres.

L'école de la Taillade

En haut de la Taillade (anc. Rue du Puech Salicon) et derrière le portail de cette maison se trouvait « l’Escola cum cimeteria », signalée dans un document d’archives de 1526, confrontant le cimetière de l’église Saint Pons (jusqu’en 1690) situé sous les remparts du château. D’autres textes font état de divers aménagements dont en 1728 des logements pour des « Régents des écoles » et « Maitres de la petite enfance ». On est peu documenté sur la nature et la forme de l’enseignement ni la condition des élèves, elle est payante mais pas religieuse car gérée par la Communauté de Sommières. Elle confrontait côté marin le plan de l’Oly entouré de maisons détruites lors de la construction du couvent des Ursulines en 1675. Un puits public au sommet de la rue de la taillade alimentait le quartier.

La Cour royale de Sommières

Dans la rue Jardinière (ancienne Rue des Herbes) on peut voir un grand escalier qui conduisait jusqu’en 1789 à l’Auditoire de la Cour royale de Sommières donnant sur la place de la Halle. Héritière de la Viguerie médiévale, son personnel : juge, procureur et avocat du Roi, greffier, lieutenant particulier et criminel (fonctions sous le régime de l’Office), statuait sur des affaires courantes civiles ou criminelles quand les sommes impliquées étaient faibles. L’appel se faisait auprès des cours du Sénéchal et Présidiaux. On retrouve la description des lieux dans un document des Archives, lors de sa réfection en 1730.

Le "moulin neuf" de Massereau

Sous le Roc de Massereau (accrobranche) où se jette le ruisseau de Mauvalat dans Vidourle, on peut voir les ruines d'un ancien moulin dont un magnifique éperon de pierres taillées (13e siècle), dénomme le MOULIN NEUF; pas de barrage ni de vis à vis. Possession des Baschi d'Aubais, l'absence de documents atteste son ancienneté. Un peu au-dessus un gué : peut être le passage d'une ancienne voie médiévale.

A la recherche de l'arche perdue

Il y a quelques années une vidéo avait été publiée intitulée: « à la recherche des arches perdues du pont de Sommières ». La photo prise par Max Sagon nous révèle la découverte de la dernière de ces arches? A l'occasion de travaux réalisés dans un magasin situé en bas de la Rue du Pont, à gauche, une trappe avait été découverte, donnant accès au sous-sol.
Notre regretté camarade Aimé Jeanjean, dont nous saluons la mémoire, était alors descendu en compagnie de Max Sagon dans ce qu'il pensait être une cave, mais qui était en réalité le dessous d'une arche du pont Tibère (la dernière?) qui aboutissait alors au bas de la rue de la Taillade.
pour voir la vidéo c'est ici >>> https://bit.ly/3gLQQlX

Gérard Billy et le peintre Bollo

Voici un autre "homme de lettres" sommiérois, il s'agit de l'ancien facteur de La Poste Gérard Billy, (à droite sur la photo), avec son ami le peintre Bollo. Bollo s'était spécialisé dans les peintures de vélos! Ses toiles ont été accrochées aux cimaises de la salle d'exposition, à l'ancienne chapelle, espace L.Durrell.
La photo est de Max Sagon

Lawrence Durrell et Marcel Monteil

Pour rester dans les photos souvenirs publiées dans une brochure de Max Sagon, voici Lawrence Durrell, avec son cabas, en grande conversation dans la Grand - Rue, avec Marcel Monteil.
C’était un de ses amis comme Ludo Chardenon, ramasseur de plantes sauvages et herboriste.
Lawrence Durrell, de nationalité britannique, était né en 1912 à Jalandhar, dans les Indes britanniques, dans l’État du Pendjab. A l'âge de 11 ans il partit en Angleterre pour faire des études.
Mais ce qui l’attirait c’était l’écriture. Très tôt il publia de nombreux ouvrages, dont celui qui l’a rendu le plus célèbre : « Le quatuor d’Alexandrie ». Au printemps 1958 on le retrouve à Nîmes, au mazet Michel, où il resta quelques temps. Puis il vient séjourner à Sommières, où il habite à la villa Louis dans les Mauvalats. Il décide alors de se fixer définitivement et achète, en 1966, la Maison Tartès, route de Saussines, à Sommières. C’est une grande maison «bourgeoise », entourée d’un parc. Elle est située entre le chemin qui conduit au terrain de football et ce qui était autrefois le jardin Lantairès. Ce jardin a d’abord été transformé en parking, avant de servir au passage de la route allant à Montpellier. C’est dans cette maison où il est décédé le 7 novembre 1990.

