La cloche du temple
Cloches
Edifices et objets religieux
Publié le 10 octobre 2021

6
On a profité des travaux de réfection de la toiture du temple de Sommières en 2009 pour photographier la cloche de très près et sous tous les angles. Cette cloche avait été au centre d’un débat lors de l’échange suscité par la mairie en 1807, entre le couvent des Récollets (actuellement Institution Maintenon) et le couvent des Cordeliers devenu hospice, puis maison de retraite, et actuellement EHPAD « La Coustourelle. ». Dans cet échange, la chapelle du couvent des Cordeliers a été mise à la disposition des protestants, et les catholiques qui y célébraient leurs offices ont récupéré alors l’église Saint-Pons. Dans l’acte d’échange, il avait été prévu que les objets mobiliers seraient transférés d’un édifice à l’autre.
La cloche du couvent des Cordeliers, faisant partie des objets mobiliers, aurait donc dû être transportée à l’église Saint-Pons. On sait que l’église n’avait plus de cloche car, au moment de la Révolution, elle avait été donnée « à la Nation pour faire des canons afin de détruire les ennemis du peuple ».
Finalement, le conseil municipal, après en avoir débattu, a décidé de laisser la cloche à sa place, sur le nouveau temple et d’en acheter une de « même poids » pour l’église.
La construction du couvent des Cordeliers ayant été achevée vers 1700, c’est donc une cloche de cette époque que l’on s’attendait à trouver sur le clocher du temple. Quelle n’a pas été la surprise de voir sur le bandeau supérieur de la cloche l’inscription suivante :
« LOVANGE A DIEV TA VOLONTE SOIT FAICT MIRABE MA FAICT 1583 ; »
1583 ? Comment est-ce possible ? La lecture des lignes suivantes, portées sur la cloche, nous fournit de plus amples explications :
« J'AI ETE FONDUE POUR REMPLACER L’ANCIENNE CLOCHE / DU TEMPLE DE SOMMIERES CEDEE A CELUI DE SALINELLES / ET J'AI ETE PAYEE PAR UNE SOUSCRIPTION FAITE / PARMI LES FIDELES SOUS LA DIRECTION DE MM LES PASTEURS / ARISTIDE DEVEZE PRESIDENT / ET ADRIEN HOURS MARCHAND / ET DE MM LES ANCIENS/ EMILIEN DUMAS DEVILLAS DAVID PINCHINAT / ALBARET OLIVIER ALPHONSE D’ESPINASSOUX / LOUIS CAUSSE ANDRE ;
Et à la partie basse de la cloche on peut lire sur une ligne l’inscription :
« EUGENE ET EMILE BAUDOUIN FRERES FONDEURS A MARSEILLE. »
Cette date de 1583 devait faire référence à l’ancienne cloche qui avait été posée sur cet édifice. Elle y était donc au moment de l’échange de 1807.
Gérard GUIRAUDET