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La cloche du beffroi de l'hôtel de ville

Cloches
Tour de l'Horloge
Publié le 25 juillet 2021    7
Il est vraisemblable que la cloche du beffroi de l’Hôtel de Ville, fut mise en place, au XIIIe siècle, peu de temps après la construction des remparts, Ce devait être une simple cloche, pouvant être mise en mouvement par les soldats postés dans le local situé au-dessus de la voûte de la porte du pont. C’est à partir de ce local qu’ils manœuvraient la herse pour autoriser ou interdire l’entrée de la ville.


Le premier témoignage qui existe en la matière est celui de Giry dans son « Histoire des deux sièges de Sommières », (1578). Il relate des faits dont il a été témoin.
« Le treizième du mois de novembre, l’an mil cinq cent septante deux, une troupe de cinq cens hommes venus des Sévennes entrèrent par la fausse porte du château, et s’en emparèrent. Le seigneur de Montpeyroux qui était dans Sommières avec une cinquantaine de soldats ne put porter secours à ceux du château. Il n’eut d’autre moyen que de gagner la tour de l’horloge, qui est assise sur le dict pont à la seconde porte d’iceluy devers la ville. Quelques uns de sa compagnie et certains catholiques de la ville le suyvirent, se trouvans au mesme danger. Afin de les déloger, ceux de la religion avaient fait un gros feu sous la voulte d’icelle tour, pour les faire rendre, pour cause de la fumée qui montait par le milieu de la voulte, par le trou ou descendoyent les pierres du contrepois de l’horloge ».

C’est dans le manuscrit de Bruguière daté de 1730, intitulé « Antiquités et annales de la ville de Sommières en Languedoc » que l’on trouve le récit de la mise en place d’une cloche sur le beffroi de l’hôtel de ville, en 1657.
« Notta que l’horloge que nous voyons à la tour du pont de cette ville y fut posée à la place d’une autre qui était cassée le 22 8bre 1657. Cette cloche pèse 26 quinteaux au lieu que la vieille ne pesait que 15 quinteaux 82 livres, lorsque l’on monta la ditte cloche à la ditte tour les cordes se rompirent et elle tomba, sans néanmoins ce casser, au devant de la porte du pont de l’hauteur d’environ une cane, (soit 1m80) et qui fit par sa chute un enfoncement à la voute du pont, Mr de Montpeyroux estant 1er consul »

Cabane, en 1748, reprend le même récit en ajoutant que la cloche précédente, était fendue et fut fondue.
Et Émile Boisson, qui a puisé ses sources dans les ouvrages précédents, indique bien qu’une nouvelle cloche a été mise en place, en remplacement d’une ancienne, « le 22 octobre 1657 et dont le poids est de 26 quintaux 46 livres ».
Et c’est ce récit qui s’est perpétué jusqu’à nos jours.
Aucun document n’a été retrouvé aux archives pour corroborer cette date.
Autre remarque : « 26 quintaux 46 livres » dit Bruguière, La maison Paccard, fondeur de cloches d’Annecy, qui est intervenue plus tard a estimé que compte tenu de son diamètre de 1,18 m cette cloche devait peser entre 900 et 1000 kg.

Mais, fait plus grave : sur cette nouvelle cloche, soi-disant mise en place le 22 octobre 1657, figurent la date de 1613, et les noms des consuls de cette époque. C’est d’ailleurs la date de 1613 qui a été retenue, en 1912, lors de l’inscription de la cloche à l’inventaire des Monuments Historiques (objets mobiliers).

Pour essayer de concilier ces informations divergentes, on peut supposer que la cloche de 1613 a été descendue de son socle pour une raison quelconque, réfection du clocheton par exemple, mais qu’elle n’a pas été changée, C’est la même cloche qui, lors de sa remise en place, est tombée et s’est fendue.
C’est donc bien cette cloche de 1613 qui trône actuellement sur le beffroi de l’Hôtel de Ville.

Texte et photo Gérard GUIRAUDET



Les inscriptions de la cloche du beffroi de l'hôtel de ville

Transfert d'une cloche du couvent des Cordeliers à Saint-Pons ?