Bernadette Lafont et Bébert Laget

Photo souvenir (photo Max Sagon)
Il y a une trentaine d’années, la célèbre actrice, Bernadette Lafont, une nîmoise, venait chaque été à Sommières où elle animait, depuis 1990 «Les Ateliers de Création Audiovisuelle» dans les locaux mis à sa disposition par la municipalité, à l’ancien couvent des Ursulines, Rue Taillade ou au CES de l’Esplanade. On la voit sur la photo en compagnie d’un de mes camarades de la classe 1951, « Bébert » Laget, qui nous a quittés en 1999.

Construction de la rue Neuve

Pendant des dizaines d’années, les constructions vont s’enchainer de chaque côté de la voie aménagée le long des remparts pour rejoindre le pont, depuis la Place du Bourguet sans devoir traverser la ville. A droite, le « maisonnage », construit sur l’ancien fossé ; à gauche, à partir de la vente des remparts, en 1813, la réfection des façades des maisons et de leur accès, à partir de la nouvelle rue qui va s’appeler : la Rue Neuve. Les auberges entourant la place du Bourguet vont peu à peu disparaître et laisser leur place à de nouveaux commerces.
C’est ainsi, qu’à l’angle de la Place du Bourguet et de la montée au château, va s’installer un important négociant en vins : Jules Mabelly.

Démolition des remparts

Après la démolition de portions de remparts, côté Nord de la ville, c’est côté Sud, vers la route d’Aubais, que va se produire la même évolution. Depuis la Porte de la Taillade, jusqu’au moulin de la Grave, une partie des remparts va servir à construire l’escalier, dit de Reilhe qui relie la Place du Marché à la rue du Pont. Une autre sera utilisée pour édifier une voûte sur le canal d’arrivée d’eau desservant le moulin de la Grave. Mais le bouleversement le plus important survint lorsque le Ministre des Finances, par décision du 25 juin 1813, autorisa le Préfet du Gard à faire démolir les parties des remparts de la ville encore existants. Le Maire est chargé de cette vente, qui se déroula le 1er août 1813 dans la salle de l’Hôtel de Ville. Les remparts concernés par cette vente s’étendaient depuis le moulin de la Grave, jusqu’à la montée du Château. Le Tableau de la composition des lots comprenait 31 lots avec l’estimation du prix de chacun. Ce tableau était accompagné d’un « Cahier des Charges et Conditions » très détaillé. La vente aux enchères se déroula, « à la bougie ». A l’exception du premier lot, il n’y eu pas de surenchère, et les propriétaires des maisons voisines se sont rendus acquéreurs du bout de rempart longeant leur habitation, avec le terrain sur lequel il était construit.
L'illustration provient d'une bande dessinée de Déthorey et A.Jeanjean. La vente s'est déroulée à l'Hôtel de Ville de Sommières.

Ouverture des remparts

Après la construction de la porte Narbonne, deux autres ouvertures ont été pratiquées quelques années plus tard, dans les remparts, à hauteur de la rue Mondon, où subsiste encore un passage voûté, de construction plus modeste, et en partie annexé par les constructions, et aussi voisines face à la rue Mazelle. Ces démolitions ont eu pour but d’ouvrir sur l’extérieur et d’aérer ces rues humides où le rez de chaussée des maisons était le plus souvent utilisé comme écurie ou pour mettre les poules ou lapins. La rue Mazelle, de plus, était la rue des bouchers qui tuaient et dépeçaient le bétail dans la rue. Le sang des animaux et les immondices se retrouvaient au milieu de la chaussée.
Un arrêté du 14 germinal an IV (3 avril 1796) prescrit dans son art.4, « qu’il est défendu à tout boucher ou autre qui tuent de la viande, d’égorger devant leurs boutiques et de jeter et de laver dans la rue, aucune immondice provenant de la bête égorgée. » Cet arrêté ne fut probablement pas suivi d’effet, car, le 6 septembre 1806 il est rappelé « qu’il est défendu d’égorger les bestiaux dans les rues, ni de les y exposer pendant que le sang en découle encore de manière à salir les dites rues et murailles »

La porte Narbonne

La porte du Bourguet avait été ouverte en 1720. Mais, Emile Boisson dans son ouvrage : « De la Ville de Sommières » nous dit que « l’on s’aperçut rapidement que le cintre de la porte était trop bas et qu’elle n’avait pas une largeur convenable pour donner aux charrettes chargées un accès libre et commode ». En 1752, « on résolut de l’agrandir et en même temps, d’en ouvrir une autre aux rues Basses, pour procurer aux habitants de ce quartier, une issue plus rapprochée et pour éviter, les jours de foire, l’encombrement qui avait lieu à la place du Bourguet. »

Toute la ville était encore ceinturée de remparts. L’entrepreneur Saussine fut chargé de la réalisation de ces deux ouvrages. La porte du Bourguet doit donc être datée de 1752, date de sa réfection. Et la porte Narbonne, dont on constate la similitude sur le plan architectural, fut construite la même année. On donna à cette dernière le nom de « Portail de Narbonne » du nom du dernier Gouverneur de la Ville, François Raimond, vicomte de Narbonne-Pellet, Lieutenant Général des armées du Roi.Lorsque, en 1752, l’entrepreneur Saussine fut choisi pour construire la porte que l’on appellera plus tard Porte Narbonne, il démolit une partie du rempart qui entourait encore Sommières, face à la rue qui y donnerait accès. Plus tard, en 1813, les remparts furent vendus, aux enchères, par lots, avec le terrain sur lequel ils étaient construits, et rachetés par les propriétaires des maisons voisines. Ceux-ci s’alignèrent à la même limite que les anciens remparts pour construire leur nouvelle habitation.

Les propriétaires des maisons situées à droite et à gauche de la porte Narbonne, intégrèrent les côtés de cet édifice à leur habitation. Ils en profitèrent pour ouvrir une porte pour pouvoir aller prendre l’air ou mettre quelques pots de fleurs sur la partie supérieure de cette construction, ainsi qu’on peut le voir sur la photo. Mais, comme on peut le constater au cadastre, le dessus de la porte Narbonne fait toujours partie du domaine public.

La porte du Bourguet

L’emplacement de la porte du Bourguet était occupé autrefois par une tour de défense. L’accès à la ville, côté nord, se faisait alors par la porte des Frères Mineurs située au bas de la Coustourelle.
Dans son ouvrage sur les « Vieilles Rues de Sommières », Aimé Jeanjean nous indique que cette tour subit un siège en 1575, lors des sièges de Sommières relatés par Giry, puis en 1703 par les Camisards de Jean Cavalier. Le portail actuel fût ouvert en 1720. Les anciennes portes qui avaient subi maintes inondations ont été déposées et remplacées par de nouvelles portes. Les anciennes ont été déposées et conservées dans la Salle Polyvalente de l’Espace Lawrence Durrell.

Le faubourg du Bourguet

Tout à côté de la maison du général Bruyère, en sortant par la porte de la Grand Rue, on débouche dans le quartier du Faubourg du Bourguet avec sa place où l’on mettait autrefois, pendant les marchés du samedi, les jardinières et chars à bancs Et où se tenait, pendant les foires le marché aux chevaux.
Ivan Gaussen nous dit , dans son ouvrage « Les Foires et Marchés de Sommières en Languedoc » paru en 1921, que « depuis plusieurs siècles Sommières est le siège régulier de foires et marchés »

La maison du général Bruyère

La maison où est né le Général Bruguière, dit Bruyère, était située à l’emplacement de l’actuel restaurant « La Bistoure », à côté de la porte du Bourguet qui débouchait sur le Chemin allant de Sommières à Alais. L'entrée de la maison était située rue Droite ou Grand Rue, maintenant Rue Antonin Paris.
Le père, Jean Justin Bruguière, né lui aussi à Sommières, était aide-major des armées du Roi. Il fut plus tard chirurgien en chef de l’armée d’Italie. Lors de la naissance du général, en 1772, la ville de Sommières était encore entourée de remparts. A l’extérieur de ces remparts il y avait deux couvents : celui des Cordeliers, fondé en 1223 par Pierre Bermond, actuel EHPAD de « La Coustourelle » et le couvent des Récollets, construit en 1630, actuelle « Institution Maintenon », ainsi que des auberges. L’enfance du général se passa à Sommières jusqu’en 1794, date à laquelle il s'engagea dans les armées républicaines. Il est sûrement fort peu revenu à Sommières par la suite. Son père est mort en 1804. Les remparts qui entouraient la ville ont été vendus aux enchères publiques et "à la bougie". Depuis le moulin de la Grave, jusqu’à la montée du château il y eut trente et un lots constitués. Chaque lot « se composant du sol et des matériaux des remparts qui longent la maison » du propriétaire voisin. La vente aux enchères se tint le dimanche 1er août 1813. Le 27ème lot fut acheté pour la somme de cent nonante cinq francs par la Vve Bruguière, mère du général, qui était mort le 5 juin 1813 à Görlitz (Allemagne).
Photo: JC CHAUVET

Le général Bruyère

Nous avons présenté, il y a deux semaines, une carte postale de la rue Général Bruyère, avec la Coustourelle, en toile de fond.
Avant de parcourir cette rue, on se doit d’évoquer celui dont elle porte le nom : Le général Jean-Pierre Joseph Bruguière, dit Bruyère, Comte d’Empire, dont le nom est gravé parmi ceux des personnalités illustres, sur l’un des piliers de l’Arc de Triomphe de l’Etoile.
En 2012, une exposition de « Sommières et son Histoire » avait été consacrée aux sommiérois célèbres dont il fait partie.
Les recherches historiques sur le général avaient été initiées par J.L. Renard qui, quelques années plus tôt, avait rédigé pour le bulletin n°2, de « Sommières et son Histoire» de 1994, un article intitulé : «A propos du Général Bruyère ».

La tour de la Glacière

Nous avons vu que la tour dite « de la Glacière » était située à l’angle des remparts Nord et Ouest qui ceinturaient la ville.
Une gravure de Melchior Tavernier de 1638 nous permet de mieux situer cet ouvrage d’où l’on pouvait surveiller ces deux remparts.
Après les dernières incursions de troupes ennemies, la dernière étant celle des Camisards de Cavalier en 1703, l’utilité de remparts perdit de son importance. Pour aérer la ville et faciliter la circulation à l’intérieur, au fil des ans, on abattit des parties de ces remparts en créant des portes ; porte du Bourguet, porte de Narbonne, porte Flamande, porte de La Taillade. Il est probable que la tour d’angle des remparts ait fait aussi l’objet de modifications.
Pour essayer d’apporter une explication à son nom de tour «de la Glacière » qui lui aurait été donné à cette époque, on peut supposer qu’elle aurait été utilisée en tant que glacière comme en possédaient au 18ème ou 19ème siècle les châteaux des environs. L’hiver on allait recueillir des blocs de glaces sur les lacs ou étangs gelés et on les entassait dans des fosses ou des puits en les couvrant de paille et de terre pour conserver la fraicheur. L’eau obtenue, lors du dégel, était plus agréable à boire et surtout plus saine que celle des puits de la ville, pollués par les eaux usées et les déjections animales.

Hôtel du Nord chez Christol

Au coin de la rue Général Bruyère et du Quai Gaussorgues, voici l'Hôtel du Nord, chez Christol. Les photos (Papipacon) ont été prises en 1957, lors du banquet qui a suivi l'inauguration de la nouvelle gendarmerie, au quartier de la Violette.
A la table des autorités, dans la grande salle, le maire de Sommières, Jean Vercler, à ses côtés le Conseiller général et le Commandant de Gendarmerie.
Dans la salle annexe, la presse, avec les correspondants des différents journaux.
De gauche à droite : Alfred Bédrines, correspondant de "La Voix de la Patrie", qui deviendra " La Marseillaise"
Edmond Stotz, Secrétaire de la Mairie, correspondant de Midi Libre.
Au milieu, Pépé Cerrano, dessinateur humoristique, père de Mimi Gros et Michel Cerrano.
Roger Mouret, correspondant du "Provençal" et de " L'Echo du Vidourle", père de notre ami Yves Mouret, qui, à travers Papipacon nous fait revivre les manifestations de notre cité.
Et Marcel le Rouzic,correspondant du Méridional.
Le serveur est Arnaud dit "Chichois".
De 2003 à 2018, la salle de restaurant a accueilli l'Office de Tourisme, actuellement c'est le siège de la Croix Rouge.

Où était le garage Sabatier ?

En continuant notre promenade le long du Quai Frédéric Gaussorgues, on trouve une carte postale du Garage de Cycles Sabatier, qui semblait avoir remplacé le Garage Théron. Mais en y regardant de plus près on constate quelques différences, taille des portails et de la porte d'entrée de l'immeuble.
La voiture est superbe.
Pour essayer de situer ce garage, il était nécessaire de vérifier l'emplacement de la façade actuelle de l'immeuble, à l'angle de la rue Cavalerie, grâce à « street view ».
Le garage Sabatier était donc à côté du garage Théron.

Maison de tolérance

Une deuxième lettre concernant une demande de « création » d'une maison de tolérance a été trouvée dans nos archives. Elle a été envoyée le 28 février 1895, par un tenancier de St Hippolyte du Fort. On ne sait si le Maire de l'époque a accédé à sa requête.
Les maisons de tolérance ont subsisté en France, jusqu'à la fin de la guerre 39-45. Elles ont été fermées à l'initiative d'une ancienne prostituée, Marthe Richard, qui, après deux mariages « bourgeois » et deux veuvages, est devenue conseillère à la mairie du 7ème, à Paris et a milité pour que soit votée la loi du 13 avril1946, interdisant ces établissements. Et par référence à une célèbre marque de Champagne elle a été surnommée « La Veuve qui Clôt ».

La rue Caudas

Entre le café du Nord et le garage Théron (photo de la semaine dernière), nous avons traversé la rue Caudas. Ici régnait autrefois une importante activité, qualifiée de plus vieux métier du monde, et à l’origine du nom donné à la rue : rue Caudas ou rue « chaudasse ». C’était la rue des maisons « de tolérance » ou bordels, appelés aussi maisons closes, parce que les volets devaient être obligatoirement fermés. Leur présence était signalée, le plus souvent, par l’apposition d’une lanterne rouge, en façade.
Il n’y a plus de traces, de nos jours, de cette activité. Toutefois, nous avons trouvé, dans les archives communales, deux lettres de tenancières d’un tel établissement. Elles souhaitent venir exercer leur activité dans notre ville. Voici un extrait d’une de ces lettres, écrite par Mme Bonnevie. Elle date de septembre 1888.
La légende courait que, dans sa lettre, elle avait proposé au maire de venir se rendre compte par lui-même (il a rejeté cette proposition).
Ce fait historique a inspiré Bernard Liger pour l'écriture d'une saynète, jouée lors des "Visites inattendues" en 2008.
Photos prises par B.Liger montrent les comédiennes Pascale Barandon et Marie-Hélène Courtin
La Puce qui Renifle
https://www.facebook.com/lapucequi.renifle

M. de Montpeyroux a eu chaud !

« Le treizième du mois de novembre, l’an mil cinq cent septante deux, une troupe de cinq cens hommes venus des Sévennes entrèrent par la fausse porte du château, et s’en emparèrent. Le seigneur de Montpeyroux qui était dans Sommières avec une cinquantaine de soldats ne put porter secours à ceux du château. Il n’eut d’autre moyen que de gagner la tour de l’horloge, qui est assise sur le dict pont à la seconde porte d’iceluy devers la ville. Quelques uns de sa compagnie et certains catholiques de la ville le suyvirent, se trouvans au mesme danger. Afin de les déloger, ceux de la religion avaient fait un gros feu sous la voulte d’icelle tour, pour les faire rendre, pour cause de la fumée qui montait par le milieu de la voulte, par le trou ou descendoyent les pierres du contrepois de l’horloge. »
Pour l’histoire, Montpeyroux descendra de la tour de l’horloge et après être passé à travers le feu, sautera sur les encoules du pont et plongera dans le Vidourle pour regagner la rive.

La fêlure de la cloche du beffroi

Lors de travaux de réfection du clocher, la cloche primitive de 1613 a été descendue. Au moment de sa remise en place, les cordes qui la soutenaient se sont rompues et la cloche est tombée sur le sol, le choc a provoqué une fêlure à sa base. Elle a été quand même remise en place dans cet état. En 1938, cette fêlure inquiète la municipalité qui craint qu’un morceau de la cloche ne se détache et vienne heurter ou tuer un passant de la rue du Pont.
Deux entreprises de fonderies de cloches sont consultées. Elles préconisent, toutes deux, la refonte de la cloche et le report des inscriptions figurant sur l’ancienne cloche. Des devis sont demandés. Mais la Commission des Monuments Historiques émet un avis défavorable à la refonte de la cloche classée à l’inventaire des monuments historiques depuis le 30 novembre 1912. Un article sur les « cloches et clochers de Sommières » a été publié dans le bulletin n° 23 de « Sommières et son Histoire » de 2015. En vente 10 € à l’Office de Tourisme. Photo : P Dessalces

La girouette du beffroi de l'hôtel de ville ciblée pendant la 2e Guerre

La cloche qui surplombe le Beffroi de l’Hôtel de Ville date de 1613.
Lors de travaux du clocheton elle a dû être descendue. Au moment de la remise en place, la corde qui la supportait s’est cassée et elle est tombée, en enfonçant la voûte du pont Depuis elle est fêlée.
La sphère en tôle placée sous la girouette a servi de cible aux troupes d’occupation, et a été perforée, lors de la guerre 39-45.
Un chapitre sur l’histoire des « clochers et cloches » de la ville figure dans le bulletin n° 23 de 2015 de « Sommières et son Histoire ». (en vente 10 € à l’Office de Tourisme.)

Horloge de la mairie

Nous avons publié ici plusieurs vues de la Mairie et de la tour de l'Horloge.
Cette horloge qui pendant de nombreuses années a rythmé le quotidien de la vie des Sommiérois, ne fonctionne malheureusement plus!
Lors d'une Journée du Patrimoine, où l'accès à la Tour était encore possible, a été photographié ce superbe mécanisme de l'horloge, installé au 1er étage de la tour, par Paul Octobay Fils, horloger à Morez (Jura) en 1891.

La passerelle emportée en 2001

Suite aux photos de l'inondation de 2002, que nous avons récemment publiées, il nous a été demandé si c'était lors de cette inondation que " La Passerelle" avait été emportée par les eaux du Vidourle.
Il n'en est rien! C'est le 8 Mars 2001, qu'un "gros Vidourle" qui n'avait même pas atteint sa côte d'alerte a emporté la passerelle qui est allée s'échouer contre les piliers du pont.
Voici une photo de la passerelle avant sa mise en service... et deux photos de Guy Vidal lors de la montée des eaux
(photos parues dans le bulletin n° 12 de 2004 de "Sommières et son Histoire") en vente à l'Office du Tourisme.

Vidourlade de 2002

Les photos de l'inondation du Vidourle, de 2002, que "Sommières et son Histoire" a publiées la semaine dernière ont ravivé la mémoire de beaucoup d'entre vous.
Voici trois autres images de cette inondation : Vidourle sur le pont romain, vu d'en haut, et le moulin de Gravevesse, en partie ravagé par la crue.

Courses de taureaux d'autrefois

Les premières arênes, en bois, de Sommières. Elles étaient installées à l'entrée de l'Esplanade, à côté du café-buvette qui deviendra plus tard, Le Chalet du Vidourle. En arrière plan on voit le bâtiment de l'ancien collège. Ces arênes ont été emportées par la crue du Vidourle de 1933.
Des courses de taureaux étaient également organisées à l'occasion des fêtes de quartier:
Pour les Réboussiés, Place des Aires.
Pour le Quartier du Bourguet ( Place de la République actuelle) le "rond" pour la course était installé au milieu de la place, sur la route Montpellier- Nîmes. On se demande par où passaient les voitures; le deuxième pont n'existait pas encore!
Ces photos sur plaque de verre proviennent de la collection d' Yves Mouret que nous remercions.

Le monument aux morts

Lorsqu’après la Grande Guerre, la municipalité de Sommières décida de faire ériger un monument : "Aux enfants de Sommières morts pour la France", trois emplacements furent proposés : La promenade de l'Esplanade, La Place du Jeu de Ballon et le terrain situé à l'extrémité du Quai Cléon Griolet, où était implanté "Le Poids Public". C'est ce dernier emplacement qui fut choisi. Le " Poids Public" fut transféré Place de la République.
La construction du monument aux morts rencontra de nombreux problèmes que Mireille Grais, membre de "Sommières et Son Histoire" a retracé en détail, dans le bulletin n° 22 de SSH de 2014. ( Bulletin en vente à l'Office de Tourisme).
Le monument comporte les noms de 81 sommiérois "Morts pour la France". Il a été inauguré le 2 juillet 1922.

Tournage de "Jean de Florette" à Sommières

Voici quelques photos souvenir du tournage du film "Jean de Florette" de 1985. Peut-être y reconnaissez-vous des personnes ?

Les cloches de Saint-Pons rendent hommage à Notre-Dame de Paris

Mercredi les cloches de l'église St Pons, à l'unisson de celles des cathédrales et églises de France ont sonné pour s'associer à l'hommage rendu à la cathédrale Notre Dame de Paris suite à l'incendie qui a ravagé une partie du monument. Le clocher de l'église de Sommières n'est pas situé sur l'église, mais à droite du chœur, il domine la Place Saussine.
Vous pouvez entendre les cloches de l'église Saint Pons en regardant une vidéo intitulée: « Cloches église St Pons Sommières »
https://www.youtube.com/watch?v=i6gKd3Mr8vE
Un article sur les « Cloches et clochers » de Sommières est paru dans le bulletin n° 23 de Sommières et son Histoire de 2015. Quelques exemplaires de ce bulletin sont encore disponibles à l'Office de Tourisme

Le docteur Cléon Griolet

Le Quai Docteur Cléon Griolet, anciennement « Quay du Midy » a été appelé ainsi en mémoire du Docteur Cléon Griolet qui y a été tué, le 28 mai 1861, d'un coup de fusil, par un de ses malades, pris de démence, qu'il venait de visiter.
Ses amis, ses patients et la population de Sommières se sont cotisés pour faire édifier un monument à sa mémoire au cimetière de Sommières.
Le monument est situé dans la partie droite du cimetière, mur du fond, avant accès 2ème partie.
Photo: Cécile FARRET

Cahier de doléances de 1789

Voici une publication de circonstances Il s'agit d'un montage de quelques extraits du cahier de doléances de la ville de Sommières établi en 1789 pour servir aux Etats généraux convoqués par Louis XVI en mai 1789.
Il contient les plaintes et les vœux de la population. Ce document est conservé par les archives municipales

Le bulletin n°17 de SSH y consacre un article.
Est-ce que celui de 2019 sera conservé aussi longtemps ?

Fraternisation le 11 novembre 1918

Cette photo, d'une exceptionnelle rareté, nous a été communiquée par M. et Mme Pagès, (à Sommières), que nous remercions vivement pour cette contribution à notre Histoire.
Le cliché a été pris par Ernest Pagès, (père de M.Pagès,) appartenant au 21ème Régiment du Génie, dans les Vosges, le jour de l'Armistice, le 11 novembre 1918. Ernest Pagès était affecté au Service Photographique des Armées. Au verso figure une mention : "Deux heures après l'Armistice, nous fraternisons". (Les soldats allemands appartenaient à la 62ème Division Bavaroise).
Ernest Pagès a créé, après la Guerre en 1919, la Société Cotonnière du Midi, la SOCOMI, dans le quartier de l'Arnède (actuel siège de la Communauté de communes).

La fortune des Méjean

Intérieur de l'usine Méjean de Griolet, avant 1905. Méjean père était « hôte » cad qu'il louait des chambres dans sa maison rue du Pont (anc. Méjean fils avait un petit moulin à huile dans les rues « Basses »). En 1723, en creusant un puits dans leur cave, ils découvrent un trésor fait de pièces d'or (Agnel d'or créé par Philippe IV le Bel.) Le niveau de vie change et le fils peut prétendre à la main de Mlle Griolet fille d'une riche famille bourgeoise.
Il fait bâtir un magnifique moulin à huile route d'Aubais, une usine (huiles et savons) et prend le nom de Méjean de Griolet ce qui signifie Méjean, gendre de Griolet. Le bâtiment sera transformé en gendarmerie en 1958. Voir SSH n° 7.

Les frères Poussigue

Les frères Poussigue. A gauche Fernand dit « Junior » (1872-1940).Tailleur puis comptable aux Galeries Lafayette. Poète, auteur de chansons : Las Bugadièras, Las Vendemias, Lous Vièls....
A droite: Alfred dit « Meyrel » (1866-1941). Cordonnier puis compositeur. Las Cansouns dau mazet. Régisseur du théâtre de Nice puis de Limoges.
Leur maison était rue Taillade.
Date de la photo: inconnue.

Inondations de 1907 : visite de Gaston Doumergue

Voici une photo de 1907, très originale. « Les terribles inondations dans le Sud de la France. La visite du Ministre du Commerce M. Doumergue .Le seul moyen de transport dans les plaines inondées. » Commentaire écrit au dos du cliché par le photographe Charles Trampus 18 rue Cadet Paris.
Gaston Doumergue est né à Aigues-Vives en 1863. Il a été élu député du Gard en 1892 puis réélu en 1898, et en 1906. Il a été nommé successivement Ministre des Colonies, puis Ministre du Commerce et ensuite de l'Instruction Publique. Il a été élu Président de la République ( au 1er tour) en 1924. Il était sûrement venu pour constater les dégâts causés par les inondations, en 1907, dans sa circonscription du Gard. La photo a été prise sur la route d'Aiguemortes (orthographe?) dont on aperçoit les remparts à l'arrière de la photo.

Le joueur de cabrette

Ce joueur de cornemuse Languedocienne (cabrette) depuis la fin du XIIIe début du XIVe siècle regarde passer les Sommiérois dans la rue des Fours, mais personne ne le remarque : il faut lever les yeux. La maison comporte aussi des fenêtres à meneaux, preuve de son ancienneté.

L'urbanisation de Sommières

Cette carte postale des années 50 peut être considérée comme un document historique. En effet on peut se faire une idée de l'urbanisation galopante rive droite et comprendre pourquoi il y a tant de dégâts lors des Vidourlades. Coll. A.J.
La CP publiée dimanche montrant la plaine de Vidourle côté ouest a suscité un vif intérêt; aussi nous publions aujourd'hui une vue de cette même plaine côté sud-ouest.
Il est facile de comprendre que les maisons route de Saussines et toutes les constructions nouvelles forment un barrage au fleuve, ce qui crée un étranglement au niveau du pont, faisant monter la hauteur d'eau. Le seul échappatoire reste la route de Montpellier. Autrefois Vidourle s'étalait dans la plaine cultivée en vignes et l'eau pouvait s'infiltrer dans le sol, chose de plus en plus impossible de nos jours. A signaler que l'on a retrouvé des couches de galets au niveau du cimetière, preuve que le fleuve y coulait. Son lit a donc évolué au cours des siècles en raison des variations climatiques: fortes pluies, sècheresse.
Carte ayant voyagé en 1968. Coll. A.J.

La construction des réservoirs au château

A l'occasion des journées européennes du patrimoine, faisons un petit retour en arrière dans l'histoire du château : La Municipalité vient de recevoir le permis de détruire les réservoirs du château ; voici quelques photos de leur construction en 1936. Photos Raoul Gaussen. Archives Communales.

Quelques photos de la vidourlade de 1958

On nous annonce la pluie tant désirée, surtout pour les oliviers, mais elle n'a pas l'air d'être imminente. Nous approchons de la période des phénomènes Cévenols qui, avec le réchauffement climatique, risquent d'être plus violents et d'entraîner des Vidourlades. A titre de rappel quelques photos de 1958 (Yves Mouret)

Sommières en août 1944

C'était en août 1944. Maisons du Quartier des Aires (garage Boissier, maison Robert) brûlées par les Allemands, lors de leur repli, le 9 août 1944.
Des habitants sont pris en otages, puis relâchés. Quelques jours plus tard, le 24 août, lors du passage d'une colonne allemande, trois Sommiérois sont tués.
(Bulletin Sommières et son Histoire n° 24 de 2016 -Office de Tourisme, Librairie de l'Avenir)
Les photos sont de M. Lalèque du Maquis Aigoual Cévennes, remises à A. Jeanjean.

La poste dans les années 1920

Voici une photo ancienne devant le bureau de la poste, rue Général Bruyère. Il s'agit du personnel, 3 facteurs, un porteur de télégrammes et 4 guichetières.
Ces dames ont un "uniforme", une blouse noire d'une grande tristesse. Les facteurs portaient le képi, les guêtres et la vareuse réglementaire fermée par les boutons dorés "Postes et télégraphe". Ils avaient en bandoulière une sacoche en cuir. Il y avait alors en ville trois levées de courrier par jour, plus un départ à chaque train. Il semblerait que la photo date des années 1920. On sait qu'à cette époque le bureau restait ouvert 2 heures supplémentaires payées par la mairie....
Coll GG

Transports d'animaux

Les animaux devant se déplacer de plus en plus loin vers les villages sont transportés dans des chars, tirés par des chevaux, puis automobiles. Les premiers chars n’avaient pas de plancher, les taureaux marchaient à pied, mais cela évitait qu’ils s’échappent.
Coll AJ

Jacques Prades, facteur d'orgue sommiérois

Le nom de ce Sommiérois absolument méconnu du grand public figure sur les grandes orgues de l'abbaye de la Chaise Dieu dans la Haute Loire. En effet Jacques Prades « facteur d'orgues » est intervenu sur l'instrument en 1779.

Un passage secret ?

Au risque de décevoir les amateurs de sensationnel et de mystère, il ne s'agit nullement d'un "Passage Secret" découvert lors des travaux à l'Espace Lawrence Durrell, comme le suggère la journaliste de Midi Libre dans l'édition du 11 février 2017.
La vérité est moins romanesque ! Il s'agit tout simplement de l'escalier d'une des anciennes maisons occupées par les religieuses Ursulines avant la construction de leur couvent en 1675 Ces maisons ont été arasées au niveau du premier étage, en 1844, pour permettre l'implantation du collège de l'Immaculée Conception. Tous les détails sur la construction du couvent et les travaux réalisés plus tard, pour la création du Collège sont relatés dans le dernier bulletin de « Sommières et son Histoire » n° 25 de 2017. Bulletin en vente à la librairie de l'Avenir, à l'Office de Tourisme ou chez Max Sagon.
Photo et texte Gérard GUIRAUDET

Blanche de Castille au château de Pondres ?

Notre quotidien régional deviendrait-il humoristique ? C’est ce que l’on peut penser à la lecture de l’article non signé paru le 13 mars à la chronique Villevieille.
Nous apprenons que Blanche de Castille est venue folâtrer sur les bords de l’Aigalade et a résidé au château de Pondres. Délirant…
Le moindre quidam qui a quelques connaissances de l’histoire de notre région sait parfaitement qu’elle n’a jamais mis les pieds chez nous pour une bonne raison. Pendant que son fils Louis le neuvième chassait le Musulman et faisait des enfants à sa femme, régente, elle devait assurer le quotidien du royaume. Or à l’époque, son défunt mari et son cher fils, sous prétexte d’hérésie avaient volé les biens de leur cousin, Raimond de Toulouse et les Languedociens n’appréciaient guère. La famille royale n’était pas la bienvenue et si la reine avait dû séjourner dans le midi, elle se serait installée dans un château ou une ville parfaitement sécurisés, certainement pas à Pondres.
Pour attirer le touriste on n’a pas le droit de modifier la vérité historique.
Idée de lecture: Pondres dans les années 1920.

Menu de 1926

A l'époque où une grande marque Américaine vante les mérites de son Big machin, une autre ceux de sa pétillante boisson, où l'on nous propose des steaks à bas de protéines végétales, où les grandes surfaces nous inondent des plats cuisinés improbables.... que penser de ce menu de noces servi à Sommières le 11 décembre 1926? De nos jours il coûterait une petite fortune et puis, quels estomacs pourraient le supporter ?

Bon appétit !
Coll AJ

Union sportive 1940

En 1940 il n'était pas question de match pour l'Euro, mais d'une rencontre de propagande le 6 octobre 1940 entre le Gallia Club de Lunel et l'Union Sportive de Sommières sur le terrain de football de Galargues (34). Les joueurs devaient récupérer maillots et souliers au siège, Café du Commerce et les rendre après le match ; ils devaient aussi se déplacer à bicyclette... Autres temps autres mœurs.

Maison Clamant

2 photos de la Maison Léon Clamant, marchand de textiles, rue du Pont (Marx Dormoy) avant la guerre de 1914.
Le patron est le 4ème en partant de la gauche et le magasin se situait à gauche en descendant à peu près au milieu de la rue, là où était l'ancienne pharmacie Granier. Huit femmes employées...
(Coll. AJ.)